Economie

Abaissement de 3% du taux directeur de la BCC : Quel impact sur les banques commerciales ?

La Banque centrale du Congo (BCC) vient d’abaisser de 3% son taux directeur. Il est ainsi passé de 18,5% à 15,5%, selon le Comité de politique monétaire (CPM).

Deux objectifs sont visés par la banque centrale du Congo notamment, soutenir l’activité économique et permettre le refinancement aux banques.

Certes, la motivation de la réduction de ce taux directeur par la banque centrale vise la relance de l’économie dans un contexte de crise sanitaire qui a impacté la vie socio-économique du pays. Néanmoins, cela reste subordonné non seulement par des perspectives macroéconomiques favorables, mais également de l’absence des risques imminents.

Impact sur les banques commerciales

Pour l’économiste Gustave Cibangu, “l’augmentation ou la baisse du taux directeur par la BCC n’a pas vraiment d’effets sur les taux débiteurs de banques(taux d’intérêts rémunérant les crédits accordés). Ceci s’explique d’abord par le fait que les banques commerciales sont d’abord surliquidées et qu’elles préfèrent d’abord se prêter entre elles sur le marché interbancaire que se refinancer auprès de la banque centrale. En plus de celà, les banques commerciales accordent du crédit en tenant compte de certains facteurs parmi lesquels nous pouvons cités: le risque de défaut, le risque pays, la rentabilité des projets a financer qui sont incertaine, le risque de change, le secteur d’activité à financer, tels sont quelques facteurs qui expliquent l’octroie de crédits par les banques commerciales. Comme le risque est très élevé, les banques commerciales ont du mal à abaisser leurs taux débiteurs malgré la baisse du taux directeur de la BCC. L’absence de la corrélation directe entre le taux directeur et les taux d’intérêt des banques commerciales peut être expliquée aussi par le fait que le système financier congolais est encore à sa phase embryonnaire”a éclairé le coordonnateur adjoint du réseau des jeunes cadres pour la Banque mondiale et assistant à l’université de Kinshasa.

Le chercheur suggère de ce fait à la banque centrale du Congo un certain nombre d’éléments pour équilibrer cet acte. “Pour que la BCC rétablisse une corrélation entre le taux directeur et les taux de banque, il faudrait premièrement lutter contre la dollarisation de l’économie congolaise (dédollariser l’économie nationale) qui n’est pas une mince affaire, car c’est un processus long et qui demande de la patience. Il faudrait revoir la matrice de mesures arrêtées depuis 2012 et évaluer ces mesures; il faut promouvoir et accélérer le processus de la création d’un marché financier en collaboration avec le pouvoir public; réduire le risque pays ceci revient à la responsabilité de l’État, mais aussi faire en sorte que les conditions d’ouverture d’une banque soit un peu réduites par exemple en ce qui concerne le capital social qui est fixé à au moins 10 millions de dollars, c’est trop. Ceci ne favorise pas la création des banques commerciales nationales; la BCC devra, de manière technique, faciliter la dissémination des institutions financières vers des zones hors-urbaines car le taux de pénétration des banques et la densité bancaire sont très faibles. En facilitant ceci les banques peuvent diversifier leurs portefeuilles et avoir une forte capacité de couvrir tant soit peu leur risque; il faut enfin que la BCC ne se base pas seulement sur le taux directeur, elle devrait envisager aussi une politique monétaire non conventionnelle, vu la structure de financement du pays actuelle”, a conclu le chercheur congolais.

Rappelons qu’il y a sept mois, soit en mi-août 2020, la Banque centrale avait relevé son taux directeur de 11,5% à 18,5%. Ce relèvement de 7% était motivé par le souci de resserrer davantage le dispositif de la politique monétaire en vue de contenir l’expansion monétaire et atteindre la positivité.
C’était dans un contexte de risques des tensions aussi bien sur les marchés des biens et services que celui de change.

Cette mesure semblait déjà inquiéter certains économistes congolais d’autant plus que ce relèvement, soutenaient – ils, allait impacter négativement la profitabilité des banques commerciales.

Édouard FUNDA

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