Santé

Kinshasa : Covid 19 : Des cas suspects à Masina

La pandémie de Covid 19 est-elle en train de gagner les quartiers populaires ? Un cas inquiétant a été constaté à Masina, dans le quartier Mapela. Hormis les cas récurrents des fièvres et de la toux, nos reporters ont été témoins mercredi 27 janvier dernier, d’une personne atteinte d’une maladie qui présente les similitudes des symptômes du coronavirus : une dame d’une cinquantaine d’années développe des signes inquiétants d’un malade de Covid. Allongé devant la porte de sa maison, la dame avait l’air essoufflée, toussant à chaque minute. Probablement, la femme malade avait déjà un problème de respiration, vu son essoufflement.

A l’heure où les équipes de riposte contre cette maladie parlent d’une deuxième vague de la Covid qui serait plus forte que la première, l’image qui a frappé nos reporters c’est celle de la famille de la femme malade: nonchalante quant à une possible contamination, entourant la femme allongée, se mettant aux petits soins de la malade, sans observer, le moins du monde, les gestes barrières. Pas de masque, pas de gel désinfectant, pas de distance physique avec leur parent. A la place, ils se sont mis à acheter des produits dont personne ne sait s’ils avaient été prescrits par un médecin.

Visiblement, il s’est agi de l’automédication ou encore d’une posologie après des examens médicaux sommaires et non spécialisés. La famille de la femme malade s’est employée à acheter des médicaments contre la malaria et personnes, parmi l’équipe ( furtive) de reportage temoin discret de la scène, n’a osé parler de coronavirus. Ainsi, l’équipe de Géopolis, venue en réalité pour autre chose, a eu l’occasion de jeter un oeil furtif et d’observer la famille préoccupée par la maladie de l’une de leur. Sans aller chercher loin, les reporters ont su qu’ils étaient tombés sur un cas typique qui résume l’état d’esprit des Congolais en général face à la pandémie de Covid: pas grand monde croit réellement à l’existence de la maladie de coronavirus en RDC. La thèse d’une maladie des riches ou de l’étranger a fait son chemin, et cela, encore plus dans les quartiers populaires.

Pourtant, ce n’est pas faute de sensibilisation de la part des autorités du pays et de l’équipe de riposte. Selon les chiffres du comité multisectoriel de lutte contre cette pandémie, en moins de deux mois, la Covid a fait autant de victimes qu’elle avait fait en 8 mois, pendant la première vague. Aujourd’hui, le nombre des morts dus à cette maladie culmine autour de 660 personnes décédées alors qu’il y a juste quelques semaines, la RDC ne comptait qu’autour de 300 morts.

Au-delà de l’attitude de nonchalance que chaque Kinois peut constater autour de lui, on peut s’interroger quand-même sur la nature de la riposte que les autorités ont choisie pour stopper la maladie : il y a eu des mesures plus fortes qui ont été édictées par les autorités du pays lors de la première vague, contrairement aux mesures prises à la deuxième vague.

Pourtant la deuxième vague est censée être plus violente. La mesure de couvre-feu mise en place par le chef de l’État est elle-même interprétée par certains Kinois comme ayant des mobiles sécuritaires plutôt que sanitaires.

Pour beaucoup des Kinois, la riposte est d’autant plus enveloppée par des incohérences que la certitude de l’existence d’une maladie réellement dangereuse ici au Congo s’en trouve remise en cause. Là, justement réside le danger. Les gens se sont remis à se toucher, à se moquer des masques de protection et pendant ce temps la maladie s’installe.

Selon certains spécialistes des épidémies, depuis toujours, c’est quand une maladie refait surface, après un moment d’accalmie, que c’est plus dangereux, car la vigilance des gens est tombée.

L’histoire renseigne aussi que cela avait été le cas avec la grippe espagnole : la deuxième vague avait été plus meurtrière que la première.

Patrick Ilunga

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