Economie

Finances Publiques : Quid du bilan des réformes à l’ère du Coronavirus ?

La République Démocratique du Congo a connu une récession en 2020. Avec une croissance négative, le pays a fait face à une performance économique sombre qu’elle n’a plus connu depuis 2001. Ceci est dû à la pandémie de Coronavirus. La pandémie qui sévit encore en RDC et dans plusieurs pays a eu un impact négatif double. D’une part, elle a induit une restriction des activités économiques, avec comme conséquence, une diminution des flux fiscaux. D’autre part, elle a occasionné une vague des dépenses initialement non prévues. Ainsi, dans un tel contexte, plusieurs spécialistes préconisent une mise en place des réformes. Mais les finances publiques congolaises ont déjà fait l’objet d’autres réformes. Il convient d’évaluer l’impact de la pandémie sur les réformes qui étaient en cours. Pour savoir où on en est aujourd’hui, Géopolis Hebdo a tendu la perche à plusieurs experts, œuvrant dans le secteur des finances publiques. Ayant requis l’anonymat, l’expert qui a répondu à Géopolis Hebdo a estimé que l’évaluation est relativement facile à faire, étant donné que la mise en œuvre des réformes est sous-tendue par une feuille de route. Cependant, souligne-t-il, “il convient de noter que la survenance de cette épidémie au congo comme ailleurs dans la planète a obligé les pouvoirs publics à déroger aux principes classiques de gestion et ce au profit des mesures pratiques, pragmatiques et adaptées aux effets multiformes induits par la pandémie. Ce qui a eu pour effet la décélération ou la mise en veilleuse de plusieurs réformes majeures. C’est le cas de la RDC”.

Le fait pour la République Démocratique du Congo de connaître une récession alors que les réformes étaient censées rendre plus efficace la gestion signifie-t-il aussi l’échec desdites réformes ? Selon notre expert, il n’est nullement question de parler d’échec “dans la mesure où cette récession n’est pas liée à une quelconque contre-performance des politiques mises en œuvre par le gouvernement congolais. Mais elle est plutôt la résultante d’un choc exogène d’une ampleur inédite due à la parution de la maladie à coronavirus. Les différentes mesures de restrictions prises par les différents Etats ont abouti à un ralentissement de l’économie mondiale du fait de la globalisation et de la mondialisation. Pour votre gouverne je voudrais indiquer que la RDC a connu des taux croissance négatifs respectivement en mars 2020 -2,4% et en juin 2020 -1,7%, mais globalement l’exercice 2020 s’est clôturé avec un taux de 0,8% contre une croissance de -1,8 % qui était prévue fin 2020”.

A ce jour, il plus qu’évident que les pouvoirs publics se doivent de doubler d’ingéniosité afin d’agir sur le levier des recettes publiques. Mais, quid de la réforme qui visait la réunification de toutes les régies dans le but de maximiser les recettes ? A en croire notre expert, “la création d’une autorité unique de revenu constitue une option envisagée dans plusieurs études menées notamment par le FMI et une voie préconisée à l’issue du forum national sur la reforme fiscale organisée en 2018 à Kinshasa”. Et de poursuivre, “Il convient cependant de relever que les constats établis au niveau technique sont nécessaires pour justifier une telle réforme, mais, ils ne sont pas suffisant pour déclencher les changements souhaités dans ce secteur. Ainsi deux déterminants sont essentiels à la réussite de cette fusion à savoir : l’adhésion des régies financières sujettes aux reformes et l’appropriation politique de la reforme par les décideurs.

La rétivité et la résistance des administrations fiscales à cette fusion est une réalité que nuls congolais avertis n’ignorent. Cette réticence constitue pourtant une sérieuse hypothèque qui gêne la réalisation de cette reforme”.

Mais, pour plusieurs spécialistes, les suggestions avancées pour rénover et unifier les régies n’ont jamais dépassé le stade de vœux, de bonne volonté. C’est aussi le point de vue de notre interlocuteur. Selon lui, “la faiblesse de l’implication et du portage politique constitue une hypothèque d’importance supérieure dont la levée permettra de booster cette reforme capitale pour notre système fiscal. Pour l’instance la volonté politique dans ce domaine ne relève que des postures rhétoriques car aucun plan opérationnel n’existe à ce jour”.

Mais, tout de même, reconnaît l’expert, la République Démocratique du Congo a enregistré déjà des avancées, même si la mise en place de la chaîne de dépenses n’est pas encore effective. Néanmoins, ajoute-t-il, “le lancement du logiciel ‘‘ISYS-REGIES’’ en octobre 2020 par le Ministre des finances dans le cadre de l’interfaçage des régies financières est une étape importante de la construction de cette chaine de recette. Isys-régie automatise la procédure de perception des recettes issues des règlements des dettes envers l’Etat et elle apporte aux services du Ministère des Finances des informations fiables et en temps réel sur la trésorerie de l’Etat. Ce logiciel renforce la transparence financière de l’Etat et permet de tenir un registre électronique de tous les paiements effectués au titre d’impôts, taxes, droits et redevances”.

Patrick Ilunga

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