Politique

Disparition de Jean-Claude Kazembe : Le Haut-Katanga a perdu l’un de ses dignes fils

Le Haut-Katanga en deuil, Jean-Claude Kazembe, le tout premier Gouverneur de Province n’est plus ! Informé de la situation, le Gouverneur de Province, M. Jacques Kyabula, son épouse, le Vice-Gouverneur, M. Jean-Claude Kamfw, et quelques membres de son Gouvernement sont allés, le lundi 02 août 2021, réconforter la veuve et le reste de la famille dans la maison du défunt au Golf-Kalubwe à Lubumbashi, chef-lieu de la richissime province cuprifere du Haut-Katanga. Le programme des funérailles officielles du premier Gouverneur élu du Haut-Katanga sera connu d’ici peu. Dans cette attente, nous publions à nouveau la dernière interview que l’illustre disparu avait accordé avant sa mort au trihebdomadaire Géopolis Hebdo.

Interview choc :

Jean-Claude Kazembe Musonda : « La république prédatrice de la Gombe est à la base de la misère des provinces. »

Ancien gouverneur du Haut-Katanga, Jean-Claude Kazembe est actif dans une opération de réconciliation dans l’espace grand Katanga. Autour de cette initiative beaucoup des commentaires et de spéculations. Certains y voient une main noire avec le fantasme d’une sécession et d’autres, des calculs préparant les manœuvres de 2023. Au fil des jours et ce à partir de Kinshasa se crée une opinion autour de l’ancien gouverneur, le présentant comme un acteur dangereux. Pour lever l’équivoque et clarifier la démarche de l’ancien numéro 1 du Haut-Katanga, Géopilis Hebdo a pu le joindre dans une interview exclusive. Sans langue de bois et à son habitude de franchise, frisant le choc, Kazembe s’est épanché.

Géopolis Hebdo : Vous déployez une intense activité au sein de la population portant sur la réconciliation, de quoi s’agit-il ?

Jean-Claude Kazembe : Il s’agit simplement de mettre autour d’une même table les fils et les filles de l’espace Katanga. La politique nous a tellement divisés au point que nous consacrons beaucoup de temps et d’énergie à nous détruire mutuellement en lieu et place de regarder dans la même direction pour l’intérêt et l’avenir de la terre de nos ancêtres. Le Katanga est une famille, les partis politiques sont comme des équipes de football.

GH : On vous a vu avec le général Numbi sur un créneau assez inhabituel pour un militaire. Vous voulez le politiser ou c’est lui qui veut vous militariser ?

JCK : J’ignore ce que vous appelez créneau inhabituel. D’habitude les gens préfèrent faire allégeance aux frères et aux amis quand ceux-ci sont promis ou élevés. Nous avons estimé bon d’aller consoler et réconforter un frère qui paraissait être en difficulté. C’est un devoir fraternel.

GH : On ne peut parler du Katanga sans évoquer les élans sécessionnistes. Qu’en est-il au juste ?

JCK : Nous sommes habitués à ce crédo et ça ne nous effraie pas. Pourquoi le Katanga n’a pas fait la sécession quand il avait un de ces fils à la tête du Pays. Cette fausse accusation provient des personnes qui ont font du conflit Katangais-Katangais, leur gagne-pain ou leur business.

GH : Dans vos prises de position vous semblez opposer les provinces à la capitale comme si cette dernière était la cause de la misère des provinces…

JCK : Ce n’est un secret pour personne. Le poisson pourrit par la tête. La République prédatrice de la Gombe est à la base de la misère dont souffrent les congolais. Megestion, détournement, commissions, enrichissement sans cause, conflits politiques interminables, tripatouillage dans la gestion… voilà l’image de la République de la Gombe en provinces.

GH : Le pays connaît un regain de violence due à la haine tribale au point que l’on pense que la nation serait en danger. Qu’en pensez-vous ?

JCK : Le Congo est un et indivisible. Le tribalisme est une manipulation des politiciens sans vision. Les conflits en RDC sont le fait de la manipulation de la population pour des intérêts politiciens ou mercantilistes.

GH : Quelles perspectives pour le Haut-Katanga ?

JCK : Le Haut-Katanga est un Eldorado pour plusieurs congolais. Il porte une énorme charge au point qu’il penche vers la misère au lieu d’évoluer vers le développement. Il est temps que le Gouvernement crée plusieurs pôles de développement pour éviter un développement déséquilibré car le Congo a des potentialités partout.

GH : On parle de l’éventualité d’un dialogue, quelle est votre opinion ?

JCK : Le dialogue doit être permanent si les canaux de communication sont débouchés. Un dialogue symbolique n’est pas exclu.

GH : Est-il encore possible d’organiser des élections en 2023? Est-il possible d’avoir des réponses aujourd’hui ?

JCK : Il faut que les élections soient organisées en 2023, sinon ce sera un recul. Le Pouvoir actuel n’a pas le droit de reproduire ce qu’il reprochait au régime passé.

Propos recueillis par WAK

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