Politique

Conviction politique : Julien Paluku ou le mystère dévoilé d’un géant

On peut tout dire de lui sauf d’être un opportuniste qui change de trottoir à la moindre difficulté. Julien Paluku est l’un des cadres les plus capés de l’espace politique congolais. Alors que l’opinion est encore sous les soubresauts des changements intervenus à l’Assemblée nationale, Julien Paluku faisant une lecture de la situation générale du pays sur le plan politique avait tiré une conclusion qui a étonné plus d’un, c’est à dire pour lui au regard de ce qui venait de se passer à l’Assemblée nationale avec la déchéance du bureau Mabunda, il de bon ton pour lui que le premier ministre Ilunga Ilukamba puisse déposer sa démission. Ces propos d’un ministre en fonction ont étonné plus d’un, car ministre de l’industrie parmi les mieux cotes de cette équipe gouvernementale, Julien paluku qui est en pleine réforme du tissu industriel aurait comme tout homme cherche à protéger son champ d’opération, plutôt que de tirer sur celui-ci Dire cela c’est ignorer tout de cet homme aux apparences d’un jeune, mais qui cache un esprit supérieur rompu aux arcanes de cette politique congolaise depuis plus de vingt ans en ayant gravi les échelons d’expérience d’homme d’état. Il arrive un moment dans la vie d’un homme politique ou l’instinct de survie personnelle laisse place à la conscience du salut collectif et au détachement de l’engagement désintéressé. Le ministre Julien Paluku mérite que l’on dévoile le bandeau qui couvre sa personnalité et que son geste de participer à l’Union Sacrée soit analysée à l’aune des enjeux tels que vécus par ce digne fils du grand nord qui a évolué en politique au rythme des massacres et des tueries qui ont endeuillé sa terre de béni et de Butembo. Pour saisir la quintessence de l’acte politique posé par lui il faut jeter un regard rétrospectif sur le parcours politique de cet homme d’état pour se rendre compte qu’au fil des années il s’est doté d’une conscience politique puisée dans l’expérience douloureuse de son peuple et dans la conscience de voir à chaque fois l’impuissance et l’indifférence des autres peser sur l’essentiel des combats.

Il faut remonter à la fin du dialogue de Sun-City qui sera suivi de l’organisation d’une caravane de la paix au travers tout le pays qui était divisé en trois administrations pour retrouver Julien Paluku à Butembo où il est maire de la Ville. Butembo à l’époque est entre les mains des rebelles, mais la Ville et ses dirigeants avaient su gagner une certaine autonomie dans la gestion des enjeux politiques.

En effet les contacts avec Kinshasa sont établis et Butembo a déjà grâce au leadership de ses chefs réveillé l’entrepreneuriat local qui est très actif et a su jeter des ponts avec les pays limitrophes du grand nord. Dans la construction de cette philosophie de la survie dans l’adversité Julien Paluku est aussi parmi les artisans car il a encouragé les leaders du mouvement d’éviter l’encerclement par des forces adverses. C’est un jeune promu à une grande carrière politique. L’histoire ne démentira pas ceux qui le découvrent à Butembo. Quelques temps plus tard il devient maire de Beni, ville plus puissante que Butembo surtout au regard de l’intensité de ses activités politiques.

Comme à Butembo il encourage la montée en puissance d’une société civile qui est pour lui le baromètre fiable pour l’évaluation de l’action publique. Il faut comprendre comment se déroule son cheminement philosophique. Il est certes issu d’une famille politique, il a certes des alliances politiques, mais c’est la satisfaction du peuple par la résolution des problèmes qui confèrent un sens à son engagement politique. Cette attitude est essentielle car elle lui permet de rester modeste et de garder son regard fixé sur les résultats à obtenir. C’est dans l’action qu’il trouve et noue les vraies alliances et pas forcément dans les liens affectifs avec des coalitions d’intérêts partisans. Il est vrai que cette vision peut paraître complexe pour ceux qui travaillent essentiellement pour eux-mêmes. Étant un homme profondément vissé sur l’action, son potentiel politique va exploser quand il arrive à la tête de la province du Nord Kivu.

Julien Paluku est désormais confronté à l’un des problèmes majeurs qui touchent la république démocratique du Congo à savoir l’insécurité à l’Est et surtout la commission des massacres à répétition par des groupes terroristes qui sont cachés dans les montagnes . Le pays saigne et s’enfonce depuis des décennies dans cette guerre asymétrique. Gouverneur il devient par la force des choses un expert des champs de bataille et de la stratégie militaire. Il est le pont entre les autorités du pays et les hommes de terrain. Entre temps il sait qu’au-delà de la guerre il faut inventer un avenir moderne à sa province et surtout à la ville de Goma qui fut défiguré par les effets dévastateurs du volcan.

C’est avec cette larve séchée devenue la pierre avec laquelle il rebattit sa ville. Pendant près de huit ans le jeune Gouverneur se découvre des talents de manager et la ville se transforme à vue d’œil au point que l’on peut dire qu’au moment de son départ il laisse cette partie du pays certes toujours en proie à des attaques mais aussi en plein développement. Entre temps il n’est plus le maire esseulé de Butembo, il a pris de l’assurance et il est devenu un chef de parti et bientôt un leader de regroupent politique. Les trois cycles électoraux lui ont permis de se doter d’une vraie famille politique, des compagnons politiques de haut vol et avec patience il devient l’une des figures emblématiques de la majorité au pouvoir.

Après les élections de 2018, il entre au gouvernement Ilunga Ilunkamba en qualité de ministre de l’industrie. En moins de deux ans Julien Paluku déploie une intense activité au pont d’être à ce jour parmi les top 3 des meilleurs ministres de la république. Il entreprend des réformes pour doter le pays d’une vraie stratégie de l’industrialisation. C’est un homme rigoureux qui n’est content que dans l’action transformatrice. De son point de vue politique et surtout fort du soutien de son regroupement il sait qu’aucune action substantielle ne peut se réaliser quand les acteurs majeurs appelés à collaborer sont dans des conflits byzantins. Et tenant compte du fait que le chef de l’état tient à tout prix à mettre fin à l’insécurité à l’Est, fief de Julien Paluku, il ne suffit pas de plus pour obtenir son soutien à l’Union Sacrée. Nous sommes en présence d’une personnalité pragmatique qui évalue toute stratégie à l’aune des résultats escomptés. Il va sans doute faire évoluer la nouvelle coalition vers plus d’efficacité et plus de réalisme sans pour autant minimiser le facteur temps. Le ministre est un acteur courageux qui a su gagner la Liberté de parole et qui a su devenir un homme crédible dans ce microcosme ou l’essentiel des acteurs est fantasque.

Robert Tanzey

 

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