Economie

Commerce sur le fleuve : Les Balénières, un moyen préféré des commerçants, mais à quel prix ?

Le transport en République Démocratique du Congo a toujours été un défi en raison de la morphologie du terrain et des conditions liées à la situation climatiques difficiles. Les réseaux ferroviaires et fluviaux, à l’origine incomplets pour plusieurs raisons, ont vu leur état général se dégrader depuis l’indépendance.
Face à cette situation, la rédaction de Géopolis est descendue dans quelques ports de la capitale pour se rendre compte des moyens de transport utilisés par les commerçants empruntant cette ligne et en connaître les vraies raisons.

Après cette ronde de quelques ports de la capitale, notamment ceux situés sur la route des Poids Lourds dans la commune de la Gombe, il a été constaté une prolifération des baleinières faisant le trafic commercial sur le fleuve Congo dans ses tronçons Kinshasa-Kisangani et Kinshasa-Equateur.
Les raisons de la fréquentation de ces engins par les commerçants sont multiples. A en croire un commerçant en provenance de l’équateur, trouver sur place, ce moyen est le plus prisé parcequ’il est plus pratique et se prête bien au commerce “Nous choisissons les baleinières pour leur rapidité et en raison de la tarification. Avec un trafic qu’on aurait pû faire à bord du bateau (masua), nous en faisons deux avec la baleinières. Comprenez donc que le commerce aime cette rapidité car elle permet l’écoulement rapide des marchandises. La tarification aussi c’est un autre problème. Les bateaux sont très chers avec un prix réduit dans la tarification des marchandises. Sur la baleinière, mon commerce est favorisé”, a-t-il affirmé. Les propriétaires des baleinières ont eux aussi répondu à la question de savoir pourquoi leur tarification est différente de celle des bateaux?

Dans une réaction lapidaire, un gérant répond: “nous faisons d’abord face à la concurrence parcequ’il y a plusieurs baleinières sur le trafic. En plus, nous pensons aussi que ce sont des prix appropriés pour les catégories des clients que nous avons”. Le revers de la médaille est que ces balénières chavirent très fréquemment avec un cortège des morts qui se comptent parfois par centaines.

Ces naufrages sont causés, le plus généralement, par plusieurs des facteurs notamment, la surcharge des embarcations, normes de sécurités des embarcations non respectées (gilets, bouées de sauvetages, signalisations lumineuses, etc.), mauvais état des voies navigables et de leur balisage, le non-respect des règles de navigation. Mais malgré ces dangers, les trafiquants n’ont pas peur et affrontent quand-même les baleinieres qui sont devenues ce que l’on pourrait qualifier de cercueils flottants.

Pour maman Jeanne, l’une des commerçantes commise au trafic, les risques importent peu. “Mieux vaux braver les dangers que de rester oasif”, a-t-elle dit, avant d’ajouter, nous n’avons donc pas de choix que de faire notre commerce nonobstant les dangers.
Ce trafic fluvial jadis assuré par les unités fluviales de la SCTP ( ancien ONATRA), se fait depuis plus des décennies maintenant essentiellement par des embarcations privées dont les baleinières.

Pour une petite histoire, la baleinière est une embarcation longue et fine, souvent dénommée pirogue baleinière, qui était utilisée pour la chasse à la baleine au harpon jusqu’au début du xxe siècle, principalement par les navires américains de Nantucket ou New Bedford (côte Est des États-Unis), et même jusqu’aux années 1970 à partir des îles des Açores (Quelques baleines et autres cétacés sont toujours harponnées à la main de nos jours, par des peuples traditionnels, en Arctique ou en Asie, mais le plus souvent à partir d’embarcations désormais motorisées).

Edouard Funda et Fiston Oleko

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