Editorial

Éditorial – Monusco : Qui a franchi la ligne rouge ?

Grave est le mot qui sied à la situation qui prévaut à Goma, situation aggravée par des manifestations anti Monusco de la part d’une population en colère, excédée par tant d’impuissance face à des rebelles même appuyés par le Rwanda. Grave est le contexte inédit des destructions massives des infrastructures de la mission des Nations unies qui ont été saccagées par des jeunes fous de rage face à ce qui parait être une impasse sécuritaire.
En plus de vingt ans c’est la première fois que des propos sont tenus et immédiatement suivis des manifestations violentes. Les deux derniers jours il y a eu effectivement une ligne rouge franchie. Une étape dangereuse s’est invitée au débat. La question qui sied en ce moment est celle de savoir qui a franchi le rubicon ? Qui a franchi la ligne rouge ?

Il est établi qu’avec un accord de siège les installations de la Monusco bénéficient d’un statut d’inviolabilité.
Quelques soient les propos de contestation à l’endroit de la mission, il n’est pas permis une violation de leurs installations et de leurs biens. Mais comment ceci est-il devenu possible ? Comment a-t-on assisté à la casse et mise à feu de la base ? A la casse des véhicules ? Comment la population s’est- elle sentie dans son droit de briser ces frontières internes et de transformer les agents de la Monusco en ennemis d’État ?
A l’analyse de cette grave situation, on peut situer deux responsabilités politiques majeures. D’abord le discours des certains politiques congolais se plaignant de la Monusco et surtout évoquant son départ sans mettre des gants. Ces discours ont servi de catalyseur à la remontée de ce sentiment de rejet qui est devenu un sentiment de violence. Le fait que trente jours sont passés sans que le M 23 ne soit délogé de Bunagana, est venu encore plomber la frustration d’un peuple qui se sent humilié et qui s’interroge s’il est vraiment défendu par son armée et surtout par celle des Nations Unies, supposée être la mission la plus importante de son histoire.

Il y a donc eu une ligne ouverte et le rubicon franchi. De l’autre côté de la Monusco, les propos tenus par les plus grands responsables de la mission disant qu’ils n’avaient pas des armes suffisantes et efficaces pour combattre le M 23 ont été très mal perçus. Cette déclaration a fini par produire un effet désespérant dans cette population qui continue à payer le prix de cette guerre par des morts au quotidien avec une situation humanitaire de plus en plus dramatique. La Monusco en déclarant son incapacité, à ouvert la voie d’une profonde désespérance et a offert à la population les raisons de son action, c’est-à-dire la réclamation de son départ.
Quoi qu’il en soit, le retrait de la Monusco doit être envisagé comme une urgence dans les stratégies de pacification de l’Est, car la longévité de cette mission et la persistance des causes à l’origine de son avènement ne peuvent que pousser vers un changement de paradigme.

Il est urgent que le Gouvernement congolais et la Monusco mettent en place un dialogue de vérité avec comme objectif de se fixer sur un agenda de pacification de l’Est du pays avec des engagements respectifs.

WAK

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