Economie

DOSSIERS LOURDS DE LA REPUBLIQUE “Relance de la MIBA”: Dany Mukendi propose trois préalables en trigone : La restructuration de la l’actionnariat, La sécurisation du polygone minier et La délocalisation de la dette

Nous sommes en présence d’une profonde pensée dont la logique est cohérente. Par-delà le temps et l’espace, malgré des changements du contexte, celui qui a une conviction, garde le même discours et tient le même langage quel que soit son auditoire. En l’espace d’un mois, il s’est exprimé sur la situation actuelle de la Société Minière de Bakwanga (MIBA) face à des grands journalistes du pays notamment Jean-Marie Kasamba (Directeur Général de Télé 50) et Christian Lusakueno (Patron de la Radio Top Congo Fm). En suivant les questions et réponses, l’homme est cohérent. Il n’est pas situationniste. Il porte plutôt les marques d’un combat : sauvons la MIBA. Venu certainement de très loin et après une longue réflexion, se sentant sans doute concerné au plus haut point par la situation de cette société dont la faillite est vécue par des millions des congolais comme une catastrophe indicible, Dany Mukendi mérite sans contexte d’être écouté. Mais qui est-il ?
Fils d’un ancien cadre de la MIBA (Société Minière de Bakwanga), Dany Mukendi wa Dinanga est un expert gemmologue d’Anvers et économiste de formation qui a fait ses études en Belgique. Un excellent intermédiaire et facilitateur juridique très connu, surtout dans les milieux des affaires. Parmi ses exploits en RDC, en l’occurrence à la MIBA pendant qu’elle était à la recherche des fonds pour booster sa production, il a réussi à faciliter un crédit de 2 millions de dollars à la Minière de Bakwanga alors que la planète était plongée da la pire crise financière internationale de 2008. Dany Mukendi a été aussi l’interface entre le CEEC et une entreprise d’Anvers dans le cadre de la formation des agents évaluateurs de la CEEC à Avers. Il a mis à profit ses 20 ans pendant lesquels il a résidé en Belgique, en fréquentant les décideurs de la SIBEKA (Société des Investissements belges au Kasaï), actionnaire minoritaire à la MIBA. Avec sa qualité de fils maison, Danny Mukendi propose ici des idées avec un langage claire, sans atermoiement, pour parvenir à rendre le relèvement de ce géant diamantifère au centre de la RDC qu’est la MIBA une réalité. Aux questions de deux journalistes congolais il aborde la question de cette entreprise en innovant, s’éloignant du saupoudrage habituel qui ne change pas la situation réelle de la minière de Bakwanga. Interview à savourer.

Dany Mukendi Wa Dinanga face à Jean-Marie Kasamba

Jean Marie Kasamba (JMK)/ Pourquoi avez-vous décidé de parler de la MIBA ?
Dany Mukendi Wa Dinanga (DMD)/ Personnellement, j’ai suivi le message du nouveau Chef de l’Etat, Felix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qui se bat avec détermination de relever le pays. Et dans un de ces paradigmes noble et fort, il parle de l’enseignement gratuit. Figurez-vous qu’à l’époque, le MIBA avait instauré le système de l’enseignement gratuit. Moi, je suis un fruit de l’enseignement gratuit de la MIBA. Nous sommes des centaines d’enfants qui ont profité de cette politique sociale de la MIBA. Donc, la MIBA nous a élevé intellectuellement et nous avons mis au rang où nous sommes aujourd’hui. Alors, il était donc intenable et incompréhensible que la MIBA soit les vaches à lait pour les entreprises étrangères. Alors qu’elle a investi des millions de dollars pour la formation des cadres et des enfants qui devront assurer sa relève. Voilà pourquoi je suis venu au pays. C’est avant tout une initiative personnelle pour tenter de parler et de comprendre la faillite de la MIBA et proposer très humblement les pistes de solution pour sa relance.

JMK/ Quel a été l’objectif de la création de la MIBA par les Belges ?
DMD/ Les belges n’ont pas créé cette société qui s’appelait auparavant FORMINIERE (La Société Internationale Forestière et Minière). Créé par le Roi Léopold II, FORMINIERE était donc la société du Roi qui a associé les Etats-Unis où il est allé chercher l’argent pour la création de cette société. Voilà donc le caractère international de la MIBA qui est constituée de l’argent américain, l’argent belge, la création Belge et la terre congolaise. Et derrière les américains, il y a les anglais qui avaient même menacé les belges d’envahir le Congo et de les chasser. Donc, la MIBA qui est créé en 1961, n’est que la FORMINIERE qui a changé de nom. Et c’était sur la demande du Molopwe Kalonji Albert de triste mémoire, créateur de la région autonome du Sud Kasaï. Par patriotisme Luba, il a voulu que le nom change. Alors, il va dire : Société Minière de Bakwanga. Mais l’opérationnalité et le fonctionnement de la société, rien n’a changé. C’est donc une société qui est 100 % Société d’Investissements Belge au Kasaï (SIBEKA).
JMK/ En quoi aujourd’hui, la MIBA appartient au gouvernement et au portefeuille congolais ?
DMD/ La MIBA ne peut pas seulement appartenir à la RDC car elle est une société d’économie mixte. C’est-à-dire la MIBA a deux actionnaires : l’actionnaire créateur et majeur qui s’appelle la SIBEKA et l’Etat congolais qui vient comme actionnaire subsidiaire. Lorsqu’en 1960 les actifs de la FORMINIERE sont transférés avec les effets de l’indépendance, la SIBEKA a toujours 100 %. En somme, la MIBA est une société créée au Kasaï mais elle n’appartient juridiquement au Congo. Parce qu’elle a ses propriétaires : l’Etat est l’actionnaire majoritaire et la SIBEKA est l’actionnaire minoritaire. Mais moi, j’aime l’appeler actionnaire de référence. Puisque c’est elle qui a créé et géré. Et quand elle est partie, la MIBA est tombé.
JMK/ Qu’est-ce qui est à la base de la faillite ?
DMD/ Je vais être franc avec vous. C’est l’Etat congolais. Le nationalisme aveugle de l’Etat congolais nous a conduits à ce que nous sommes aujourd’hui. C’est la conséquence de ce nationalisme qui n’a tenu compte des méandres d’une bonne gouvernance et des normes de gestion. Figurez-vous que l’Etat congolais faisait des ponctions au nom de l’effort de guerre. La MIBA est une société dans laquelle il faut investir régulièrement et tenir compte de l’amortissement de son matériel. Mais l’Etat prenait 80 ou 90 % des recettes. La hiérarchie de SIBEKA n’est plainte. Les délégués sont venus au Congo et ont rencontré les autorités congolaises pour leur demander de sauver la MIBA qui va dans le mur : redonnez nous la gestion que nous avons eue et gardez vos 80 %.
JMK/ Et pourquoi l’Etat n’a jamais voulu laisser la gestion de la MIBA à cette société Belge pour qu’il y ait bonne gouvernance ?

DMD/ Non. L’Etat congolais a toujours laissé la gestion de la MIBA entre les mains de la SIBEKA. Je vais vous expliquer. Mais revenons à la FORMINIERE qui a commencé ses prospections en 1906 sous l’égide de Léopold II. C’est seulement en 1908 qu’on découvre le premier diamant à Tshikapa. En 1913, ils parviennent avec les moyens de bord de cette époque à réaliser une performance en produisant 1.500 carats. Les Etats-Unis et l’Angleterre qui sont derrières, sont intéressés. Et c’est en 1918 seulement qu’on découvre un premier diamant à Lukalenga-Bakwanga. Et là, c’est une bénédiction de ce qu’ils découvrent. C’est donc une manne : 18 pipes kimberlites, des zones maraichages riches en diamants. Cette découverte va conduire à la création de la FORMINIERE de Bakwanga après celle de Tshikapa. Et la production de Bakwanga va dépasser celle de l’Afrique du Sud qui était la première. Grace à cette production, la MIBA va devenir le premier producteur du diamant avec 65 % des parts de production dans le monde. Et la MIBA va faire de la ville de Mbuji-Mayi la capitale mondiale du diamant. Mais tout cela était fait sous l’égide des Belges. C’était toujours leur société, la FORMINIERE qui était toujours internationale. En 1945, elle avait atteint 10 millions des carats l’an. En 1959, la société est à 14 millions des carats. Et 18,5 millions des carats en 1961. Cette période est donc la période la MIBA prospère et fleuron de l’économie nationale. Et les belges l’ont toujours géré et versé toujours leurs dividendes (taxes et impôts) à l’Etat congolais. Mais c’est toujours eux (les belges) qui ont la gestion technique et commerciale et projettent la société telle qu’elle va. Par ailleurs, je vais vous rappeler autre chose. Lorsque les actifs de la FORMINIERE sont cédés à la SIBEKA, la Société Générale de Belgique, expression de la puissance financière du Royaume de Belgique, la plus grand banque de Belgique et Debeers, leader mondial de diamant incontestable, deviennent les actionnaires. Donc lorsque vous vous voyez la SIBEKA siéger en Conseil d’Administration, c’est la Belgique elle-même en tant qu’Etat qui siège. N’oubliez pas que la Belgique est le seul pays à sortir de la deuxième guerre mondiale sans dette grâce à ces banques.
JMK/ En 1960, le Kasaï hérite une grande société riche avec beaucoup des devises en dollar. Et à l’époque, la MIBA avait même des jets privés. Mais expliquez pourquoi depuis que les congolais ont pris les commandes de la MIBA jusqu’au départ de Mobutu les choses ne font que dégénérer ?
DMD/ Mettons tout d’abord à cotés le mal que Mobutu a fait aux Luba et aux congolais. Mais le bien de Mobutu a permis à la MIBA de fonctionner. Il aimait la MIBA et lui-seul sait pourquoi.
JMK/ Quelle était la situation de la MIBA en 1997 ?
DMD/ C’était la première entreprise congolaise qui payait la Gécamines et la SNCC. Le président Mukamba, Président Administrateur Délégué (PAD) de la MIBA, était donc les patrons des entreprises du Congo à l’époque. C’est pour dire que la MIBA n’était pas une petite entreprise. Je me souviens encore d’une phrase de l’ancien premier ministre Nguz-Karl-Bond qui disait que si vous n’avez pas la Banque du zaïre, la Gécamines et surtout la MIBA, sachez que vous n’êtes pas Premier Ministre. Et à cette époque, la Gécamines était en faillite et le pourvoyeur était la MIBA.
?
JMK/ Est-ce qu’on a aujourd’hui identifié le vrai potentiel de la MIBA ? MIBA, c’est combien ?
DMD/ Ça, c’est encore quelque chose qui me fait rire ce qu’on fait dans ce pays. Vous avez poussé la SIBEKA à la sortie. Et la MIBA avait un département de la géologie et un service de prospection qui n’avait pas besoin de dépenser des millions de dollar pour la certification. Vous le chassez et vous dites maintenant qu’on vienne certifier. Mais c’est de la folie. La MIBA faisait la certification sous l’égide de la Debers. Et c’était valable. La géologie de la MIBA était reconnue à Anvers, aux États-Unis et partout dans le monde. Vous le chassez et vous commencez une affaire délirante de certification. Pourtant, la MIBA savait faire tout ça. La MIBA travaillait naturellement avec son organigramme. Et son travail de prospection était accepté
JMK/ Monsieur Mukendi, vous avez été formé en Belgique. Est-ce que ce ne sont pas les Belges qui vous envoient ?
DMD/ Moi, j’ai une dette envers de la MIBA comme beaucoup d’autres enfants de la MIBA qui ne peuvent pas accepter une situation calamiteuse. Aujourd’hui nous avons la possibilité de parler librement. Et nous disons que l’Etat doit accepter et reconnaître d’avoir poussé son partenaire crédible qu’est la SIBEKA à la sortie. L’Etat peut aujourd’hui, par la constitution d’une commission spéciale, aller dans un dossier qui concernera la relance de la MIBA. Et pour cela, il faudrait des préalables.

JMK/ Pourquoi depuis l’accession de Félix Tshisekedi à la tête du pays aucune solution d’urgence n’est prise pour qu’on relance une société en faillite dont la population aux alentours vit dans une misère très noire ?
DMD/ Ça fait deux ans que la coalition FCC-CACH était un frein au bon fonctionnement du gouvernement en RDC. Aujourd’hui qu’il y a une coalition nouvelle qui représente la couleur du Chef de l’Etat et qui peut aller sans hésiter dans une autre sens. Je paris que les choses iront bien jusqu’à la fin de son mandat.
JMK/ Depuis le mois de janvier 2021, la coalition FCC-CACH n’existe plus. Mais est-ce qu’on a pris des mesures d’urgence ne serait-ce pour qu’il ait un début de solution à la MIBA ?
DMD/ Au mois de janvier dernier, j’avais parlé de la MIBA. Et j’ai dit exactement ceci : le Chef de l’Etat avait permis à la MIBA d’encaisser 5 millions USD. Le comité de gestion écrit millions pour relancer la production. Et nous étions très contents. Mais après 4 mois de travail, ce comité de gestion nous a désagréablement surpris car la MIBA n’a produit 40 000 carats représentant 800 000 USD pour le diamant industriel. Donc, au prix de 20 USD par carats. Et le constat est qu’il y a une perte de 4.2 millions USD. Et est-ce que le président de la république est à la base de cette perte ou le comité de gestion ?
JMK/ Si on vous met aujourd’hui à la tête de la MIBA, que feriez-vous ?
DMD/ Je la restructure en allant dans l’actionnariat. Je dirai au Ministre de portefeuille, au Premier Ministre et au Président de la République qu’il est grand temps d’ouvrir le capital car depuis plusieurs années, l’Etat congolais tient la MIBA sans solution. 80 % de part, c’est trop pour l’Etat. Que l’Etat baisse peut-être à 40 %. Que l’Etat ramène l’autre actionnaire de référence qui a été poussé à la sortie peut-être à 20 ou 30 %. Et pour le reste, on cherche un indien ou un chinois qui peut se montrer aussi compétitif à la relance de la MIBA. De plus, il faudra s’occuper de la dette. Aujourd’hui, aucun investisseur sérieux ne peut accepter d’investir avec cette passive intérieure. Il faudra aussi délocaliser la dette. Aujourd’hui si la MIBA reprenait, les créanciers vont tout de suite se saisir de la production. Et ça sera d’engrenage en engrenage. En somme, il faut revoir l’actionnariat en rappelant la SIBEKA. Ce qui est donc une évidence. Et il faut délocaliser la dette tout en laissant la MIBA libre de tout en engagement de dette. Parce que c’est l’Etat qui a pris tout l’argent produit par la MIBA. Pour être plus clair, il faudra revenir au paradigme qui a fait tourner la MIBA. Puisqu’aujourd’hui la MIBA ressemble à un corps dont la tête a été coupée. Cette tête, c’est la SIBEKA. Remettez l’autre actionnaire qui a le matériel et sait négocier le financement.
JMK/ Des travailleurs qui font même louer les maisons de la MIBA à des étrangers.
DMD/ Est-ce que vous pouvez supporter 10 ans d’arriérés de salaires. Vous voulez qu’ils mangent quoi ? C’est la question qu’il faut poser. Ce qu’ils font est mauvais. Mais il faudrait les comprendre car c’est l’instinct de survie et une tentation irrésistible.
JMK/ Quelles sont les pistes de solution pour relancer la Miba ?
DMD/ Pour relancer la MIBA, il faut trois préalables : il faut sécuriser le polygone minier. A l’époque, il y avait un détachement de l’armée qu’on appelait la brigade minière. Ce détachement de l’armée ne dépendait que de la MIBA. Il y avait aussi un service de la surveillance, voir des hélicoptères pour sécuriser le polygone. Et c’est faisable et possible. Et la partie environnante du polygone qu’on appelait SNEL n’avait pas d’espaces pour lotir.
JMK/ Mais la solution ne serait pas aussi de chasser les gens qui ont construit dans les concessions de la MIBA ?
DMD/ Moi, j’ai besoin d’une paix sociale. L’Etat qui a pris la décision trouvera la meilleure solution. Néanmoins, ce n’est pas une bonne forme. Il faut sécuriser le polygone. Puisque on ne peut pas dire à un investisseur de mettre 500 millions USD dans la MIBA sans garantir son profit. Lorsqu’il fait son étude de risque et de rentabilité, il n’investit pas. Parce que la garantie suffisante pour son investissement ne lui donne pas le profit. Prenons un exemple : Monsieur Jean-Marie un poulailler et se plaint qu’on le vol les poules toutes les nuits. Mais il n’a jamais voulu mettre la porte à son poulailler. C’est à cela que ressemblent les autorités de la MIBA sans distinction. Comment voudriez-vous que des gens prennent autant d’argent de l’Etat sans penser à la sécurisation du polygone ? Si le polygone n’est pas sécuriser, même l’Etat ne doit plus investir. C’est faire la richesse des gens mal intentionnées. Comme deuxième piste de solution, c’est la délocalisation de la dette vers la Direction Générale de la Dette Publique (DGDP). Ce n’est même pas une faveur qu’on demande à l’Etat qui dans le bon sens devrait le faire. Et c’est comme ça que la MIBA deviendra libre. Techniquement, c’est difficile aujourd’hui pour la MIBA. Alors il faudra nommer un curateur qui va la liquider. Si on nomme un curateur, on doit préalablement déclarer la MIBA en faillite. Et si on la déclare en faillite, perd tous ses actifs. Pour éviter cela, l’Etat qui s’est endetté en désordre à la MIBA, peut prendre la dette à la banque centrale ou quelque part, et se présente devant les investisseurs en présentant son plan libre de tout en engagement de dette.

Dany Mukendi Wa Dinanga face à Christian Lusakueno

CL,
Pour vous la relance de la MIBA est-elle un enjeu crucial pour le développement de la RDC?
DMD/La relance de la MIBA est un enjeu majeur. Il faudrait absolument parvenir à relever ce défi, parce que la MIBA est une société colonne vertébrale pour la RDC. Il faut que cette entreprise se relève et je ne la vois pas en faillite autrement le pays perdra beaucoup.

CL/ Comment est-ce que vous expliquez qu’une telle mine de diamants soit à ce point inexploitée aujourd’hui, et que la RDC se complaise dans une situation où elle n’est pas à disposition des telles ressources !
DMD/ J’en avais parlé récemment à Kinshasa, c’est-à-dire que l’État congolais est responsable des problèmes de la MIBA. A l’époque du régime AFDL il y a eu une forme de megestion, des décisions unilatérales que l’État congolais souverain prenait, malheureusement cette attitude a défavorisé le fonctionnement normal de la MIBA. Aujourd’hui la MIBA, d’après moi et d’après tout ce que j’ai pu comprendre, est sous une forme d’embargo international. Ça veut dire une forme de blocus. L’État congolais est responsable de de la faillite de la MIBA. Et c’est l’Etat, par ce que j’ai appelé nationalisme aveugle, qui a poussé la MIBA dans cette situation calamiteuse.
CL/attendons-nous bien vous dites que même si aujourd’hui la MIBA produit ses diamants ne seront pas achetés?

DMD/Ses diamants seront achetés, mais malheureusement la MIBA elle-même n’atteindra pas son niveau connu, parce que la MIBA de l’époque qu’on a appelé “Fourminière”, c’était 60 % de la production mondiale !

CL/Mais si elle produit autant qu’hier, elle n’arrivera pas à écouler sa marchandise ?
DMD/Il faudra d’abord qu’elle produise, il faudra qu’elle parvienne à investir les moyens nécessaires pour parvenir à 60 % de la production mondiale ce qui est énorme !
CL/Mais si elle y parvient, parce que vous avancez des chiffres 200 million de dollars permettraient à revenir tant soit peu à la production d’antan. Si elle y arrive, est-ce qu’elle arrivera à reprendre sa place de premier grand producteur de diamants industriels?
DMD/j’apprécie le conditionnel que vous utilisez. S’il y arrive. Mais pour arriver, il y a un processus, un parcours qu’il faudra respecter effectivement pour y parvenir.
CL/ Avec ces différents préalables , comment pensez que la Miba peut contourner l’embargo ?
DMD/je commence par parler, et je parle souvent de la Belgique avec raison. Pourquoi, parce que au départ cette MIBA est une entreprise à Chartre. Elle s’appelle “Forminière”. C’est l’entreprise du roi de Belge qui à l’époque a 25 % de toute la fiscalité belge qui est mise à sa disposition pour gérer ses entreprises au Congo. Et donc la MIBA, au départ Forminère, est une entreprise du Roi, ensuite qui passe entre les mains de l’État belge. Et jusques même en 1960, malgré le changement de nom, cette entreprise est toujours 100 % SIBEKA qui est la Société des Investissements belges au Kasaï. A partir du moment où c’est une société d’autrui dans notre pays, on arrive vers les années 70 où il y a un arrangement particulier, l’Etat du Zaïre avec l’Etat Belge S’entendent sur 80 et 20 %. La MIBA est une société d’économie mixte, comme on dit paraétatique. Donc la MIBA ne peut pas être gérée selon et uniquement la vision de l’État.
CL/ Actionnaire majoritaire quand même !
DMD/L’actionnaire majoritaire oui, mais les autres sont créateurs et constituent ce qu’on appelle l’actionnaire de référence. Cet équilibre entre le petit actionnaire mais qui est au départ propriétaire et le nouveau propriétaire qui est aussi l’Etat souverain, il faudra conserver, effectivement, cet équilibre pour parvenir à faire évoluer la société
CL/ Quel équilibre 80-20 % ou 50-50 % ?
DMD/L’équilibre c’est dans le fonctionnement c’est-à-dire quoi : nous produisons les diamants, alors que nous ne sommes pas consommateurs de ces diamants. Donc la chaîne de production ou la chaîne de commercialisation commence par l’extraction chez nous, ensuite par la vente à l’étranger. Même si nous vendons, c’est son des étrangers consommateurs qui viennent. L’état de besoins est à l’étranger. Nous devons avoir cette capacité de considérer où le diamant va, pour avoir une synergie. Et c’est cette synergie entre l’actionnaire ou l’ancien actionnaire minoritaire de référence et l’Etat congolais qui permet la prospérité et le bon fonctionnement de la MIBA.

CL/ L’organisation OPEP n’est pas la principale consommatrice du pétrole mais c’est elle qui on fixe le prix et qui en est la plus grande productrice. Est-ce que le fait de ne pas être plus grand consommateur des diamants nous empêche le droit de pouvoir nous-même l’exploiter et le vendre ?

DMD/J’ai toujours dit que le Congo notre pays n’est pas riche de ses minerais. Le Congo est riche du besoin des étrangers, du besoin manifesté par d’autres pays. Aujourd’hui si ces étrangers qui consomment le diamant en trouve au Brésil, en Russie, au Canada, en Australie… Nous, nous allons perdre ce que nous représentions.

CL/Sauf si nous emmenons un diamant plus que nous l’avons pur en quantité à un prix inférieur que celui qu’ils peuvent avoir ailleurs!
DMD/Alors là, nous allons dans une compétitivité prix et quantités, et même qualité. Et du coup les autres sont capables de faire ça. Dans un marché concurrentiel, il faudra analyser et considérer les paramètres qui permettent de développer une stratégie correcte de vente, mais pour faciliter les investissements pouvant soutenir la production.
CL .Comment désintéresser les créanciers de la MIBA, pour permettre à d’autres investisseurs de venir délestés de ce passif. Vous semblez privilégier une délocalisation de la dette. Pouvez être plus explicite ?

DMD/Voici ma réflexion. Aujourd’hui quel que soit ce que l’État congolais qui investit 10 millions ou 40 millions ou tout ce qu’il voudra investir dans la MIBA, la situation de dettes dans laquelle la MIBA se retrouve, oblige ses créanciers, chaque fois que la MIBA devrait vendre son diamant dans un canal normal, de saisir, par la voix de justice, ce diamant. Pour empêcher que des saisies se fassent, je propose une cession de créance. Il y a une entreprise chez nous qui est connue, OGDP (Office Général de la Dette Publique, aujourd’hui DGDP: “Direction Générale de la Dette publique”) qui est financée par le budget de l’État pour se charger de ce genre de choses.
CL/Donc l’État reprendrait la dette en son compte de la MIBA, afin que d’autres puissent venir investir et partager avec elle le fruit de la vente de la future MIBA?
DMD/Non, l’État est responsable de la faillite de la MIBA, parce que l’État s’est comporté en conquérant, et a obligé les autres de partir. Et en restant seul l’État a développé et a démontré des faiblesses, parce que la MIBA est dans une situation aujourd’hui catastrophique. Nous disons à l’Etat, suite à cette responsabilité à avoir mis la MIBA dans une dette absolument dépassant presque les 500 millions de dollars, que l’État prenne, par des leviers ou des instruments d’État, cette dette à côté, ça permettrait d’une part, que les créanciers se retournent contre l’État mais dans un circuit autre, la MIBA serait tout à fait libre, et pourrait se présenter devant des nouveaux investisseurs sans risque de faire perdre leur argent, parce que la production qui garantit le profit et la rentabilité serait saisie tout de suite par les créanciers. Il faudra libérer la MIBA de cette dette, et le responsable de cette dette comme étant l’Etat congolais, alors il y a OGDP ou la DGDP qui pourrait s’en occuper.
CL/ Une dette qui est évaluée à combien aujourd’hui ?
DMD/Lorsque vous prenez aujourd’hui la dette sociale de la MIBA, elle peut arriver jusqu’à 250 ou 260 millions de dollars. Lorsque vous prenez les fournisseurs, c’est dans les mêmes proportions. Aujourd’hui la dette réelle de la MIBA, est évaluée entre 450 et 500 million de dollars.
CL/ Donc l’État désintéresserait et prendrait sur son budget à peu près 1/2 milliard de dollars, pour relancer une entreprise dans laquelle l’investisseur viendrait mettre combien ?
DMD/Voici la logique. On prend le poids et ce fardeau qui est une croix pour la MIBA, on la met dans le budget de l’État, donc OGDP (actuelle DGDP). Mais concernant la dette sociale et les travailleurs, ceux qui ont travaillé, qui ont des droits, les familles éprouvées pour des accidents de travail et tout ça… les retraités, comme c’est une négociation, on doit permettre à la MIBA de souffler, on pourrait s’arranger lors de l’ouverture du capital, dans les fonds qui arrivent que j’évalue aujourd’hui plus ou moins à 300 millions, 50 % de la dette sociale peut être déjà payé dans mon schéma.
CL/La moitié de fonds investie, 50%… ?

DMD/ non! Ça veut dire qu’une partie de la dette sociale, dans mon calcul, peut être réglée. Ensuite comme je parle de 300 millions, 200 millions iraient alors à la refondation, à la restructuration et à la relance de la MIBA. Avec 100 millions on pourrait payer les dettes, les salaires et tout ça.
CL/Donc un tiers de l’investissement total irait dans les règlements des salaires ça c’est pour la dette sociale. Et tout ce qui est autre dette fournisseur, notamment les litiges avec les partenaires actuels ou anciens de la MIBA, ils retrouveraient directement leurs comptes à la DGDP?
DMD/Alors en ce moment-là avec la volonté manifeste du chef de l’État pour relancer la MIBA, qu’est-ce que nous faisons, nous prenons tous ses fournisseurs internationaux et nationaux, ils vont négocier avec l’État. Et l’État est capable de proposer des choses, des compensations, des concessions. C’est l’État qui gère sa dette. Mais concernant les travailleurs de la MIBA, celui à qui la MIBA doit par exemple 20 000 dollars, dans le plan : recevrez 10.000. Le reste il irait à la DGDP où il y aura un échelonnement, donc un plan d’apurement de la dette.

CL/: 1/2 milliards de règlement des dettes que l’État récupérerait du fait de la production de la MIBA. On est bien d’accord. Au bout de combien de temps ?

DMD/Le temps n’est que facteur de ce qui est fait et du temps que nous prenons pour réaliser les conditions de la bonne production. Se Hasarder aujourd’hui à donner le temps alors que ce que nous devons faire pour calculer ce temps n’étant pas fait, on ne peut pas le (temps) donner. Mais si tout est fait dans un bref délai, je vous jure qu’en 6 mois, la MIBA pourrait reprendre ses ailes.
CL/ Oui mais la future direction, qui selon votre plan arriverait, serait une direction de meilleur management que celle de l’état actuel, une direction qui je suppose que vous l’avez identifié, serait à même de nous dire en combien de temps il y aurait retour sur investissement pour l’État !

DMD/vous savez lire entre les lignes. Mon ambition est claire, je suis téméraire, j’ai aujourd’hui présenté, ce que je peux considérer très modestement comme étant le meilleur plan de restructuration de relance de la MIBA, avec toute objectivité. Lorsque je compare ma vision, mon plan par rapport à ce qui est dit aujourd’hui, je considère que mon plan devrait logiquement et inévitablement être validé. En ce moment-là, il faudrait qui ait un pilote qui devrait aller aux commandes de ce plan.

CL/Le pilote c’est vous?

DMD/Je suppose que la logique voudrait que celui qui a conçu un plan, qui a la vision et qui a des partenaires pouvant accomplir ce plan, soit au-dessus ou à la tête de l’organisation.
CL/Oui mais dans cette restructuration, vous nous parlez de restauration technique pas de restaurations pour un management futur, puisse qu’il est bien entendu dans ce que vous dites, que l’État qui n’aura plus que 40%, ne sera plus celui qui aura à décider de qui sera PAD (Président Administrateur Délégué) ou DG (Directeur Général). Hier c’était un PAD l’Etat, 40%, et celui qui dirigeait c’était une DG. Comment pourriez-vous être ce DG, sinon issu de ceux qui viendraient même investir ?

DMD/ C’est-à-dire que l’État congolais, de mon point de vue, peut continuer à conserver ses 80%. Mais l’État n’est pas en mesure, aujourd’hui malheureusement, d’investir ce qu’il faut au-delà du fait que la MIBA a participé efficacement à l’effort de guerre, qui a plus ou moins pacifié le pays. Donc la MIBA paie, par sa faillite et sa mort, les conséquences d’avoir aidé la nation, mais aujourd’hui la MIBA est abandonnée par la nation. Alors nous disons à l’Etat, comme cela n’est pas possible, de résoudre le problème de la MIBA, alors, que l’Etat renonce logiquement à une partie de son pourcentage à la MIBA. Que j’estime plus ou moins à 40 ou 50 %, donc l’État se retrouverait à 50 % ou à 40% et en contrepartie, les investisseurs mettraient plus ou moins 300 millions de dollars. Permettez-moi de vous rappeler maintenant. Je propose 300 millions de dollars pour 30 ou 40 % de parts à la MIBA. Et je considère que c’est énorme. J’aimerais vous rappeler ici et maintenant que le groupe “Mwana Africa” de Monsieur kalapinga, s’est retrouvé propriétaire de 20 % des parts à la MIBA, pour avoir payé simplement et seulement de manière incompréhensible, 11 million de dollars. Si nous considérons cette valeur sur la bourse ou la place boursière internationale, ce qu’on peut considérer que 100 % de la MIBA ne valent que 55 millions. Ce qui est inadmissible. Donc, c’est que je dis, va au-delà de ce qui a été fait et améliore les bonnes conditions. Ensuite, avec la certification des réserves, je voudrais que vous sachiez que les concessions de la MIBA vont de Bakwanga à Tshikapa, de Tshikapa à Lodja, et c’est pratiquement le grand Kasaï qui appartient, en termes de carrière, de gisements et de mines, à la MIBA. Et donc tout cela, avoir laissé 20 % à 11 millions c’était une folie qui n’a rien est strictement rien rapporté à la MIBA. Aujourd’hui en proposant 300 millions je dis aussi ceci, chaque fois qu’une certification est faite, chaque fois qu’un gisement est découvert, nous passons par la revalorisation du capital. C’est lui qui a 20 %, lorsqu’on découvre une richesse qui est certifiée doit augmenter son capital ou encore se verrait réduire en terme de pourcentage et c’est une logique équilibré, équitable et juste.

CL/je voudrais revenir un peu à ce qu’on a dit au début, vous aviez dit lors de la précédente émission que personne n’est capable d’investir pour le redémarrage de la MIBA, seuls les Etats, particulièrement vous avez cité la Belgique, peuvent la relancer parce nous en sommes pas les consommateurs. Si ces 300 millions venaient d’un individu, congolais ou autre, est ce que la MIBA pourrait redémarrer ?
DMD/Le problème de la MIBA est double. C’est que la vérité est laquelle, on a laissé au pays producteur la capacité d’exploiter le diamant mais de le vendre en réalité brut. Et la partie finale : la taillerie et les diamants taillés, il y a des pays dans ce monde notamment la Belgique qui vivent par cette filière. Si nous voulons tout avoir et tout faire, eux qui sont consommateurs vont nous abandonner. Il faudra presque comprendre que nous sommes obligés au-delà de notre potentiel de richesse de partager la logique commerciale ou la filière commerciale avec d’autres.
CL/La filière commerciale, mais pas forcément la filière productrice, la MIBA peut produire mais la commercialisation se fait par d’autres !
DMD/Mais la MIBA peut produire c’est bien, mais même quand on a le diamant on est toujours pas riche. C’est lorsqu’on a vendu le diamant et que l’argent est à la Banque Centrale que le Congo est riche.
CL/Si la production redémarre, si la Belgique particulièrement, ou des gouvernements ou les consommateurs ne sont pas parties prenantes à la MIBA, cette dernière n’est pas viable ?
DMD/ Non! Mon idée simple. La SIBEKA (Société des investissements belges au Kasaï) c’était quoi? C’était la société générale de Belgique associée à la De Beers. La De Beers, le leader mondial incontestable de diamants, la Société Générale c’était l’expression de la puissance financière Belge, qui avait pratiquement tout. Aujourd’hui la SIBEKA n’existe pas. Mais elle avait les actionnaires, ses actionnaires là sont où? La Société Générale aujourd’hui est considérée en Belgique dans le Bel20, c’est ce qu’on appelle jusqu’aujourd’hui “Umicore”, ça existe, la De Beers existe toujours, donc moi je prends contact avec ses deux entreprises pour les ramener au nom de la SIBEKA qui a déjà existé.

CL/ vous prenez contact ou vous avez déjà pris contact. Parce que vous êtes très offensif sur le dossier MIBA. Est-ce que vous avez dans le chef de ses entreprises senti une volonté de débloquer 300 millions de dollars ?

DMD/ Non. Ces entreprises posent des conditions. La première condition c’est garantir la sécurité de leurs investissements. Une sécurité judiciaire, une sécurité juridique et éviter encore les petites aventures à la Congolaise, notamment la partie corruption ainsi de suite… S’ils doivent revenir, Oui, c’est pour relancer la MIBA certainement, mais dans un pacte qui ressemblerait à celui qui est au Botswana. D’ailleurs je vous rappelle qu’au Botswana l’enseignement est gratuit. C’est la ”De Beers” qui organise cela! Comment est-ce que nous ne sommes pas capables, avec ce paradigme de chef de l’État, qui est un paradigme noble, l’éducation et l’enseignement gratuits, travailler avec des gens avec lesquels nous avons déjà pu travailler.

CL/ En attendant toute cette restructuration, en attendant la mise en place et l’atteinte des préalables majeures qu’est-ce que vous préconisez? Aujourd’hui il y a une banque du Nigéria, la FBN, qui propose 40 millions pour essayer de reproduire ou si c’est possible de payer tout ce qui est dette sociale, tant soit peu, et de redémarrer une activité !

DMD/La difficulté dans notre pays, ce que je m’excuse, on baisse vite la culotte face à des montants. 40 millions, 50 millions, 5 millions… et les gens sont vite épatés. Réfléchissons comme des intellectuels. Le besoin de la MIBA ce n’est pas 40 millions. Rien que lorsqu’on prend le besoin en énergie, le renouvellement de Lunilanji 1 Lubilanji 2 qui sont des centrales hydroélectriques, qui peuvent garantir effectivement l’approvisionnement électrique à la MIBA, nous arrivons déjà presqu’à ces chiffres-là!
CL/ Oui mais ça c’est pour une MIBA de retour à ce qu’elle produisait hier! En attendant aujourd’hui elle ne produit plus rien, pour que ce ne soit pas tous les jours une accumulation d’arriérés salaires, une perte en fiscalité et autres parce que l’outil est mourant, est ce qu’il ne faudrait pas en attendant vos 300 millions dollars et tout ce que vous préconisez… ?

DMD/ Mais avec cet accord-là, il ne pourrait y avoir 300 millions, ça ne sera pas possible. Pourquoi? La banque n’est pas philanthrope. Voici l’erreure de l’État ou ce que l’État envisage de mauvais. L’État pour faire la guerre à l’Est, fait des ponctions à la MIBA, prend 500 ou autant… Et crée même la SENGAMINE. Nous ne savons pas combien des milliards sont partis, seuls les Zimbabwe savent. Met la MIBA en situation de grande dette et de faillite. Le même Etat qui est à la fois régulateur, personne morale et qui a son deuxième casquette il est aussi actionnaire de la MIBA, l’Etat dit voilà que les Nigériens viennent. Mais les Nigérians ne viennent pas pour rigoler. Ils vont prendre une garantie à la MIBA. Cette garantie c’est quoi, c’est le massif 1. Ce Massif 1 est sous-évalué à 1,5 milliard ou à 2 milliard.

CL/ la garantie c’est le paiement du crédit de 40 millions !

DMD/ non écoutez, la banque ne sort pas de l’argent lorsqu’elle n’a pas la sécurité de cet argent en cas de pépin…

CL/ La garantie n’est pas forcément la propriété éventuelle d’une future mine qui pourrait produire beaucoup plus, la garantie c’est l’Etat qui s’engage à payer éventuellement ce qu’il aura pris?

DMD/Monsieur Lusakweno, vous êtes sans ignorer que dans ce monde il y a ce qu’on appelle des cotations. Les pays son côtés. Le Congo n’est pas côté. Cette garantie c’est du pipeau. la garantie doit être réelle. C’est la MIBA qui normalement donnerait une garantie. Cette garantie depuis un bout de temps elle est connue, tout le monde la recherche: c’est le massif 1. Alors pourquoi aller hypothéquer un massif qui vaut 2 milliards, à 40 million? Et Nous savons que les 40 millions c’est d’abord pour payer les dettes, pour payer les fournisseurs, ensuite on a rien et quand on a rien le massif est exposé au charognard.
CL/Aujourd’hui si vous obtenez gain de cause. Et que votre plan se réalise. En combien de temps ces 300 millions seraient à disposition du nouveau management de la MIBA, prête à produire plus !

DMD/Ce que je dis reste la même chose. Il y a des préalables. Il faut commencer par sécuriser le polygone, pour garantir le profit à cet investisseur.

CL/ J’ai cité vos préalables, garantir, désintéresser les créanciers, certifier les réserves. Je suis d’accord. Nous sommes aujourd’hui le 1er septembre, à quelle date pensez-vous, si cet argent…
DMD/Le congolais voudrait tout de suite un résultat, alors qu’il ne sait pas le construire. Le résultat est un processus, le résultat est une marche, palier par palier, étape par étape. Commençons par délocaliser cette dette. Vous voulez prendre… je vous donne un autre raisonnement qui est peut-être au contraire. En combien de temps l’Etat pourrait délocaliser la dette, pour laisser la MIBA libre, c’est ça la bonne question!

C. Lusakueno : Puisque vous venez avec vos préalables. Quand vous pensez être utile à la MIBA, ce que vous avez vous-même évalué la faisabilité du projet que vous amenez. Alors moi en termes de projection, ma question est claire, à combien de temps pensez-vous qu’il soit possible d’atteindre ces trois préalables, et d’obtenir les 300 millions nécessaires à la relance de la MIBA? Ça c’est la question qui intéresse tout le monde, parce que si on a pas la réponse à cette question, on n’a pas trop de choix entre attendre 10, 15 ou 20 ans pour une issue hypothétique et peut-être prendre le 40 et 50 millions qu’on nous propose aujourd’hui pour essayer de faire tourner la machine !

DMD: Vous retournez simplement la responsabilité. Le premier responsable dans la relance, dans la refondation de la MIBA, c’est l’État qui doit faire vite et qui doit bien faire. L’Etat congolais qui a mis la MIBA en faillite, en combien de temps l’Etat est capable de délocaliser cette dette. C’est ce temps-là, dès qu’il est connu, qui pourrait permettre à vous donner l’autre temps. L’Etat on lui demande de sécuriser le polygone, le polygone n’est pas sécurité. On lui demande de décharger la MIBA de la dette, ce n’est pas fait. On demande une certification, ce n’est pas fait. Comment voudrez-vous allez demander à l’investisseur qui a besoin que vous lui montrer des éléments, des marqueurs de crédibilité, de sérieux, vous lui dites en combien de temps vous pouvez me donner votre argent? Alors que vous ne remplissez même pas les conditions d’un début de discussion !

CL/Je n’avais pas l’impression que c’est la question à l’investisseur, je posais la question à celui qui m’amène ce plan de restauration.

DMD/ Ce plan de restauration concerne deux parties. Monsieur Mukendi est comme une charnière entre les deux parties. L’interface comme on dit. Alors l’État est celui qui devrait faire le premier pas. Ce sont ces préalables-là. Ensuite on dit à l’investisseur, c’est fait et investisseur vient. L’investisseur n’a pas de problème. Je vais encore vous dire ce qui est sérieux, vous pouvez voir qu’on gardera toujours l’avantage. Nous avons 60 % de part de production de diamant dans le monde. Ça c’est la MIBA de l’époque. Aujourd’hui ce besoin est satisfait par d’autres pays qui se sont lancés! Le Botswana produit beaucoup plus, l’Australie, la Russie, le Canada ainsi de suite…! Donc le monde, ou l’État de besoin du monde en terme de diamant et d’industrie de diamant se passe de la MIBA. Qu’elle se relève ou qu’elle ne se relève pas, le monde du diamant continue parce que l’état de besoin est plus ou moins satisfait. Mais pour que la MIBA revienne, parce qu’elle s’est w mis hors-jeu, elle doit respecter les règles. Elle doit presque se plier à la volonté de ce qu’elle a déçu. Parce que le maître du marché de diamant ce n’est pas le Congolais le grand producteur mais ces gens-là qui sont les consommateurs, les propriétaires du besoin. Donc l’État congolais va se mettre en condition de faire venir ses capitaux et ses fonds. C’est trois préalables sont simples : sécuriser polygone, délocaliser la dette pour désintéresser le créancier mais attirer les investisseurs, et ensuite se présenter avec une certification qui dise que la MIBA vaut plus ou moins.

Propos retranscrits par Djodjo Mulamba et Fiston Oleko

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