Economie

Fruit du partenariat entre l’État congolais et DP World : Le port en eaux profondes de Banana va booster l’économie du Kongo – Central

Mieux vaut tard que jamais ‘’, dit-on. Annoncé avec pompe par les autorités congolaises depuis 2017, le premier coup de pioche des travaux de construction du port en eaux profondes de Banana – port de la République Démocratique du Congo situé à l’embouchure du fleuve Congo avec l’océan Atlantique, dans la province du Kongo Central – interviendra, sauf imprévu, en janvier 2022. En effet, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé, le samedi 11 décembre dernier, à la cité de l’union Africaine, la signature du contrat de concession pour la construction du port en eaux profondes de Banana entre l’Etat congolais et le groupe DP World, entreprise des émirats Arabes Unis spécialisée dans la construction et la gestion des ports. Il s’agit de l’avenant du contrat signé en 2017 entre les deux parties. La construction de ce port aura impact positif sans précédent dans l’économie Congolaise notamment la création d’une zone industrielle autour du port qui permettra à la main d’œuvre Congolaise de se connecter à la dynamique de cette construction pour l’émergence d’une classe moyenne. Plusieurs autres activités connexes qui y seront créées, solliciteront l’expertise locale à cet effet. Les congolais sont appelés à s’organiser pour mieux répondre à cette demande qui est déjà en gestation.

Les sous-traitants Congolais et l’industrie locale du ciment appelés à s’organiser davantage

Des services tels que la restauration des ouvriers, ingénieurs, chauffeurs, coiffeurs et j’en passe, feront en sorte que chacun puisse y trouver son compte pourvu que les travaux avancent dans le détail. Cette demande qui sera permanente pendant la durée des travaux est estimée à des millions de dollars américains. C’est dans ce cadre qu’il est demandé aux entrepreneurs congolais de s’accommoder à la Loi n° 17/001 du 08 février 2017 fixant les règles applicables à la sous-traitance dans le secteur privé en vigueur pour mieux capitaliser cette aubaine, car une bonne exploitation de la dite Loi absorberait le chômage de plus en plus galopant des jeunes.Cependant, une bonne politique fiscale dans le secteur du ciment permettrait à l’industrie locale contrôlée à l’Ouest du pays par PPC Barnet Group, Cimko, CILU, CINAT (En arrêt de production) et autres en construction
de mieux répondre à cette demande déjà en cours relative à la construction dudit port. Ceci aura un incident positif au niveau de la production nationale. Rappelons que l’augmentation de la production du ciment aura de l’impact aussi bien sur l’emploi que sur le revenu moyen des congolais et l’État tirera sa part à travers la fiscalité. Puisse que l’emploi engendre le revenu et celui-ci créé l’épargne, et l’épargne à son tour génère l’investissement, ce circuit économique permettra à l’économie Congolaise de renaître.

Selon les statistiques officielles, la production globale du ciment en RDC est de 3 millions de tonnes l’an mais seulement 1,2 millions de tonnes sont consommées. L’excédent de 1,8 millions de tonnes va trouver les débouchés à travers les travaux du port de Banana. Ceci démontre que la consommation du ciment par habitant est de 25 kg, très inférieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne qui est de 90 kg. Par ailleurs, la RDC reste une région de consommation prometteuse compte tenu de son taux d’urbanisation relativement faible.

Banana, port, base et ville

Pour ceux qui ne le savent pas encore, le port de Banana est situé à Banana Creek, une entrée d’environ 1 km de large sur la rive Nord de l’embouchure du fleuve Congo, séparée de l’océan par une broche de terre de 3 km de long et de 100 à 400 m de large. Le port est situé sur le côté du ruisseau de la broche, qui l’abrite de l’océan. Il est à environ 8 km au Sud-est de Muanda à laquelle il est relié par une route pavée qui longe la côte. La ville héberge une raffinerie de la Société congolaise des Industries de raffinage, SOCIR en sigle (anciennement Société zaïro-italienne de raffinage, SOZIR en sigle). On y trouve également deux sociétés d’exploitation pétrolière dont Muanda International Oil Company (MIOC) en offshore et Perenco-REP en onshore.Banana est sans doute le plus ancien poste colonial du Congo, occupé par les Européens depuis le début du 19e siècle. Des ruines de cette première implantation peuvent encore être observées de l’autre côté de la baie, au Sud-est de l’actuelle Banana. Banana fut aussi la principale base navale belge du Congo jusqu’à l’indépendance en 1960.

Comment se présente le port de Banana à ce jour ?

Le port de Banana se compose d’un quai de 75 m et d’une profondeur de 5,18 m, avec deux petites grues pour la manutention des marchandises et quelques petites jetées. Le port possède un terminal pétrolier 4 km plus loin en amont, vers lequel les pétroliers déchargent lorsqu’ils sont au mouillage dans le ruisseau. Le terminal a un accès routier tout à fait séparé à l’Est de Muanda. Il n’y a pas d’installations majeures à Banana en dehors du port, car elles sont fournies par la ville beaucoup plus grande de Muanda, où se trouve l’aéroport le plus proche. Il n’y a pas de liaison ferroviaire.Il y existe également une base navale de la marine Congolaise qui est en partie entretenue avec l’aide de la Chine.

A retenir que, le port de Banana se trouve sur une bande de terre située à l’embouchure du fleuve Congo : à l’Ouest, l’océan Atlantique et ses plateformes pétrolières ; à l’Est, une grande baie abritée sépare le port actuel du lieu des anciens comptoirs coloniaux. En remontant le fleuve, on atteint Boma, sur la rive droite et Matadi sur la rive gauche ; au Nord, à une dizaine de kilomètres, la ville de Moanda ; au Sud, l’embouchure du fleuve et la côte de l’Angola à une vingtaine de kilomètres. Face à Banana se trouve le port de Soyo.

Dieudonné Buanali

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