Economie

Fête de la Musique 2022 : Jean Romain Malwengo « Si l’État pouvait créer des industries musicales, la musique contribuerait à la mobilisation des recettes de l’État »

Hier mardi 21 juin 2022, la musique a régné dans plusieurs pays du monde. A Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, quelques activités ont été organisées pour célébrer cette date du 21 juin dédiée à la fête de la musique. A cette occasion, notre rédaction s’est rendue à l’Institut National des Arts (INA) où nous avons rencontré le chef de section musique, Jean Romain Malwengo, de cette école modèle des Arts en Afrique Centrale. D’après lui, la musique mérite d’être valorisée car elle peut jouer un rôle majeur dans la mobilisation des recettes de l’Etat. Veuillez lire dans les lignes qui suivent l’intégralité de l’intégralité.

GH/ La fête de la musique qui a été créée en 1982 par Jack Lang, est célébrée tout le 21 juin de chaque année. Et aujourd’hui c’est sa 40ème édition. Que représente cette journée pour vous en tant qu’enseignant de musique ?

Jean Romain Malwengo (JRM)/ Je suis heureux que vous puissiez donner avec précision la quintessence de cette journée car la plupart pensent qu’aujourd’hui c’est la journée internationale de la musique. La journée internationale de la musique c’est le 1er octobre, décrétée par l’UNESCO. C’est pour se démarquer de cette journée du 1er octobre que Jack Lang, l’ancien ministre français de la culture, a institué en France la fête de la musique, et puis le monde l’a finalement adoptée. La différence entre les deux journées, c’est que la fête de la musique est très globalisante. Elle prend en compte tout ceux qui font de la musique, aussi bien les amateurs que les professionnels alors que la journée internationale de la musique est justement dédiée aux professionnels de la musique. Par exemple, ici en Afrique notamment dans notre pays, la musique occupe une place motrice dans toutes nos activités. J’aime bien dire à mes étudiants que la musique est une activité qui nous accompagne dans toutes les étapes de la vie, de la naissance jusqu’à la mort.

GH/ Aujourd’hui, cette journée rencontre l’assentiment de plusieurs personnes à travers le monde. Pensez-vous que cette journée est célébrée en RDC comme il se doit ?

JRM/ Je ne pense pas car peu de personnes en RDC le savent. A part peut-être nous les scientifiques de l’Institut National des Arts qui savons que c’est la fête de la musique. Je ne sais pas s’il y a une structure étatique ou privée qui a pensé à organiser des manifestations de divertissement à caractères musicaux pour fêter cette journée du 21 juin.

GH/ Pensez-vous que cette fête doit être mise en exergue ?

JRM/ Il le faut parce que je l’ai dit que la musique occupe une place motrice dans nos activités. Vous pouvez remarquer que personne n’est insensible à la musique. Si notre État pouvait prendre en compte la musique en créant par exemple des structures liées à l’industrialisation de la musique, la création des infrastructures musicales alors, la musique contribuerait énormément à engranger les caisses de l’État et à l’économie de notre pays plus que même le diamant.

GH/ La musique devrait être valorisée mais nous avons l’impression que cela n’est pas le cas dans notre pays. Alors, que faut-il faire concrètement au delà de la valorisation? Est-ce qu’au niveau de l’enseignement et du gouvernement faut-il y ait plus de sensibilisation pour que l’État arrive aujourd’hui à s’approprier de ce facteur pour qu’il arrive à contribuer dans les caisses de l’État ?

JRM/ Je pense que c’est par mépris ou par ignorance que l’État n’arrive pas à le faire. Aujourd’hui, sur le plan culturel en général, pouvons-nous parler d’une politique culturelle dans notre pays ? Est-ce que la musique est considérée comme un métier à part entière quant à son organisation ? Par exemple en journalisme, il y a une structure qui organise la pratique de ce métier dans notre pays mais cela n’est pas le cas avec les musiciens car c’est une activité laissée à la merci de tout le monde. On ne dit pas que tous les musiciens devraient venir à l’INA. A l’INA, nous recevons ceux qui ont du talent et qui veulent acquérir des techniques. C’est à l’Etat de prendre ses responsabilités.

GH/ Vous avez parlé de la musique amateur et la musique professionnel. Dans notre société, peut-on établir cette distinction entre ces deux types de musique ?

JRM/ C’est très difficile, mais si on doit compter les musiciens qui se disent professionnels c’est du bout des doigts. Un professionnel est celui qui vit de la musique et qui en a fait son gagne-pain. Alors qu’un amateur fait de la musique, comme un ingrédient de loisir pendant ses heures libres. Il peut jouer un instrument mais cela ne fait pas de lui un professionnel.

GH/ Il existe plusieurs styles musicaux, par exemple la rumba qui est inscrite aujourd’hui dans le patrimoine immatériel de l’UNESCO. Est-ce qu’aujourd’hui peut-on considérer que la rumba bien qu’elle soit inscrite dans le patrimoine matériel de l’Unesco laisse la place à la musique urbaine, l’afrobeat qui, gagne du terrain à ce jour ?

JRM/ C’est justement grâce à nos efforts. Je fais partie de la commission Rumba. Les cogitations sont partis d’ici. En tant qu’expert dans le domaine, je dirai qu’au lieu de style, il faudrait parler des formes de musique. La Rumba est une forme de musique. Le style est la manière, la particularité d’un artiste. On sait reconnaître un artiste par son style. La Rumba est la forme la plus particulière qui est l’identité des congolais. Elle est le miroir de la musique congolaise. Le fait qu’elle soit inscrite dans le patrimoine de l’humanité signifie qu’elle ne nous appartient plus exclusivement. Elle appartient à tout le monde. C’est à nous congolais, de capitaliser l’inscription de la rumba au patrimoine mondial. Une réunion sera tenue par la commission de la Rumba. Le représentant de l’UNESCO nous recevra pour parler de l’après inscription de la Rumba. Que va-t-il se passer ? C’est à l’État de le capitaliser . Pourquoi ne pas parler d’un festival Rumba ici en RDC pour le capitaliser.

GH/ S’il fallait célébrer la fête de musique ici à Kinshasa, quelle forme de musique devrions-nous célébrer en cette journée ?

JRM/ Toute la musique congolaise dans sa diversité. Nous avons tout un tas de musique. La musique traditionnelle, la musique folklorique, la musique religieuse, la musique urbaine…. C’est la fête de la musique dans toute sa diversité

Propos recueillis par Djodjo Mulamba et Damany Mujinga

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