Politique

100 jours des Warriors, volet Communication et médias : Le Gouvernement Sama en voie de faire de la presse un secteur d’investissement

Investi le 26 avril 2021 par l’Assemblée Nationale, le Gouvernement du Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a totalisé ses 100 premiers jours aux affaires au début de ce mois d’août. L’heure est à la présentation des bilans dans les différents ministères dont celui de la Communication et des médias. Concernant ce secteur d’activités, le Gouvernement des Warriors avait pris l’engagement devant la représentation nationale de faire de la promotion et du développement des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), le 9eme pilier de son action gouvernementale. Mais qu’en est-il aujourd’hui des actions posées et attentes du secteur de la Communication et des médias ?

En effet, il convient de saluer la nomination d’un professionnel de Communication à la tête du ministère de la Communication et médias, porte-parole du Gouvernement. M. Patrick Muyaya Katembwe a été le premier acte, en forme de jalon. C’était déjà une façon pour l’Exécutif national d’être plus proche du secteur. A ce propos, le Gouvernement des Warriors qui s’était déjà félicité de la nomination d’un journaliste de formation à la tête de ce portefeuille, se dit être très attentif aux problèmes de la presse, qu’il considère comme un partenaire incontournable et indispensable.

Pour le secteur de la Communication et des médias, le thème principal du Gouvernement des guerriers, codifié par le ministre Patrick Muyaya, est ” Changer le narratif sur la RDC ”. L’engagement du ministre de la Communication implique trois axes, à savoir : 1) l’axe structurel. Il s’agit ici de travailler avec les médias publics et privés pour les repositionner comme des instruments efficaces et professionnels pour une nouvelle image de la RDC. 2) L’axe philosophique : ici, la nouvelle dynamique se résume dans le combat pour la recherche de la qualité dans l’information. Il y a aussi un engagement à aller en guerre contre les fakes news. L’un des engagements pour ce faire est pour le ministère de la Communication de se montrer disponible et ouvert pour donner aux médias les vraies informations. 3) L’axe économique : Ici, il s’agit de l’économie de la presse. Dans cet axe précis, il est question de mener une réflexion pour rendre le secteur de la presse attractif pour les investisseurs. Le secteur de la presse devra devenir, selon la vision ainsi déclinée, un secteur d’investissement.

Actions posées

Depuis son avènement, le Gouvernement Sama ne cesse d’associer la presse dans tout ce qu’il fait. Par exemple, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a demandé l’accompagnement des médias pour la réussite de l’état de siège décrété dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Il en est de même de la sensibilisation de la population aux mesures barrières édictées par les autorités compétentes pour barrer la route à la propagation de la Covid-19.

En outre, le ministre de la Communication a initié dans un passé récent une série de consultations avec l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) et les autres associations professionnelles des médias dans la perspective des Etats Généraux de la Presse. Le ministre Muyaya a demandé pour ce faire à chaque partie de faire ses propositions.

Le ministre Patrick Muyaya continue de plaider aussi pour deux lois essentielles et indispensables pour son secteur : Loi sur la dépénalisation des délits de presse et la Loi sur l’accès à l’information. La balle est maintenant dans le camp des députés nationaux.

Dans les cent premiers jours, le Gouvernement a financé l’organisation du 40eme anniversaire de la Journée nationale de la presse célébrée le 22 juillet de chaque année. A cet effet, le ministre de la Communication et médias s’est beaucoup investi pour appuyer l’UNPC qui a initié cette activité. Loin d’être une fête, l’UNPC a organisé un Atelier de formation des journalistes sur ” Comment lutter contre la désinformation ? ”. Le ministre Muyaya y avait pris une part active.

Le Gouvernement entrevoit également une aide à la presse et demande à la corporation de (se) mettre (en) de l’ordre avant toute aide directe ou indirecte.

Pour l’avenir, le Gouvernement tient à la tenue des Etats Généraux de la Presse avant septembre 2021. C’est dans l’intérêt de la presse. Sans oublier, la poursuite du déploiement de la Télévision Numérique Terrestre (TNT) dans le Congo profond après Kinshasa, pour ne citer que ces actions. Mais qu’en est-il des attentes ?

Les attentes du secteur

Parmi les attentes du secteur, il convient de citer entre autres :

1) L’importance d’une Loi sur la dépénalisation de délit de presse en République Démocratique du Congo (RDC) : Il faut réformer le cadre légal répressif sans délai en consacrant la dépénalisation des délits de presse afin que les journalistes puissent exercer sereinement et librement leur indispensable rôle de quatrième pouvoir.
2) La révision de la Loi nº 96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice sur la liberté de la presse et l’Arrêté ministériel n° 035/2011 du 14 juin 2011 modifiant et complétant l’Arrêté 04/MIP/020/96 portant mesures d’application de la Loi nº 96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse dont certains articles en désuétude posent problèmes aujourd’hui et aussi pour y intégrer les médias en ligne et les réseaux sociaux ;
Toutes ces lois sont d’autant moins adaptées qu’elles ont été mises en place pendant des périodes troubles du Congo, Zaïre à l’époque.

3) Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC). Appelé à réguler les médias en RDC, le CSAC a des dirigeants qui ont un mandat largement dépassé depuis son installation en juillet 2011, soit 10 ans au lieu de 4 ans une fois renouvelables, les animateurs de cette institution d’appui à la démocratie ne se réunissent plus faute de quorum. En effet, pour siéger, le règlement intérieur du CSAC exige un quorum de 3/4 de ses membres de la plénière, soit 12 sur 15. Or, à ce jour, 5 de ces membres de la plénière sont déjà décédés : Lwamba, Luboya, Kusaka, Kambale et Atufuka. Avec 10 membres dont l’un déjà en âge de retraite (Onokoko) et l’autre en voie de retraite (Ekambo), le CSAC ne siège plus légalement à cause de cet handicap. Le Président Tshisekedi, le Premier ministre Sama et le ministre du secteur Muyaya sont interpellés…

4) L’absence d’une Loi sur l’accès à l’information publique en RDC : l’accès à l’information est un des droits inaliénables dont a besoin chaque peuple pour connaitre la gouvernance de son pays, malheureusement en RDC la loi sur l’accès à l’information publique demeure toujours dans les tiroirs du parlement. L’adoption de cette loi semble n’est pas intéresser les législateurs congolais. L’inexistence de cette loi empêche la société civile, les médias congolais ainsi que tous les citoyens du pays, à obtenir la bonne information facilement auprès des sources nécessaires.
5) Facilités pour le déplacement des journalistes dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions dans les 26 provinces (Baisse billets d’avion, transports en commun, soins médicaux, etc) ;
6) L’aide de 2 millions USD promise à la presse (Télévision, radio, médias en ligne et presse écrite), pas encore effective, ni prévue dans les différents budgets de l’État ; et enfin,
7) La création d’un ordre des journalistes. Cette liste n’est pas exhaustive.

Dieudonné Buanali et Patrick Ilunga

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