Politique

État de siège en Ituri : Le rouleau compresseur en marche

L’état de siège décrété récemment par la Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans les provinces de l’Ituri et Nord-Kivu bien que salutaire à tout point de vue, fait couler beaucoup d’encre et de salive dans les états-majors politiques en République Démocratique du Congo (RDC). Ce que l’opinion ne sait pas, tout était presque prêt dans les camps des ennemis de la République de déclencher, à partir de cette province, une insécurité généralisée qui allait déstabiliser l’ensemble du pays. Des hommes, des armes et des filières mafieuses avaient prévu de déclencher cette énième guerre.

En effet, il existait dans cette province une forme d’attente mutuelle ou d’alliance des forces entre les différents groupes armés pour massacrer les paisibles citoyens, les chasser de leurs lieux d’habitation et champs afin de piller non seulement les ressources naturelles, l’or et le bois, mais aussi leur récolte, principalement le café, avec des bases arrières dans certains pays limitrophes. A cela s’ajoute le faux prétexte des rebelles ougandais d’ADF qui, au fil des années, sont devenus des mercenaires. Aux côtés de ces seigneurs de guerre, il y a aussi la problématique de la jeunesse désœuvrée. Les jeunes sont les cibles de nombreuses forces négatives qui pullulent à l’Est du pays faute d’emplois. Les groupes armés recrutent régulièrement les jeunes dont certains en âge de scolarité et d’autres, sans emplois, pour leur salle besogne. Ils le font travailler, certains dans les mines artisanales pour s’autofinancer en armes et d’autres, enrôlés de force. Avec ce tableau ainsi peint, la province de l’Ituri n’était pas loin aussi du retour en force des vieux démons tribaux dont le fameux conflit foncier interethnique de triste mémoire entre les Hema et Lendu qui avait causé morts, déplacement des populations et désolations dans de nombreuses familles. Un chaudron prêt exploser comme une bombe. Voilà ce qu’était l’Ituri avant l’arrivée de la gouvernance militaire.

En nommant le Lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, Gouverneur militaire de la province de l’Ituri, le Président Félix Tshisekedi a sifflé la fin de la récréation dans ce coin de la République. Avec une armée bien organisée, l’apport des services d’intelligence et une analyse pointue de la situation sur terrain, l’heureux promis a mis en place une stratégie de guerre qui a permis aujourd’hui de mettre en place un véritable rouleau compresseur avec comme objectif final, l’écrasement total de l’ennemi, le retour des populations dans leurs lieux d’habitation et des activités champêtres.

Le Lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, selon toute vraisemblance, a pris le temps de comprendre comment fonctionnaient ces groupes armés et de quelle manière, ils génèrent leurs revenus, leurs sources de financement, avec quels réseaux fonctionnent-ils, les complicités internes avec certaines autorités centrales, provinciales et locales.

La question de l’insécurité en Ituri est au bénéfice d’une multitude d’acteurs, entre autres des groupes armés mais aussi des filières économiques illégales qui existent à l’échelle régionale. Il y a aussi certaines autorités locales, y compris certains officiers de l’Armée et de la Police qui beneficiairaient de ces circuits illégaux. C’est tout cela qui fait partie du problème au point que beaucoup de gens qui arrivent à tirer leur épingle du jeu, ne peuvent pas accepter que les choses vont changer.

Il a fallu du temps pour démêler le vrai du faux, de l’essentiel de l’accessoire grâce à l’état de siège et c’est ainsi que l’autorité de l’État en croissant retour, les moyens d’agir efficacement ont été rassemblés entre les mains de l’autorité. C’est ainsi que les troupes sont aujourd’hui déployées.

Selon les informations recueillies sur place par des sources concordantes, les armes sont mises à disposition des Forces Armées pour l’effort principal qui va certainement devenir un vrai rouleau compresseur.

Le Gouverneur militaire qui est très avare des déclarations, est prêt à donner le coup de grâce à tous les bandits qui écument cette jeune province aux atouts multiples et qui empêchent son décollage socioéconomique.

A côté de l’effort principal qui est l’éradication des ADF, il y a la sécurisation des sites miniers qui sont envahis par ces bandits de toutes sortes, devenant ainsi de manière permanente le frein à l’exploitation minière industrielle ou légale.

Carte postale de la province de l’Ituri

L’Ituri est l’une des 26 provinces de la République Démocratique du Congo (RDC) issue du dernier démembrement administratif. En effet, l’Ituri est depuis 2015 une province à la suite de l’éclatement de la Province orientale. Elle a comme chef-lieu Bunia, dans le territoire d’Irumu.

Avec une superficie de 65 658 km2 et une population estimée à 4 241 236 habitants (2006), l’Ituri est située sur le versant occidental du Lac Albert. Elle possède des frontières avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. Aru (6 740 km2), Djugu (8 184 km2), Irumu (8 730 km2), Mahagi (5 221 km2) et Mambasa (36 783 km2) sont les cinq territoires administratifs qui composent cette région de haut plateau (800-2000 mètres) qui possède une grande forêt tropicale mais aussi des paysages magnifiques de savane.

L’Ituri possède également une faune rare (Okapi…). Pour ce qui est de la flore, on y trouve des arbres Mangungu, avec les feuilles desquels les pygmées Mbuti construisent leur maison. Sur le plan minier, la province de l’Ituri est riche en or, en pétrole (récente découverte) et en bois rares.

Depuis 1999, la province est en proie à un conflit interethnique qui a fait plus de 50 000 morts et 500 000 déplacés. Parmi les organisations rebelles étrangers, on cite le groupe terroriste ougandais de ADF. Parmi les forces négatives, il y a principalement la CODECO. Cette liste n’est pas exhaustive.

Dans un passé récent, l’Ituri a été le cadre de l’opération militaire d’interposition de l’Union européenne (UE), menée dans le cadre de la PESD, baptisée « Opération Artémis », de juin à septembre 2003 qui avait ramené tant soi peu la paix dans la région, avant le déclenchement du conflit interethnique de triste mémoire entre les Hema et Lendu et l’envahissement de son territoire par des ” groupes rebelles nationaux et étrangers ”.

Des toutes les solutions proposées pour ramener la paix dans cette région (Dialogue communautaire, couvre-feu, rappel ou convocation du Gouverneur dans la capitale, politique de bon voisinage, dialogue entre les pays de la région, diplomatie, négociation, renforcement de l’Armée et de la Police, remplacements des officiers, nomination de nouvelles autorités civiles, création des Régions militaires, etc), force est de constater qu’on a jamais essayé la solution de l’état de siège qui porte aujourd’hui des fruits escomptés. A la tête et au commandement de cette province, il y a un homme, un militaire de haut rang, expérimenté, professionnel, patriote et stratège, le Lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama. Qui est-il au juste ? D’où vient-il ?

A propos du Gouverneur militaire

A titre de rappel, le Lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama était, avant d’être nommé Gouverneur militaire de la province de l’Ituri par le Commandant Suprême des Forces Armées (FARDC) et de la Police Nationale Congolaise (PNC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Commandant de la 1ère Zone de Défense des FARDC, Chef d’état-major de la 13è Région militaire de l’ex Equateur. Il est actuellement et depuis sa nomination par ordonnance présidentielle promulguée le 04 mai 2021 (Ndlr: 2 mois et 10 jours déjà), après le décret sur l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, Gouverneur de la province de l’Ituri. Depuis son avènement, un vent nouveau sécuritaire souffle dans cette partie de la République. Conséquences, baisse des tueries, chasse à l’homme contre les coupeurs des routes, reprise du trafic routier sur plusieurs routes de desserte agricole, reprise également des activités champêtres et des activités économiques. Ce n’est pas tout !

Bilan deux mois après

Depuis sa nomination, le Gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johny Nkashama, ne dort pas sur ses lauriers. Le nouvel homme fort de l’Ituri a effectué sa première visite, le jeudi 13 mai 2021, à l’intérieur de la province, à Iga-Barrière à 25 kilomètres au nord de Bunia, dans le territoire de Djugu. Arrivé sur place, le Lieutenant-général avait ordonné la repise du trafic sur la route Bunia-Mahahi. Cette mission avait pour objectif, de « s’imprégner de la situation sécuritaire » sur le tronçon Bunia-Mahagi, sur la route nationale numéro 27, où des miliciens de la CODECO étaient très actifs. La descente sur terrain de l’autorité provinciale est intervenue quelques jours après la conquête de plus de quinze (15) localités par les unités commandos des Forces armées de la RDC. Ces localités étaient jadis occupées par les miliciens de la CODECO. Profitant de l’occasion ainsi offerte, le Général Johny Nkashama avait ordonné à cette occasion, le passage de tous les véhicules qui étaient bloqués depuis une semaine sur le tronçon Jina, Iga-Barriere, Nizi, Fataki et Lopa l’axe Linji-Iga Barriere à cause des opérations militaires dans la région. Plus de cinquante (50) véhicules transportant des marchandises étaient bloqués à Lopa dans le territoire de Djugu.

La société civile ainsi que les transporteurs ont salué cette décision de l’autorité provinciale, tout en plaidant pour la réhabilitation de la RN27, une route d’intérêt national, conséquences des pluies diluviennes. Cette situation expose malheureusement les usagers de cette route aux exactions des groupes armés qui sont disséminés dans la région après l’offensive des FARDC. Des doléances qui ne sont pas tombées dans les oreilles des sourds.

Dieudonné Buanali

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