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HARO SUR LE « PACIFISME » VIOLENT : Martin Luther King s’invite au débat politique en RDC

Martin Luther King

Martin Luther King

Des morts de trop, des morts qui pouvaient être évitées, des vies soufflées par un tourbillon de violence dans un pays où tout le monde se réclame de la non-violence. Tout le monde est pacifiste, ne reconnait politiquement que les armes de la non-violence, et pourtant des simples expressions faciales aux prescrits historiques on retrouve des actes d’une rare brutalité où le désir de protester n’a d’égal que celui de détruire les objets et les vies exposés à cette furie. Pendant deux jours alors que cela avait été déjà prévenu, notre édition n °529 intitulé Andre Kimbuta prend acte, nous avions prévenus sur le risque de débordement et l’éventualité des provocations par des foules venues de partout , des foules qui n’attendaient qu’une occasion pour se faufiler au sein des fissures identitaires et d’en faire de crevasse de douleurs, des larmes dans des familles subitement privées des membres de leur familles. Rien ne pouvait justifier que le triomphe d’une idée somme toute relative passe par la mort des personnes surtout celles des policiers et des innocents qui se sont retrouvés au mauvais endroit, au mauvais moment. La politique qui est l’art de gouverner la cité n’est doit pas devenir une activité dangereuse, mortelle où les différences se règlent par des dettes de sang et des destructions de symboles de cette vision politique que l’on défend même. S’affronter en politique c’est confronter les idées majeures aux idées des autres et de les mesurer à l’aune de l’intérêt général. Comment le pays est-il tombé dans cette spirale de violence et n’apprend plus du passé ? Les moyens utilisés pour revendiquer dans un contexte d’un Etat fragile sont à la limite de l’insurrection s’ils usent de force physique et de violence.

Le pays a déjà connu ces épisodes en 1959, en 1960, 1969, 1979, 1989, 1990, 1992, 1996, en 1998, 2006, 2011, 2016… Ce sont des années où des congolais furent fauchés pour des raisons politiques. Ils pensaient sans doute changer le cours des évènements et donner un sens à ce combat pour lequel ils avaient l’impression de donner leur vie. La politique est certes un art noble, mais là où elle est exercée avec sagesse et bonne éthique elle ne peut jamais amener à des morts d’hommes. Là où il faut encore du sang pour que des personnes trouvent des raisons de vivre ensemble, on est en présence d’une société barbare qui n’a pas encore intégré les vertus de la civilisation.

Le Christ cet éminent guide a-t-il jamais conseillé la violence comme une réponse à la problématique de la vie ? Certainement non car plus on est élevée spirituellement plus on connait les lois de la création et plus on peut trouver un sens à toute chose et comprendre que tout ce qui vit à une place au sein de l’univers. Il n’y a aucune réalité qui a besoin de la mort d’une autre pour qu’elle vive elle. Là où on a une vision large on associe chaque réalité à son habitat et on ne se précipite pas dans un bus dont les places sont illimitées. Mais quand on est nombriliste, on croit que la réalité est au bout de son propre regard, que n’existe que ce qui est sous son champ visuel. Et tout ce que l’on ne voit pas soi-même n’existe dont pas. C’est ainsi que l’on fait marche arrière sans regarder au rétroviseur et en écrasant des enfants. On dit des choses dans les limites de son langage en croyant avoir épuisé tous les concepts du langage. C’est cette petitesse grandiloquente qui est à l’origine des grandes détresses et la société congolaise pouvait se passer de cette culture du sacrifice inutile.

Ce pacifisme déclaratoire est dangereux car il pervertit une philosophie de grande valeur qu’est la non-violence. Les différents partis démocratiques obtiennent le droit de manifester parce qu’ils ajoutent que ce sont des manifestations pacifiques, c’est-à-dire des mouvements non violents. Hélas ou sont les non violents au Congo ? Ou sont les pacifistes de ce pays ? Ou sont les non violents de ce pays ? Comment alors expliquer ce fleuve de sang ? Le temps est venu de revisiter les principes qui ont fondé la non-violence.

C’est le lieu pour nous de rappeler les six principes de la non-violence inspirés du grand Martin Luther KING

1. La non-violence active n’est pas une méthode destinée aux lâches. C’est une véritable résistance

On n’est pas obligé de se laisser faire du tort. Mais il ne faut pas non plus répondre par la violence. Le non violent montre sa force non pas en étant passif, non pas en ne réagissant pas mais en étant spirituellement actif pour convaincre l’adversaire qu’il est sur le mauvais chemin. Il ne s’agit pas donc pas d’une « non résistance au passive au mal, mais d’une résistance non violente active au mal. »

2. La résistance non violente ne vise pas à vaincre ou à humilier l’adversaire, mais à gagner son amitié et sa compréhension

Celui qui résiste par la non-violence peut très bien participer à des boycotts ou à des grèves mais il est conscient que ces actions ne sont pas des fins en soi, et qu’elles visent essentiellement à susciter de la honte chez l’adversaire pour son comportement. Le but recherché, c’est non pas l’humiliation de l’autre, qui génère violence et amertume, mais c’est toujours la réconciliation, la création de ce que King appelle une communauté bien aimés, une communauté régie par l’amour divin.

3. La lutte doit être dirigée contre les forces du mal plutôt que contre les personnes qui font mal

C’est pourquoi il ne s’agit pas de mettre l’accent sur les différences, mais sur les individus. Le problème qu’il faut gérer n’est pas un problème entre noirs et blancs, mais entre la justice et l’injustice, entre les forces de la lumière te les forces de ténèbres. Si jamais il doit y avoir une victoire, ce ne sera pas la victoire des noirs sur les blancs, mais de la lumière sur les ténèbres, de la justice sur l’injustice.

4. La non-violence active accepte de souffrir sans user des représailles. Elle accepte de recevoir des coups sans rendre la pareille

Des fleuves de sang pourront couler avant que nous ne gagnions notre liberté », disait Gandhi à ses compatriotes, « mais ce sera notre sang à nous ».Le résistant non violent est prêt à supporter la violence si c’est nécessaire, mais pas de s’en servir lui-même en guise de riposte. Il vaut mieux souffrir soi-même que d’infliger une souffrance aux autres. Nos adversaires auront plus de chance d’être touchés par notre souffrance que par quelque raisonnement si subtil soit-il.

5. La résistance non violente ne cherche pas seulement à éviter de se servir de la violence physique ou extérieure

Elle concerne aussi notre être intérieur. Elle consiste à refuser la haine et à vivre selon des principes fondés sur l’amour. Il faut briser le cercle vicieux de la haine et de la violence et retrouver la fraternité humaine. Celui qui me fait mal se fait d’abord mal à lui-même.

6. Le principe de la non-violence est fondé sur la conviction que l’univers est du coté de la justice

C’est une foi profonde en l’avenir basée sur l’idée selon laquelle Dieu est toujours pour la Vérité et la Justice. Dans sa lutte pour une plus grande justice, le non violent se sent continuellement accompagné par Dieu.

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