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Editorial / RD CONGO-RWANDA :NYIRANGONGO, LA MONTAGNE QUI SUGGERE LA PAIX ET LA COOPERATION ENTRE LES ANTAGONISMES VOLCANIQUES

Pour vivre bien, un pays a-t-il forcément besoin d’un ennemi ? Les relations internationales avaient forgé au siècle dernier un concept assez originel dénommé l’équilibre de la terreur qui était à l’époque une stratégie commune d’armement aux Etats-Unis et à l’Union soviétique pendant la guerre froide. Cette doctrine, également appelée destruction mutuelle assurée, est une façon de dissuader l’adversaire d’utiliser l’arme nucléaire. Par extrapolation et ce pour le besoin de la réflexion en cours, on peut dire qu’entre le Rwanda et la RDC, il a existé pendant deux décennies un équilibre de la diabolisation. Certes il y a eu des chocs violents entre les deux pays depuis 1994, chocs consécutifs au génocide perpétré sur le sol ruandais mais dont les effets eurent des incidences sismiques jusqu’ en RDC, sans épargner des pays comme l’Ouganda, le Burundi, le Kenya, la Tanzanie. Avec le repli sur soi et le droit à défendre leurs intérêts, les différents pays ont brisé les liens séculaires qui les unissaient. En ce qui concerne le Rwanda et la Rdcongo c’est fut l’avalanche des diabolisations mutuelles, au point que c’était devenu un crime à Kinshasa de vous savoir en contact avec le Rwanda.

Devenu ennemi nécessaire, le Rwanda a servi de source de mobilisation pour tous ceux qui avaient un schéma particulier. Au Rwanda, la RDC était la terre qui abritait les génocidaires, une forme de danger prêt à déferler sur le pays des mille collines. On se souvient des fameux FDLR, raison réelle ou prétexte à toutes les violations de la souveraineté. Aujourd’hui, cette politique d’attaques mutuelles a brulé cette zone de l’Est pour en faire un antre de la violence ou circulent plus d’une centaine des groupes armées, qui s’alimentant par l’exploitation criminelle des ressources minières abondantes, sont parvenues à créer une culture de l’impuissance collective, car ni la Monusco, ni les armées de deux pays ne sont parvenues à éradiquer ce cancer qui a déjà plusieurs métastases dans le corps social.

L’éruption volcanique et les différents séismes ont mis à jour une réalité plus profonde qui dépasse de loin les antagonismes présents, la terre a tremblé et elle a ignoré les frontières entre les deux pays. Elle a brisé les équilibres de part et d’autre de deux frontières. La lave a coulé et des congolais furent obligés de traverser la frontière pour s’abriter dans les villes hautes du Rwanda. Toutes ces raisons et d’autres plus rationnelles et réalistes, ont certainement poussé les deux leaders, les deux chefs d’Etat à aller au-delà des émotions et de l’histoire récente pas reluisantes certes, et de plonger dans les nécessités de développement qui imposent aux deux peuples de se parler et surtout de débroussailler les voies de la coopération.

Ce qui s’est passé à Gisenyi et Goma est partie prenante à cette volonté de briser les chaines de la servitude des blessures passées et de voir l’avenir. Le Nyirangongo a montré le chemin d’un destin solidaire et les personnes conscientes doivent dépasser les limites de cet équilibre de la diabolisation pour aller vers l’équilibre de la coopération basée sur les vérités de terrain. Felix Antoine Tshisekedi et Paul Kagame ont envoyé un message fort qui ne va pas plaire aux radicaux de leurs camps et aux apôtres de la prédation, mais qui est un souffle de soulagement pour les différents peuples qui veulent vivre dans la paix et construire des destins partagés comme le furent leurs ancêtres.

WAK.

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