Politique

ACAJ : Dix ans de combat au cœur du chantier des droits humains


La salle du show buzz fut celle choisie pour la cérémonie de commémoration des 10 ans de l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ). Il est quinze heures et les invités remplissent progressivement les différentes places dans un silence lourd de sens. On se rend bien compte qu’il ne s’agit pas seulement d’un anniversaire mais surtout d une grande évocation du chemin parcouru par le pays dans le respect des droits humains. Il y a plus que de la joie, mais dix ans de légitimité de l’action de l’ACAJ prouve que la RDC est encore loin de l’édification d’une société égalitaire où des droits humains sont unanimement respectés. Dix ans d’ACAJ c’est aussi un appel aux absents, à ceux qui ont perdu leurs vies à cause de l’intolérance, de la répression aveugle des citoyens, de la mort même des activistes qui se sont sacrifiés pour que triomphe l’humain comme perception finale de toute politique publique.

Ils sont venus a cette cérémonie, conscients du poids du moment et de tout ce que cette célébration avait d’interpellant. Dans une salle éclairée par un jeu d’ombre et de lumière, il y avait comme l’atmosphère du Yed Vashen. Quelles paroles pour évoquer ce parcours de combattant ? Au cœur de ce combat, l’engagement d’un homme, Maître Georges Kapiamba. : « L’injustice avec ses corollaires, l’impunité, le népotisme, le négationnisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme par leurs multiples vicissitudes sont à l’origine de l’inversion Générale des valeurs et de la ruine du pays et par conséquent annihilent notre volonté commune de bâtir, au cœur de l’Afrique, un État de droit et une Nation puissante et prospère fondée sur une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle ». En disant cela, Georges Kapiamba a indiqué le sens profond du combat mené par ACAJ, un combat comme le diront plus tard quelques commentateurs, un combat civilisationnel.

Qu’il s’agit de savoir si nous sommes capables d’accéder à l’étape suivante où nous prenons conscience de l’égalité des hommes en droits. C’est pourquoi défendre l’homme partout et sans cesse est un devoir sacré. Comment résumer en quelques mots les actions d’une décennie ? Le président de ACAJ avoue qu’il a fallu des luttes, d’efforts et de sacrifices pour faire admettre dans notre pays l’Idée que chacun, sans considération d’origine ou de sexe est titulaire de droits imprescriptibles. Des droits continuent qui sont une part de note humanité. Des droits auxquels on ne peut porter atteinte sans porter atteinte à l’essence même de l’homme. C’était le lieu de jeter un regard rétrospectif sur cette décennie et de constater le travail de titan accompli comme plusieurs formations sur les droits de l’homme, la démocratie, l’État de droit, la Bonne gouvernance, la Lutte contre les violences basées sur le genre, l’impunité des crimes graves et la lutte contre la corruption sous toute ses formes. Il y a eu plusieurs missions de plaidoyer en vue de contribuer à la consolidation de la démocratie, de la protection des droits de l’homme ainsi que de la lutte contre l’impunité. Pendant ces dix ans ACAJ a organisé des nombreuses campagnes de mobilisation pour le retour de la paix en RDC, ainsi qu à la ratification des instruments juridiques internationaux, régionaux, et nationaux de protection des droits de l’homme. Défendre les victimes est son pain quotidien.

Conscient du développement de cette notion, Georges Kapiamba a déclaré que le droit de manger à sa faim reste inaccessible pour plusieurs familles congolaises, à cause de la cherté de la vie. C’est pourquoi il a insisté pour dire que ce combat de plusieurs années aux côtés d’autres organisations des droits de l’homme, porte de modestes mais des réels fruits. Soyons lucides, a renchérit George Kapiamba, car les principes proclamés par la Déclaration des droits de l’homme sont violés dans plusieurs coins de notre pays à cause de multiples trafics d’influence persistant. Il sait qu’il existe encore des zones de non droit ou les droits élémentaires sont violés et ou la violence et l’exploitation illicite des richesses se développent. Comment ne pas rendre hommage à Floribert Chebeya qui a payé le prix le plus élevé pour le triomphe des droits des sans voix?


Moment puisant vécu dans cette salle ou des paroles d’encouragement furent prononcées par des éminents professeurs à l’endroit de l’ACAJ. Les professeurs Jacques Ndjoli, Luzolo Bambi et André Mbata ont pris le temps de coaliser dans des discours convergents sur le fait que l’existence même de l’État est de protéger les droits humains.

Quant au ministre des droits humains Fabrice Puela, c’est au cœur de cette problématique du respect des droits humains que s’évalue la gouvernance d’un pays et si celle ci est bonne, le pays est éligible à une bonne coopération. ACAJ est un thermomètre de notre accès aux valeurs universelles. Bravo à Georges Kapiamba, l’artiste.

WAK

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