Economie

Après des fructueux échanges avec la Ministre Antoinette N’Samba : Navodaya DMCC prête à relancer Kisenge-Manganèse

Citée parmi les canards boiteux du portefeuille de l’État, la Société Commerciale Minière de Kisenge-Manganèse (SCMK-M) va bientôt revêtir sa plus belle robe d’antan. En effet, une forte délégation du Groupe Navodaya DMCC a été reçue en audience, le lundi 23 août dernier, par la Ministre national des Mines, Mme Antoinette N’Samba Kalambayi. Cette entreprise, basée à Dubaï, aux Emirats arabes unis, évolue dans le secteur minier, principalement dans la production du manganèse. Elle a déjà, à son actif, réalisé plusieurs activités en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire et au Gabon, où elle développe ses tentacules. Dans le cadre du développement de ses activités dans le continent, Navodaya DMCC veut entrer par la grande porte en République Démocratique du Congo (RDC), à travers la SCMK-M, afin de l’aider à renaître de ses cendres. Au sortir de cette audience, Me Taty Miessi Nkweyi, Avocat d’affaires et agissant au nom de cette multinationale émiratie, a précisé que : ” L’objectif est de pouvoir financer, sur tous les plans, l’entreprise étatique Kisenge-Manganèse, afin de la relancer ”.

Avant de fouler le sol de la RDC, la délégation de Navodaya DMCC a été mis au parfum non seulement des dernières avancées dans le secteur minier congolais mais aussi sur les dernières informations concernant SCMK-M, en cessation d’activités depuis plusieurs années. Malgré la cessation de ses activités, la poule aux oeufs de manganèse intéresse toujours certains investisseurs. L’arrivée de Novodaya DMCC en RDC constituera donc une aubaine pour cette importante entreprise du portefeuille de l’État.

Disposant des capacités financières, techniques et managériales dans le domaine, l’expertise estime que Navodaya est susceptible d’apporter des fonds nécessaires, mais aussi son appui pour l’équipement, afin de relancer cette entreprise suivant un contrat de Partenariat Public et Privé (PPP).

Engagée pour le respect strict des textes dans son secteur, la Ministre national des Mines, Mme Antoinette N’Samba, leur a instruit de tabler sur le Code et règlement qui régissent le secteur minier. Satisfait des directives émises par la Ministre du secteur à leur égard, le speaker de Navodaya s’est résolu à faire preuve des engagements pris.

” Son Excellence (Ndlr: Antoinette N’Samba Kalambayi) a été assez claire sur le sujet, et a insisté sur le respect du Code minier, les capacités dont Navodaya doit faire preuve en soumettant un dossier complet, exhaustif et assez clair, qui atteste ses capacités à pouvoir travailler dans le domaine, de manière à éviter tous ceux qui viennent comme des charlatans, négocient puis disparaissent “, a déclaré Me Taty Miessi Nkweyi.

Malgré les difficultés de la SCMK-M, Novodaya DMCC lorgne sur le manganèse de la RDC

Les difficultés auxquelles fait face la société Kisenge-Manganèse sont nombreuses. La première difficulté est d’ordre géographique et logistique. Kisenge-Manganèse se trouve dans une des régions enclavées du pays. Des centaines de wagons de manganèse destinés à l’exportation en partance de l’Angola sont bloqués faute d’évacuation.Il y a environ 40 ans, cette société publique a arrêté l’exploitation du manganèse, faute de voie d’évacuation du minerai. Il avait alors un stock de 400 000 tonnes de manganèse déjà extraits. Il y a deux ans, la réouverture de la voie ferrée de Lobito en Angola jusqu’à la frontière de la RDC a permis à une firme tanzanienne de signer un contrat d’achat de plus de 140 000 tonnes de ce manganèse. La deuxième difficulté concerne la commercialisation des métaux. A ce sujet, cette entreprise publique doit être de nouveau relier au port le plus proche qui est le Port de Lobito. Le corridor de Lobito est resté fermé pendant plus de 30 ans à cause de la guerre civile en Angola, ce qui a causé un énorme manque à gagner. Avec cette triste situation, il était difficile d’évacuer la production de manganèse. Et ce n’est qu’en 2018 que la SCMK-M a commencé à évacuer ses produits. A cette difficulté, s’ajoute la difficulté de disponibilité de wagons et de locomotive pour tirer la production de l’usine jusqu’à destination. La troisième difficulté est d’ordre social. Les travailleurs n’ont toujours pas été payés. Ils totalisent 217 mois d’arriérés de salaires, soit près de 20 ans. Cette liste n’est pas exhaustive.

Voulu gagnant-gagnant, le partenariat entre Navodaya DMCC et Kisenge Manganèse pourra prendre plusieurs formes, a souligné l’Avocat d’affaires, mais pour l’instant, ce n’était qu’une prise de contact. En attendant la conclusion d’un accord de partenariat avec Navodaya DMCC, la traversée du désert continue pour Kisenge-Manganèse et tous es travailleurs directs et indirects estimés à 1000 agents.

Pour rappel, le gisement de manganèse de Kisenge est situé dans la province du Lualaba en territoire de Dilolo. Découvert en 1926 et exploité à partir de 1951, le gisement de Kisenge est apprécié tant au niveau national que mondial. Ceci emmène à constater qu’en 1960, le Congo-belge était 8ème producteur de manganèse dans le monde et qu’en 1970, l’ex Zaïre occupait encore la 11ème place dans la production de cet élément essentiellement utilisé pour la préparation d’alliages, avec 300 000 tonnes de minerais par an. Mais le gisement, dont les droits d’exploitation appartiennent désormais à l’entreprise publique ex EMK-MN, était à l’arrêt depuis 1993 à cause notamment de la fermeture du chemin de fer de Benguela en Angola, suite à la guerre civile dans ce pays, mais surtout à cause du manque de financements. Néanmoins, le gisement présente encore d’importantes réserves, dont 5 348 227 tonnes de pyrolusite à 50% de manganèse et 6 000 000 tonnes de carbonate à 35% de manganèse.

Dieudonné Buanali

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