Culture

En marge de la 23ème Journée Mondiale de la Poésie célébrée le 21 mars 2021 : L’Enfant ne retient que ce qu’il sait faire

-« Célébrer l’expression linguistique de notre humanité commune. »
-« Le poème est avant tout un chant, et magique parce que mélodie. » Léopold Sédar Senghor
-« Le poème réaffirme notre humanité commune en prouvant que les individus, partout dans le monde, partagent les mêmes questions et sentiments. La Poésie est le pilier de la tradition orale et, au fil des siècles, a démontré à quel point elle peut communiquer les valeurs les plus profondes de diverses cultures. En célébrant la Journée Mondiale de la Poésie, le 21 mars, l’UNESCO reconnaît la capacité unique de la Poésie à réfléter l’esprit créatif des individus (…) »

La célébration de la Journée Mondiale de la Poésie, le 21 mars depuis 1999, ne doit pas occulter la Journée Mondiale de Poésie-Enfance, instituée depuis 1976, et qui, à cause de sa complexité, n’a pas pu bénéficier, dans notre Pays, de toute l’attention voulue. C’est pourquoi nous y revenons, ce jour, en nous attardant sur le bénéfice énorme qu’en tire tout Enfant initié, suffisamment tôt, à la valeur et à la puissance du mot. Pour Bernard Pivot, journaliste français, l’homme est entouré de mots. Et sa mort est constatée par l’absence de mot. Notre précoce rencontre avec le Théâtre – le jeu des mots par excellence – a été également réalisée à travers le mot, sa magie et sa charge artistique. Dans la mouvance de précocité, et coup sur coup, la rencontre avec cinq littératures mondiales a été rendue possible. Pour participer à la puissance des mots par l’Art le plus éminent, l’Art dramatique : le Théâtre. A savoir : la littérature française, la littérature anglaise, la littérature allemande (les deux dernières dans leurs versions originales) ; la littérture russe/slave et la littérature négro-africaine dans la version française. Le blending, obtenu dès la Puberté (14, 15, 16 ans ; il n’existe pas d’âge absolu) a scellé fortement notre choix – d’un côté, la descente de la Force sexuelle pour prendre possession du jeune corps arrivé à maturité ; de l’autre, monte l’enthousiasme (et ses différents compagnons : l’honnêteté, la bonté, l’altruisme, l’excellence, la beauté, la justice…) alimenté par la lecture extensive de cinq meilleures littératures mondiales… Il a ainsi libéré suffisamment d’énergie qu’a su canaliser le scoutisme de Baden Powell pour les travaux d’intérêt communautaire, donc en faveur du prochain : cet autre nous-même. Notre Pays, nous l’avons signalé dans la pièce de théâtre intitulée L’arbre tombe…, a perdu le sens de l’Enfant au même moment que le sens de la Vie. C’est à travers l’Enfant – et ses potentialités – que nous pourrions remonter la pente. N’est-ce pas que le dramaturge algérien YACINE nous avait indiqué le chemin par sa sentence, devenue légéndaire : « Tout homme est dans l’enfant. » ?

Les buts essentiels de l’initiation de l’Enfant à la Poésie

En examinant les multiples possibilités d’encadrement qu’offrent les buts essentiels poursuivis, on est traumatisé par le fait que pendant des années, aucune structure officielle ni privée, au Kongo, ne les avait exploitées au bénéfice de l’Enfant. Il s’agit de :

  •  « Donner la Parole à l’enfant à travers la poésie. La Parole entre guillemets, c’est-à-dire donner à l’enfant le mot et sa magie. » ;
  • « Créer avec des moyens très simples une vaste action à la Poésie aussi bien dans les villes que dans les villages les plus reculés. » ;
  • « Faire en sorte que les enfants soient les acteurs réels de cette action.» ;
  • « Donner aux enfants conscience de l’autre et de leur solidarité humaine, au-delà des frontières.»

La priorité devrait être accordée à l’expérience vécue

En effet ! Par expérience vécue, l’ancien Président Obama l’a reconnu dans ses Mémoires avoir été entraîné à l’étude des mots par sa Maman, chaque jour, de 4 h du matin à 6 h, avant d’aller à l’école ; tout le monde apprécie à sa juste valeur l’éloquence de l’ancien Président des Etats-Unis.

Il a été constaté qu’un enfant réussit en s’appuyant sur un volume de mots tant dans la lecture et dans la compréhension de la question que dans la façon d’y répondre.

C’est la raison pour laquelle, nous soutenons cette action universelle telle qu’elle avait été proposée « à toutes les écoles ou tous lieux où se retrouvent des enfants :

  1. Que les enfants écrivent des poèmes sur le thème proposé. « La violence commence où la parole s’arrête. » ;
  2. Qu’ils apportent des poèmes à l’école où au lieu de rencontre ;
  3. Qu’ils fassent des murs de poésie, des montages poétiques ;
  4. Qu’ils chantent, qu’ils dansent, qu’ils miment des poèmes, etc.

L’essentiel, c’est que toute action menée ce jour-là parte du  mot ».

La reprise des mouvements de l’Enfance : une nécessité absolue

Depuis la brutale suspension, on ne peut plus criminelle, des mouvements de jeunesse il y a une quarantaine d’années, malgré des efforts louables, c’est vrai, de colmater les fissures – c’est-à-dire le manque manifeste d’encadrement extrascolaire, l’absence d’une politique nationale cohérente de la jeunesse devrait constituer à la fois une indication et une interpellation.

Après avoir constaté l’échec cuisant de la voie sans issue empruntée par les dirigeants de l’époque, l’ordre et une certaine facilitation ont été offerts pour reprendre les mouvements traditionnels tels que le scoutisme, le guidisme, le kiro, le xaveri, etc. La brèche étant énorme. Sans pour autant montrer la meilleure voie à suivre.

Entre-temps, l’eau a effectivement coulé sur le pont. L’esprit scout, pour mieux illustrer nos propos, a été piétiné. Il a déserté… Laissant un vide. Par lequel se sont engouffrés tous les excès. Notamment ceux proposés et imposé ( ?) par la rue, qui a durant cette période de folie pris des proportions inquiétantes – la nature ayant horreur du vide. Le kuluna est la partie visible de l’iceberg.

Laisser tomber, se décourager, est une lâcheté. Outre les séances de formation des cadres, menées tambour battant ici et là, l’initiation de l’Enfant à la connaissance du mot par la Poésie locale s’avère une action salvatrice. Déjà à l’école, on revient sur l’utilisation de la langue maternelle…

Dans la mesure où, et à grande échelle, nous allons palper du doigt la réussite de cette action : l’Enfant nous étonnera lorsqu’il va retenir les mots à travers son propre montage poétique.

L’initiation à la connaissance du mot amène tout droit à l’initiation à l’Art du Terroir, à travers ses sept composantes : La Littérature (Roman, Théâtre, Poésie, etc.), L’Architecture, la Sculpture, La Peinture, la Musique, la Danse et Le Cinéma… Jusque là personne ne le fait systématiquement.

Liée à un mouvement structuré de l’Enfance qui prend en compte et son environnement et la culture de son identité, les deux actions le préparent à mieux affronter les dures épreuves du passage de l’enfance à l’adolescence. Et ce, naturellement !

Mwena Ngenyi wa Kumvuila

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