Economie

Dany Mukendi Wa Dinanga : « Ensemble, sauvons la MIBA. Avec le Président Tshisekedi, c’est sûr ».

Lorsqu’on procède aujourd’hui au diagnostic de l’organisation et du fonctionnement de la Minière de Bakwanga (MIBA), on sera toujours frappé par une chose qui revient comme une évidence : l’absence criante d’une politique globale appropriée de relance de cette entreprise autrefois considéré comme un des fleurons de l’économie de la République Démocratique du Congo (RDC). Ancienne première productrice des diamants dans le monde (60 % de production mondiale), la MIBA connaît depuis plus d’une décennie un ralentissement de croissance dans sa production. Et ses affaires ne sont plus lucratives comme par le passé. Sa production annuelle est estimée aujourd’hui à près de 500 000 carats de diamants alors qu’elle produisait 10 millions de carats il y a des dizaines d’années. Avec tout son patrimoine, la MIBA constitue aujourd’hui une urgence. Relancer cette entreprise pour une croissance exponentielle et stable s’avère donc un défi majeur qu’il faudrait impérativement relever. Mais comment réussir le pari de la relance d’une entreprise dont l’Etat détient plus de 80 % d’actions ? Comment assurer la sécurisation du polygone minier de la MIBA qui est aussi aujourd’hui menacé de disparition ? Comment résoudre la question de la dette de l’entreprise qui constitue aujourd’hui un frein pour attirer des nouveaux investissements ? Pas aisée de répondre soudainement à toutes ces questions. Mais pour sa part, l’exécutif national congolais a déjà tenté à maintes reprises de relancer ce joyau de la République mais sans succès car l’entreprise peine toujours à revenir sur le paradigme qui la faisait tourné auparavant. En 2020, le Président de la république, Félix Tshisekedi, avait ordonné le décaissement de 5 millions pour la relance des activités de cette mine. Mais cette somme n’a servi qu’au paiement du personnel et n’a pu renforcer effectivement son outil de production. En visite dans la ville de Mbuji-Mayi au mois de décembre 2021, Chef-lieu de la province du Kasaï Oriental, le Président Félix Tshisekedi a encore réitéré son engagement et sa détermination de relancer les activités de la MIBA. ” Je suis venu vous dire que j’ai suivi le problème de la MIBA. Je vous promets que nous allons relancer la MIBA. Notre MIBA sera relancée parce que la MIBA a encore des richesses. Les personnes de mauvaise volonté avaient ravi cette richesse pour créer la société chinoise qu’on appelle SACIM”, a-t-il assuré. Cette promesse du Chef de l’Etat a été bien accueilli par les travailleurs de cette société, la population qui habite cette province et les experts des questions minières.

Parmi ces experts, il y a Dany Mukendi Wa Dinanga, spécialiste en gemmologie d’Anvers et économiste de formation. Fils d’un ancien cadre de la MIBA et facilitateur d’un crédit de 2 millions de USD à la MIBA, Dany Mukendi exprime tout son soutient à la nouvelle vision de l’administration Tshisekedi, celle de relancer la MIBA car il est temps pour ce géant minier de renaître de ses cendres. Pour réussir la matérialisation de cette vision, Dany Mukendi  propose des nouvelles idées avec un langage clair, sans atermoiement, afin d’aboutir au relèvement de ce géant diamantifère situé au centre de la RDC. Tout en s’éloignant du saupoudrage habituel qui ne change pas la situation réelle de la MIBA, cet expert des affaires innove en proposant trois préalables en trigone pour relancer l’ex-Forminière : la restructuration de l’actionnariat, la délocalisation de la dette et la sécurisation du polygone minier.

Pour lui, la relance de la MIBA reste un défi majeur à relever car cette entreprise constitue sans nul doute la colonne vertébrale du pays. Laissez sombrer la MIBA, ce serait une grosse bourde pour la RDC qui risquerait de perdre beaucoup en termes de recettes. Mais comment faut-il faire ? Pour l’expert Dany Mukendi congolais qui n’est pas du tout situationniste mais cohérent dans sa pensée, il faut en premier lieu restructurer l’actionnariat au sein de la MIBA qui devra passer avant tout par l’ouverture du capital d’investissement car l’Etat congolais tient 80 % de part sans solution. L’Etat peut baisser ses parts jusqu’à 50 % et ramener la part de ses autres actionnaires à 30 %, suggère-t-il, avant d’ajouter qu’on peut, pour le reste des parts, chercher et trouver d’autres actionnaires qui vont se montrer aussi compétitifs à la relance de la MIBA qui représente un enjeu majeur pour le développement du pays. Mais il faudra conserver et protéger cet équilibre entre actionnaires pour aider l’entreprise à évoluer.

En deuxième lieu, il faudra, postule Dany Mukendi, s’occuper de la dette de la MIBA car l’Etat, premier actionnaire, s’est d’entêtée jusqu’au point de pousser l’entreprise à la faillite. Mais comment la sauver du poids de la dette ? L’expert Mukendi propose que la dette soit délocaliser vers la Direction Générale des Dettes Publiques (DGDP) car aucun investisseur sérieux ne peut accepter d’investir avec cette passive intérieure qui est évaluée aujourd’hui autour de 500 millions de dollars américains. Comme pour bon nombre des chercheurs que nous avons interrogés, Dany Mukendi soutient l’option selon laquelle l’Etat qui s’est endetté à la MIBA, peut prendre la dette à la banque centrale ou quelque part, et se présente devant les investisseurs en proposant son plan de relance libre de tout engagement de dette puisque la situation de dette dans laquelle la MIBA se retrouve, oblige ses créanciers, chaque fois que la MIBA devrait vendre son diamant dans un canal normal, de saisir, par la voix de justice, ce diamant. Et pour empêcher que des saisies se fassent, il faut une cession de créance, appui-t-il.

Alors, pour rendre finalement effective la relance de cette mine des diamants, il faudra aussi sécuriser son polygone qui est constamment menacé de disparition. Voilà le troisième et dernier préalable qu’il faudra réunir, préconise l’expert Mukendi tout insistant sur le fait que la sécurisation du polygone minier offre une garantie pour toute sorte d’investissement dans la MIBA car aujourd’hui on ne peut pas dire à un investisseur de mettre 500 millions USD dans la MIBA sans garantir son profit. « Lorsqu’il (un investisseur) fait son étude de risque et de rentabilité, il n’investit pas parce que la garantie suffisante pour son investissement ne lui donne pas le profit. C’est pourquoi il faudra sécuriser le polygone minier pour protéger les investissements. ” Si le polygone n’est pas sécuriser, même l’Etat ne doit plus investir pour éviter de faire la richesse de gens mal intentionnées“, argumente-t-il.

Pour rappel, la MIBA figure parmi les projets prioritaires qui vont bénéficier de l’appui financier du gouvernement en 2022, d’après une annonce faite à l’assemblée nationale par le Premier ministre Sama Lukonde lorsqu’il présentait le projet de loi des finances exercice 2022, chiffré à 10 milliards USD. Bien avant cette annonce, la MIBA avait déjà obtenu, le 16 février 2020, la promesse d’un financement de 200 millions USD pour relancer l’exploitation minière, aux termes d’un accord signé avec la Firme roumaine AM Développements International, spécialisée en construction et exploitation minière. Sur ces ressources, un chèque de 30 millions USD non remboursables avait été remis à la MIBA pour apurer, notamment, les arriérés de salaires des agents et travailleurs en exercice.

Djodjo Mulamba

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