Culture

En marge de la Journée Nationale de l’Enseignement, le 30 avril 2021…: Paraphrasant Victor Hugo, le dramaturge Katsh Katende conclut sa pièce de théâtre en ces termes : « Chaque enfant que l’on enseigne est un homme que l’on gagne… Pas d’Enseignant, pas d’Homme. Et pas d’Homme, pas de Nation. »

En marge de la Journée Nationale de l’Enseignement, le 30 avril 2021, nous vous proposons quelques pages choisies de la pièce de théâtre intitulée « Demain, il sera trop tard. » de Katsh ; reçue à Mbujimayi en décembre 1996… 24-25 ans avant la mise en œuvre de la gratuité ! Elle fut montée et jouée, pour la première fois, par la troupe du Lycée Mwanjadi de la même ville, sous la direction de Mademoiselle Ursule Dinter (1936-2012), et publiée par les éditions du Centre de Promotion de l’Art, CEPROLA, Kinshasa, 2008. On ne le dira jamais assez : l’Education reste un des piliers incontournables pour une Nation. Nous l’associons à la Diffusion et à la Promotion de l’Art de la Majorité… Préalablement réappropriée !

(…) « 1erHOMME : Dès aujourd’hui, au sortir de cette salle… Nous inviterons la majorité de la population par des meetings, par des palabres africaines dépouillées des complexes de Bakole et de toutes sortes de syndromes, par la presse, par des sermons dans nos multiples églises, par des chansons, par des slogans… Nous inviterons, dis-je, la population à soutenir les Enseignants, la section pédagogique et l’école rénovée… D’ailleurs, nous réhabiliterons l’école normale avec tous ses attributs. Le soutien moral et spirituel débouchera sur la rénovation de ce noble métier. Cela prendra forme. Les finances suivront cette renaissance de la femme et de l’homme, les plus influents de notre société. J’ai cité les Enseignants.

FEMME : Est-ce réalisable ?

1er HOMME : Tout dépend de nous. L’enseignant doit retrouver sa place dans la société. Pour tirer toute la population vers le haut. Pour l’aider à remonter la pente et à sortir du gouffre. Pour y parvenir, les parents sont invités à se dépasser. Ils sont priés de continuer à soutenir les écoles mieux qu’hier. Aujourd’hui plus que jamais… Notre survie est à ce prix-là. On l’a dit ici… J’appuie cette belle phrase. Elle devient notre premier slogan… «Chaque enfant que l’on enseigne est un homme que l’on gagne… Pas d’Enseignant, pas d’Homme… Et pas d’Homme, pas de Nation.»

FEMME : Quant à l’artiste…

1er HOMME : De par sa sensibilité, l’artiste nous permet une élévation intérieure sans laquelle aucune oeuvre durable ne peut être entreprise. La peinture des tableaux développant devient une nécessité vitale pour notre survie et notre développement. Parce que… Ces tableaux remplaceront les clichés aliénants dont nous avons parlé. Comme vous le savez, notre mental est plein d’images aliénantes…

FEMME : Par exemple…

1er HOMME : Le héros est toujours un étranger… De même que le brave, l’intelligent, le courageux, le gagnant, etc. L’artiste, de notre terroir, participera au remplacement de ces mythes.

HOMME : Vous minimisez l’éternel problème de programme.

1er HOMME : La tâche primordiale est la reconversion des mentalités. Ce que le penseur Mabika Kalanda a appelé « La remise en question, base de la décolonisation mentale. » Elle constitue la tâche primordiale. Nous lutterons pour que l’Enseignement soit accepté par tout le monde. Du haut en bas de l’échelle sociale.

2°HOMME : Quel programme allons-nous suivre ?

1er HOMME : J’associerai de nombreux spécialistes de l’Éducation Nationale de ce pays. Oui, ils existent. Ils sont disponibles. Mais ils sont mal utilisés, mal payés, ridiculisés, rabaissés, traînés dans la boue… La révolution spirituelle à laquelle nous invite monsieur le directeur – que je ne cesse de remercier – libérera le pédagogue, le psychologue, le sociologue et l’Enseignant du carcan dans lequel l’opinion publique les a injustement enfuis pendant toutes ces années de folie. Il s’agit autant de libérer l’Enseignant que de sauver tout un Peuple. Si nous ne le réalisons pas aujourd’hui… Demain toute la collectivité nationale… Tout le pays basculera dans un marasme socio-économique indescriptible… Imaginez un seul instant notre pays … Dans quelques années… Sans une main d’œuvre qualifiée faute d’Enseignant du primaire… Une population non éduquée, non instruite, indisciplinée et impolie… Quelle image notre Nation présentera-t-elle au monde? Dites, la vie ne sera-t-elle pas transformée en un enfer terrestre (silence prolongé ?)

DIRECTEUR : Mesdames, messieurs… Je vous remercie de votre participation active. J’ai largement profité de votre présence pour vous pousser à la réflexion et à la prise de cette importante décision… La rénovation de l’école appuyée par la diffusion de l’Art de notre Identité… Oui, les quatre agents de notre plan seront largement appuyés dès la sortie de ce bureau. Primo, l’Enfant. Il réoccupera la priorité absolue. En effet, dans la pensée politique et sociale de l’Afrique de nos ancêtres – pour ne pas dire de l’Afrique traditionnelle – l’Enfant était préservé, entre autre, pour la continuité de la lignée. Aujourd’hui, nous nous permettons de le chasser des toits paternels sous des prétextes fallacieux. Nous constituons là une poudrière qui éclatera demain si nous n’y prenions garde. Sans réflexion, nous nous trouvons des excuses diaboliques, le mot est à sa place, pour ne pas soutenir l’Éducation et l’Instruction spiritualisées pour la survie de tout un peuple… Secundo, la Femme, la gardienne de la flamme de l’ardente aspiration sacrée vers la Lumière. Elle n’avait jamais été reléguée totalement aux tâches inférieures. Elle n’avait jamais été traînée dans la boue. Elle avait toujours été appelée Mukalenga Mukaji, avec tout ce que cela comporte de joie, de bénédiction et d’harmonie… Aidons-la à retrouver sa place et toute la société se relèvera… Tertio, l’Ecole. Elle remplace l’initiation africaine à la vie d’heureuse mémoire… Accordons à l’Ecole tout notre appui, toute notre attention, toutes nos énergies, comme du temps de nos ancêtres, comme à Nsanga a Lubangu… J’appuie l’idée de recréer l’école normale avec tous ses attributs… Quarto, l’Artiste de notre terroir, s’il est soutenu par toute la collectivité, enrichira notre mental, notre imaginaire collectif… Il nous permettra de revivre les époques glorieuses de l’Afrique de nos Ancêtres pour nous aider à maîtriser le présent et à prévoir l’avenir. La mémoire collective, ainsi retrouvée, revitalisée, recréée… Nous aidera à récupérer notre créativité… L’Artiste nous aidera à effectuer un véritable bond en avant… Plus haut… Vers l’Excellence, la Droiture, la Beauté, la Bonté, la Vérité et la Vie… Je vous invite à propager ces idées autour de vous, et à commencer effectivement à soutenir l’Enseignant et l’Ecole… Bonne journée… Je vous remercie. Et n’oubliez pas de propager notre premier slogan « Chaque enfant que l’on enseigne est un homme que l’on gagne. Pas d’enseignant, pas d’homme. Et pas d’homme, pas de nation. »

 

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