Economie

Choix politique à grande portée économique et sociale : Albert Yuma : ” L’EGC est la principale innovation en matière de politique économique minière artisanale. ”

” L’EGC est, à mon sens, la principale innovation en matière de politique économique minière artisanale que notre pays a connu depuis plusieurs décennies. Notre Etat, a fait le choix de cette vision que je qualifie doptimiste (…). Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qui préside aujourdhui lUnion Africaine, a adhéré à cette vision en faveur dun état développementiste intégrant le secteur minier dans des processus plus larges de développement économique. Il sagit non seulement de mettre fin à lisolement de lindustrie minière par rapport aux autres activités socioéconomiques de base, mais aussi de (pour) faire en sorte que celle-ci profite à lensemble des parties prenantes. ”, a déclaré le 31 mars 2021, à Johannesburg (Afrique du Sud), M. Albert Yuma Mulimbi, Président du Conseil dAdministration de l’EGC et de GECAMINES. Et d’ajouter : ” Notre pays, en exerçant un monopole sur ses minerais stratégiques, a choisi de faire en sorte que lindustrie minière profite à lensemble des parties prenantes et notamment les centaines de milliers de mineurs artisanaux qui vivent et travaillent en République Démocratique du Congo (RDC).

Cest donc un choix politique très fort à grande portée économique et sociale, qui a été fait en 2019 par notre Etat de reprendre en main le secteur minier artisanal congolais en créant l’Entreprise Générale du Cobalt- EGC en sigle – et de lAutorité de Régulation des Marchés des Substances Minérales Stratégiques – ARECOMS en sigle pour apporter une réponse à la situation intolérable vécue par nos concitoyens, parfois les plus vulnérables dentre eux, et dont lexploitation indigne a été si souvent dénoncée par les organisations de la société civile, que je salue aujourdhui ”.

Et au PCA de l’EGC de poursuivre : ” En décrétant le monopole dachat, de transformation et de commercialisation du cobalt artisanal par Entreprise Générale du Cobalt et du contrôle et de la régulation du secteur par ARECOMS, lEtat sest attaqué de front à un système, que lon peut qualifier de quasi mafieux de lexploitation du cobalt artisanal congolais ”.

C’est donc officiel. Désormais, tout le cobalt artisanal congolais sera acheté, transformé et commercialisé par l’EGC.

Désormais, les zones dexploitation artisanales seront contrôlées par ARECOMS, qui veillera à ce que les conditions de travail des mineurs soient conformes aux meilleurs standards internationaux, et qui délivrera des certificats dexportation, sans lesquels lexploitation sera considérée comme illégale et donc impropre à lachat et à lutilisation par lensemble des acteurs de la chaine de valeur, quils soient raffineurs, constructeurs de cathodes pour les batteries, constructeurs de batteries ou utilisateurs finaux des batteries.

” Cest une véritable révolution que lEtat a enclenchée et que nous portons aujourdhui à la connaissance des marchés, des industriels et de toutes les parties prenantes. Cest une révolution pour le secteur minier artisanal qui aura, si nous réussissons, un grand impact à tous les niveaux, au niveau local, mais national, et nous lespérons international ”, a fait savoir le chairman Yuma Mulimbi.

Au niveau national, cest lEtat tout entier qui bénéficiera des retombées positives de laction mise en place par EGC.

Les chiffres connus de tous

Plus de 80% des réserves mondiales connues de cobalt sont localisées en RDC, 67% de la production mondiale en 2020 a été produite en RDC, soit 94 000 tonnes, 20% de ce dernier chiffre, soit un peu plus de 18 000 tonnes est supposé être du cobalt artisanal.

Le marché artisanal représenterait donc un marché dune valeur théorique de 800 millions de dollars aux cours et payables actuels de lhydroxyde de cobalt.

Selon notre orateur, ” cette valeur serait celle de la vente par des industriels pas par des artisanaux ”.

A tous les étages de la chaine de valeur, a démontré avec regret le PCA de l’EGC, les abus sont constatés au détriment des creuseurs, mais aussi du Trésor public qui ne reçoit pas les taxes quils devraient percevoir sur cette activité économique.

Avec l’EGC et l’ARECOMS, les achats seront désormais faits dans la transparence, la traçabilité sera garantie par des sociétés spécialisées depuis lextraction jusquau client final grâce à une technologie blockchain, les analyses seront réalisées par des laboratoires certifiés aux normes ISO internationales depuis la mine jusquau client final, rien néchappera à la légalité. Mais cet aspect de la situation nest pas le seul qui constitue un manque à gagner dont la RDC est victime.

Selon les études, l’afflux de minerais issu de lartisanat informel non réglementé constitue également un risque très important qui pèse sur les cours mondiaux, comme en 2018 où en raison dune offre incontrôlée dopée par le prix du cobalt à près de 100 000 dollars la tonne, loffre artisanale avait saturé la demande des industriels et avait entrainé à la baisse le prix du cobalt sur les marchés mondiaux.

Limpact de cette chute des cours sest surement chiffré en milliards de dollars de pertes pour la RDC pour lannée 2019, quand on additionne la baisse attendue des recettes du budget de lEtat, quen bénéfices des principaux partenaires industriels du pays mais aussi de revenus pour les mineurs artisanaux.

Cest aussi pour lutter contre cette situation que l’EGC et l’ARECOMS ont été institués. Lune pour exercer son monopole sur les aspects économiques de la filière, lautre pour exercer son contrôle sur lactivité.

Cette double action doit donc permettre au pays dexercer une action sur la régulation de la production artisanale tant pour protéger les artisanaux eux-mêmes des variations des cours et donc du volume de leur activité, que la valeur même du cobalt pour lEtat et les revenus tirés de son exploitation industrielle.

Enfin, et ce nest pas le moindre des objectifs, laction engagée par la République Démocratique du Congo aujourdhui, a dit Albert Yuma, vise à améliorer son image dégradée par certaines situations inacceptables constatées sur le terrain et dénoncées à juste titre par les organisations de la société civile. Cela contribuera à la mission qui nous a été fixée, tant daméliorer les conditions de vie de ses concitoyens que de renforcer positivement le climat des affaires en RDC et apparaitre sur la scène mondiale sous un jour plus positif.

Le PCA de la jeune entreprise minière espère quavec les efforts qui sont engagés aujourdhui, ils bénéficieront de l’accompagnement de tous et notamment des organisations de la société civile dans ce combat pour un cobalt artisanal produit de manière responsable, dans le respect des droits humains les plus élémentaires.

Avant de conclure son propos, Yuma Mulimbi a adressé ses sincères remerciements tous particuliers à un partenaire commercial et financier dénommé TRAFIGURA et à lONG PACT qui ont adhéré sans réserve dès le début à cette ambition nationale, à un moment où le projet nexistait encore quà travers les Décrets du Gouvernement mais qui, foi du PCA de l’EGC, va constituer la principale innovation que lartisanat minier congolais aura connu depuis 2002.

Comme on peut le constater, laction dEntreprise Générale du Cobalt avec lappui de ses partenaires, va bien au-delà de la simple création dune société commerciale. Cette société à travers les buts qui lui ont été assignés est lincarnation de la volonté politique de la RDC de se réapproprier un pan entier de son économie pour le bénéfice de ses mineurs artisanaux, des communautés locales et de tout le pays.

A titre de rappel, M. Albert Yuma Mulimbi, est Président du Conseil dAdministration de l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), une société créée par lEtat congolais le 2 décembre 2019 et qui a pour objet dexercer le monopole dachat sur toute la production artisanale de cobalt congolais, sa transformation et procéder à sa commercialisation.

Le chairman Albert Yuma est par ailleurs Président du Conseil dAdministration de la GECAMINES, la principale société minière congolaise commerciale détenue intégralement par lEtat, dont l’EGC est la filiale à 95%, les 5 autres pourcents étant réservés à lEtat.

Dieudonné Buanali

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