ACTUALITE

Entrée des forces russes en Ukraine : vers une nouvelle configuration du monde et risque d’un conflit majeur

Sans surprise, les forces sont passées à l’offensive en Ukraine. Elles sont deux pieds dans les territoires séparatistes ukrainiens, Donetsk et Lougansk, que le président russe Vladimir Poutine a d’ailleurs récemment reconnus comme républiques. Mais le maître du Kremlin ne compte pas s’arrêter là. Il vise toute l’Ukraine.

La Russie dit revendiquer ses frontières d’avant et pendant la guerre froide. L’Otan, qui pensait se rapprocher un peu plus de la Russie, voit sa scénographie échouée. C’est plutôt la Russie qui déclenche l’agrainage de la guerre. Poutine a mis en garde contre toute intervention militaire étrangère en faveur de l’Ukraine, un message sans ambigüité diffusé à la télévision nationale russe, qui semble bien capté par les Occidentaux.
 
Effectivement, sur les théâtres des opérations, l’Ukraine, dont l’arsenal militaire est de très loin inférieur à celui de sa cousine russe, semble bien abandonnée à son triste sort. Reste à savoir si le salut lui viendra des États-Unis ou de l’Europe, qui misent plus sur les sanctions économiques que  l’option militaire.

On s’aperçoit que Poutine a aussi bien joué avec le calendrier, sachant que la présidentielle en France c’est pour bientôt. Et côté américain, Joe Biden semble se concentrer à la fois la reprise économique, à l’endiguement de la Chine, voire à son prochain mandat. Du coup, le boulevard reste assez ouvert pour rouler à vitesse grand V sans s’inquiéter de la présence des gendarmes du monde.  
 
Tout porte à croire que cette offensive militaire russe, savamment et patiemment pensée, ne va pas s’arrêter à l’intérieur des frontières des régions séparatistes, l’armée russe a des envies bien prononcées. L’aventure russe se poursuivra jusqu’à Kiev, capitale de l’Ukraine, et dans le reste de ce pays qui a vu le jour à la suite de l’implosion, vers la fin des années 80, de l’empire russe. On n’est pas loin en tout cas du fameux triumvirat «Roosevelt-Staline-Churchill » dont les négociations avaient carrément redessiné la carte de l’Europe.
L’Ukraine, pays stratégique pour l’OTAN dans la surveillance de la Russie, est en train de basculer entre les mains de Moscou, et dans l’hypothèse d’un basculement total, c’est la peur qui aura changé de camp, car la Russie ne serait plus loin des portes de l’Europe.
 
-D’autres revendications territoriales-
 
Mais la volonté de recouvrement des territoires n’habite pas seulement la Russie. Un peu plus loin du côté de l’Asie pacifique, la Chine, un autre géant du monde, n’a cessé de caresser le rêve de reprendre Taiwan dans son giron. La question est toujours sur la table des dirigeants chinois, même s’ils sont quelque peu partagés entre l’option militaire et la réunification pacifique. A cela s’ajoutent les revendications territoriales en mer de Chine méridionale entre le Chine et ses voisions.
 
Toujours dans cette partie de la planète, la Chine et son ancien ennemi japonais se déchirent au sujet de la paternité des iles Daioyu (Pour les Chinois) et Senkaku (pour les Japonais). Juste à côté, le conflit dormant entre les frères coréens reste toujours à craindre.
Bref, la cartographie géopolitique telle que décrite, laisse penser que le monde n’est pas à l’abri d’un autre conflit majeur après celui de 1940-1945.
 
Si l’histoire pouvait encore se répéter, on risque de se servir de l’Afrique comme pourvoyeuse des matières stratégiques et des ressources humaines militaires. Au continent de refuser ce rôle.
 
Par Cyprien Kapuku, journaliste et analyste des questions internationales

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Site développé & hebergé par Justin Tshims

CONTACTEZ-NOUS !

Editeur-Responsable : William Albert Kalengay
Bureau : Avenue Isiro, n°28, Kinshasa-Gombe, RDC
Ref.: Ancienne ambassade de Belqique
Tél. : +243998110441
E-mail : geopolismag@yahoo.fr

Copyright © 2016 Geopolis Magazine

To Top