Politique

Investiture du Gouvernement : L’union sacrée de la nation décide de s’assumer

Il a fallu une dose supplémentaire d’écoute et de real politique aux uns et aux autres pour que le moment crucial que vit le peuple avec un gouvernement non investi et une détérioration des conditions de vie puisse susciter un sursaut de conscience en vue de ramener les députés au bon sentiment. Pour y parvenir, le premier ministre Sama Lukonde a dû accepter de recevoir les « révolutionnaires déçus », d’écouter leurs doléances qui étaient pour la plupart fondées, surtout que chaque réclamation partait du droit de chacun de s’attendre légitimement à être nommé membre du gouvernement. Tous pouvaient se dire qu’ils sont appelés, car ils ont agi en faveur de ce changement et ils se sont mobilisés pour rendre possible la nouvelle majorité. A ce titre ils devenaient des vrais partenaires du changement et de la gouvernance nouvelle.

Qu’ils soient déçus, cela est normal, mais qu’ils décident pour cela de bloquer l’investiture du gouvernement, cela dépassait le cadre de la déception et entrait dans le rôle de l’opposition.

La limite étant mince, le risque de basculement étant grand, le chef de l’Etat et son Premier Ministre ont pesé le pour et le contre en vue d’éviter cette fissure qui crevassait déjà le fonctionnement de l’Union Sacrée de la Nation. Ramener la vocation de la majorité à porter le changement, tel fut sans doute l’argument principal utilisé par le chef de l’Etat pour solliciter non seulement la compréhension des députés mais aussi leur ultime contribution en investissant leur propre gouvernement.

Ce qui est un gain en pratique politique, c’est le respect grandissant entre partenaires politiques. Félix Tshisekedi a inauguré une ère nouvelle où toute revendication légitime est examinée et portée sous le regard républicain. IL était important que le Premier Ministre montre l’exemple en acceptant les critiques faites sur la composition de son gouvernement, critiques inévitables dans un jeu d’arbitrages douloureux car chacun étant valable, le choix est un acte de responsabilité et de déchirement.

En les recevant il a dû leur dire tout cela, et il leur a donné les arguments pour qu’ils maintiennent leur mobilisation et leur vigilance. Ces moments sont importants et nécessitent que l’on y revienne car sans cela les députés pouvaient devenir l’objet de grande diabolisation dans l’opinion qui ne comprenait pas qu’ils puissent bloquer l’investiture à cause de l’absence de certains d’entre eux au gouvernement. Le dialogue entre hommes et femmes sensés est le gage d’une bonne entente en politique. En partant du principe que chaque revendication est fondée sur une perception légitime du combat de chacun, le président a développé un sens aigu de l’écoute et a permis ainsi la résorption des plusieurs crises juste grâce à des explications et à des vues larges partagées.

Le lundi le Premier Ministre va se présenter en homme d’Etat libre de son action politique devant les députés et il aura ainsi l’occasion de leur proposer les actions inspirées de sa grande technocratie mais aussi de sa sagesse politique manifestée, si pas enrichie davantage depuis ces périodes de consultation. Investir son gouvernement n’aura aucun moment de grâce, car il devra se déployer en mode urgence pour atteindre rapidement les lieux névralgiques qui saignent dans le corps social.

Adam Mwena Meji

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