Société

Célébration de la Journée mondiale de la liberté presse : Les journalistes congolais font un état de lieu

En marge de la journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 03 mai de chaque année, dont celle de l’année 2022 a été placée sous le thème : “Le journalisme sous l’emprise du numérique”, les journalistes congolais n’ont pas manqué des mots quand il a fallu évoqué l’état de lieu de la liberté de presse dans le pays.

La présidente de l’Union Congolaise des femmes des médias (UCOFEM) Rose Masala, à qui la rédaction de Geopolis Hebdo a tendu le micro, a parlé d’un bilan de la liberté de la presse qu’elle juge mitigé. « le bilan de la liberté de la presse reste en ce jour mitigé, au tant on peut dire qu’il y a des avancées, autant il ya des choses reculant”, a-t-elle déclaré

Concernant la menace que représente le numérique face aux fondamentaux de la presse, Rose Masala a affirmé qu’il y a une menace réelle quant à ce.  Si on ne responsabilise pas assez le journaliste, la formation doit être continue et on doit rappeler aux journalistes les bases du métier. A elle de poursuivre que même le thème de l’année dit tout.  “vous savez que le numérique est un domaine qui est nouveau, où tout le monde qui y évolue ne maîtrise pas du tout les rouages. Et aussi, les différents services qui doivent suivre de près la manière dont la presse évolue n’ont pas encore tous les atouts”. a-t-elle fait savoir.

Selon la présidente de l’UCOFEM, sur le plan numérique c’est encore plus compliqué, parce-que pour suivre un médias il faut avoir l’adresse, un siège social. Les médias qui oeuvrent dans le numérique n’ont pas un cadre légal, et toutes les matières diffusées sur les médias en lignes ne répondent pas aux normes.  ”Ce sont des médias qui travaillent sans boussole” a-t-elle conclu.

Pour sa part, Gabriel Kwambamba qui est journaliste exerçant à la RTVS 1 et professeur en journalisme, la liberté de la presse est garantie par la constitution et celle-ci existe depuis 1990, à la suite du retour au pluralisme politique dans notre pays le 24 Avril de cette année, l’année où il y a eu renaissance de la presse plurielle dans notre pays, a-t-il martelé.

Il a ajouté que c’est à partir de la même année que la presse a cessé d’etre au service d’un parti politique MPR (Mouvement Populaire de la Révolution). “mais aujourd’hui le constat est amère au niveau de la chaîne Nationale par exemple, où les journalistes contribuent à la fabrication des dictateurs au détriment de la liberté de la presse,” a relevé en substance Gabriel Kwambamba. Il a, par la même occasion, exprimé le souhait qu’il ait des nouvelles lois notamment celle de la dépénalisation de délis de la presse, et aussi mettre une loi consacrant le jugement de journaliste auprès de ses paires.

Concernant la menace du numérique pesant sur les fondamentaux de la presse, Gabriel Kwambamba affirme que l’avènement du numérique a changé la donne dans l’exercice de la liberté de la presse, parce que face au numérique, la loi sur la liberté de la presse est devenue obsolète du fait qu’elle a été publiée avant l’avènement du numérique.

Il a rappelé également la nécessité de règlementer la presse numérique en RDC,

” Parcequ’aujourd’hui, avec l’appareil téléphonique on peut faire des vidéos et écrire sans tenir compte de l’éthique et déontologie journalistique”.  C’est ce qui rend difficile la pratique non seulement des droits, mais aussi des devoirs  de journaliste en République démocratique du Congo (RDC).

Patience Lokeke

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