Economie

Dossiers de la république / L’autre lecture du RAM : Pour une inclusion numérique réussie

Il y a un adage qui dit que le sage est celui qui ne jette pas l’enfant avec l’eau de son bain. En toutes circonstances il est recommandé d’observer de la prudence s’agissant surtout des questions qui comportent une dimension innovante, car les instruments d’analyse sont parfois empruntés aux anciens systèmes qui ont fait leur preuve, chose d’ailleurs qui a motivé l’innovation. C’est le cas aujourd’hui de la question chaude du RAM. La fièvre de la contestation a atteint des niveaux tel qu’il est devenu périlleux dans toute cette passion déchaînée de placer un mot et de chercher à savoir de quoi cela retourne exactement. C’est l’effort de nous les journalistes, si nous voulons jouer notre rôle. Il est parfois simple d’aller au cœur du problème en faisant parler ceux-là que l’on ne veut plus entendre, car nourris en cela par le jeu de la contradiction systématique et de l’alimentation à la désinformation.

La question du Ram est aujourd’hui au centre d’une agitation socio-politique au point de devenir un enjeu de positionnement politique, car une motion est même en circulation visant le ministre Kibassa Maliba en charge de ce secteur. Comment faire la part des choses entre le vrai mobile à l’origine de cette innovation et le malentendu survenu au cours du processus de sa communicabilité ? Comment rendre justice aux heures de travail de ceux qui ont été dans ce projet d’inclusion numérique et qui ne se reconnaissent plus dans le RAM qu’on leur présente comme un acte de rançonnement qui est loin de celui qui répond à des objectifs nobles, comme l’augmentation des utilisateurs du numérique, de manière à combler le retard que le pays accuse dans le cadre de l’économie numérique qui est le futur de l’humanité gagnante.

Loin du jeu politique, nous avons voulu revenir aux fondamentaux et en prenant en compte le cheminement que ce dispositif a suivi et les intentions des autorités quand elles ont décidé de mettre en place un moyen destiné à accroître les possibilités d’une implémentation nationale des usagers du numérique et à internet ? Les changements sont difficiles à opérer surtout quand ils exigent des mutations radicales dans les habitudes installées. Tous les acteurs en présence ont intérêt à voir se multiplier les personnes ayant accès à l’internet, car l’on gagne en facilités grâce à des applications qui règlent des problématiques spécifiques, les opérateurs verront augmenter le nombre d’abonnés et l’Etat poursuivre sa marche vers l’inclusion numérique, qui elle peut favoriser l’inclusion financière.

Aujourd’hui, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les technologies numériques permettent aux pays d’accélérer leur développement socio-économique, de rapprocher leurs habitants des services et des opportunités d’emploi, mais aussi et surtout de bâtir un avenir meilleur. Quand on aborde de manière froide cette question et que l’on aime vraiment son pays on découvre au contact des techniciens, que les innovations numériques sont en train de transformer presque tous les secteurs de l’économie, en introduisant de nouveaux modèles commerciaux, de nouveaux produits, de nouveaux services et, in fine, de nouveaux moyens de créer de la valeur et des emplois. C’est cette logique que nous avons découvert auprès de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPTC) dans la mise en place du Registre des Appareils Mobiles (RAM) avec une double mission : sécuriser les appareils mobiles de la contrefaçon et du vol, pour un Internet inévitable et sain, et faciliter l’utilisation de l’Internet sur toute l’étendue du territoire national. Tous les documents consultés, les intervenants interrogés et certains responsables contactés, tous affirment sans ambages que le RAM a commencé par la protection des appareils mobiles. Il s’agit d’abord de la protection des appareils contrefaits. Ensuite, de la protection des appareils volés.

Cette protection a pour but de sécuriser l’utilisation des outils du numérique. Nous avons suivi un directeur dans ses explications voulues pédagogiques et il affirme qu’aujourd’hui, les principaux outils numériques sont les appareils portables, les ordinateurs, les tablettes qui coutent chers et qui provoquent des grands déséquilibres en cas de perte. Donc, il y a lieu de protéger l’utilisateur du portable volé. Raison pour laquelle, il y a cette capacité très forte de bloquer le téléphone quand il est volé. Éventuellement, de tracer le téléphone parce qu’on peut interpeller le prochain utilisateur du téléphone sur l’achat qu’il a fait d’un téléphone volé.

Une autre dimension de cette innovation est le fait qu’elle permet d’opposer une politique de lutte de la contrefaçon. Celle-ci détruit le marché des téléphones et éloigne du pays les grandes marques capables de se développer sur le marché congolais, à cause de la concurrence déloyale. Deuxièmement, renchérit un autre expert ces téléphones contrefaits exposent les utilisateurs aux problèmes de santé et ils sont perméables en termes de piratage des données à caractère personnel. Cette initiative a pour but rappelle-t-on d’avoir dans le pays des téléphones authentiques distribués par des maisons respectables qui créent l’emploi et qui participent à la création de richesses. L’une des choses que notre investigation a mis à jour c’est le lien essentiel entre le développement du numérique et l’usage de l’internet. A quoi sert-il de développer des solutions informatiques, de mettre en place des applications savantes et des logiciels performants si à l’autre bout il n y a pas d’utilisateurs ?

Les chiffres en notre possession parlent d’un taux de pénétration de moins de vingt-cinq pour cent (25%). L’économie numérique ne devient performante que si le nombre des participants au marché du donner et du recevoir est aussi important. Comment augmenter le chiffre des utilisateurs s’il n’existe pas encore une culture d’internet ? Cet internet qui est le lien direct avec le numérique, doit être offert dans une quantité importante pour qu’il soit utilisé régulièrement de manière à favoriser la culture de l’internet. De nos jours, l’information est l’élément clé du développement.

Et l’Internet amène les gens (les utilisateurs) à s’informer. Raison pour laquelle l’idée de couvrir les places publiques, les universités, les écoles (primaires et secondaires) est celle d’offrir plus d’internet possible pour absorber les contenus locaux qui sont produits par des applications, des logiciels, pour résoudre différents problèmes de la société (paiement des actes administratifs, achats des divers produits aux marchés…). Tout ceci va favoriser l’inclusion financière. Ces avantages s’étendent aux administrations publiques qui pourraient profiter de cette logique parce que cela fait des années qu’il y a dans les administrations des ordinateurs, des systèmes d’information et des logiciels qui ne sont pas utilisés dans leur dimension optimum.

C’est pourquoi la logique du régulateur, chargé d’implémenter le programme du gouvernement en la matière a mis en place le projet RAM, dans l’objectif de créer effectivement des utilisateurs, donc des utilisateurs pleinement actifs sur le numérique parce que même si on doit créer une plateforme qui fait succès, il faudra un grand nombre d’utilisateurs, car le bénéfice dans les applications est que la facturation soit petite. Aussi, les marges de bénéfices peuvent être considéré petites parce qu’il table sur le volume et sur le nombre. Dans cet écosystème, tout le monde y gagne. Aujourd’hui il suffit de payer le RAM pour avoir un accès illimité aux hot-spot de la plateforme et même de télécharger du contenu non-stop.

Dans l’absolu, on peut considérer qu’on fait de l’économie. Mais en même temps, cet habitué du numérique va avoir besoin de la mobilité de l’Internet. Et de cette mobilité, il va acheter. Donc, on crée des clients pour l’Etat dans son besoin en termes de gestion des données et toujours pour l’Etat dans son besoin d’être plus efficace pour son économie, par les opérateurs économiques privés comme les opérateurs économiques publics parles administrations et par le commun des mortels.

Désormais, avec le numérique, il est possible de mettre en place les applications qui profitent à tous. D’où que la personne soit, on peut développer des applications des téléphones qui amènent toute sorte d’avantages dans la vie de tous les jours, parce qu’elles apportent des solutions à des problématiques locales. Pour faire justice à l’autre lecture du RAM, celui que nous avons découvert dans notre investigation il nous fallait mesurer l’étendue de la fracture du numérique dans laquelle vit le pays. Et les experts disent qu’elle tient de l’utilisation de ce que tout le monde peut avoir comme solutions l’internet.

La RDC connaît beaucoup de retard comparé à ses voisins. Il est venu selon la volonté du gouvernement de combler ce gap en suscitant une entrée massive des populations dans l’usage de ces technologies et de fonder une espérance économique sur ce changement dans la production des richesses avec des moyens de financement innovants. C’est cet effort de gouvernance qui est à l’origine de cette avancée et non les maladresses des uns face aux malentendus des autres. L’autre lecture RAM a-t-on finalement appris, va contribuer à un travail qui consiste et reste à déployer les infrastructures nécessaires de connectivité pour faciliter l’utilisation du numérique, en vue de créer ces utilisateurs des applications et autres solutions disponibles pour traiter de problématiques locales, qui en ont tellement besoin.

Belle façon de rattraper le retard dans la transformation numérique indispensable que nous devons opérer pour être au diapason des nations régionales et internationales.

Frank Djodjo Mulamba Mayandi

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