Société

Drame à Kinshasa : La mort “accidentelle” d’un officier par balle, révèle deux urgences en RDC

Le Colonel Polydor Kasongo a été abattu “par erreur” hier dimanche 29 août par son garde du corps à Kinshasa. Le drame s’est produit
à la suite d’une altercation à hauteur du saut de mouton de Pompage, dans la commune de Mont Ngafula. 

L’information a été confirmée par le colonel Pierrot Mwana Mputu, porte-parole de la police nationale congolaise : le colonel Polydor Kasongo a trouvé la mort, atteint “accidentellement” par une balle, tirée par son propre garde du corps. Le colonel Pierrot Mwana Mputu confirme aussi les
circonstances de ce décès. Il s’est agi d’une altercation qui a mal tourné entre les motocyclistes, (les wewas) et le garde du corps du défunt. Le colonel Pierrot Mwana Mputu parle “d’une fausse manœuvre du garde du corps”. Selon le porte-parole de la PNC, le défunt revenait de la “prière, arrivé à Kinsuka, à la hauteur du saut de mouton, le parcours [le passage, ndlr] était jonché des motocyclistes qui circulaient en désordre et dans tous les sens, gênant ainsi la circulation. Le garde du corps du commissaire supérieur principal, le colonel Polydor Kasongo est descendu pour aller dégager la chaussée. Mais il a été buté à une incompréhension de la part des motocyclistes. Et comme la tension commençait à prendre de l’ampleur, le commissaire Polydor Kasongo a jugé bon de descendre pour aller calmer la situation. Dans cette agitation et cette confusion généralisée, un coup de feu est parti du fusil du garde du corps qui va l’atteindre ( atteindre le colonel) et l’achever sur place. Le corps du défunt a été acheminé à la morgue de l’hôpital du cinquantenaire et le garde du corps du colonel a été appréhendé”.

Livrée en l’espace de deux minutes, cette explication met en surface deux problématiques de la société congolaise qui requiert une solution en profondeur : le port par les éléments de la police, des armes avec balles réelles, en pleine ville et la question de la gestion de ce phénomène social des moto taxi.

Il faut se rendre à l’évidence : une bonne partie de la police congolaise n’est pas forcément formée pour contenir les foules agitées, mais aux mains nues. L’année 2021 a fourni une pléthore d’exemples, où une simple altercation mal gérée a viré souvent à un drame humain. Une autorité de la police a récemment reconnu face aux journalistes, qu’il existe certaines unités de la police qui ont reçu une formation quasi-militaire, en lieu et place d’un encadrement propre à la police. D’où la brutalité de certains, selon cet officier.
En attendant de réformer et renouveler la police en écartant des “brebis galeuses” ( l’expression est de cet officier), il convient de se demander s’il n’est pas temps de retirer du matériel létal à la police et de ne laisser les balles réelles qu’à ceux qui en ont réellement besoin pour des missions spéciales. La réflexion vaut sont pesant d’or.
Doit-on se limiter à des déclarations de condamnation sans prendre de réelles mesures pour éviter d’autres bévues et d’autres morts?

L’autre problématique à gérer avec courage est la gestion des moto-taxi. La liberté de chacun sur les routes a ouvert un champ libre à un laisser-aller coupable. N’est-il pas temps de réguler avec justice et justesse la circulation des moto-taxis sur les routes de Kinshasa ?

Patrick Ilunga

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Site développé & hebergé par Justin Tshims

CONTACTEZ-NOUS !

Editeur-Responsable : William Albert Kalengay
Bureau : Avenue Isiro, n°28, Kinshasa-Gombe, RDC
Ref.: Ancienne ambassade de Belqique
Tél. : +243998110441
E-mail : geopolismag@yahoo.fr

Copyright © 2016 Geopolis Magazine

To Top