Culture

La célébration de la 61ème Journée Mondiale du Théâtre : ce samedi 27 mars 2021 : « Là où le Théâtre va, Tout va ! »

C’est d’autant plus vrai que l’Art est le « fils ainé » de la Culture : la vision de vie de l’esprit d’un Peuple matérialisée par l’Art, les systèmes éducatifs-sportif…, les coutumes, la croyance en un Etre supérieur, etc. Tout au long de l’existence humaine, le théâtre s’est imposé à travers les âges, de par sa force intérieure, comme un lieu par excellence « de confrontation et de résistance », « un lieu de civilisation et de communication », « un formidable appel de force », etc. Car, le véritable théâtre, renferme les sept formes de l’Art (la littérature, la sculpture, l’architecture, la peinture, la musique, la danse et le cinéma). C’est la raison pour laquelle nous l’appelons « art vivant ». Vivant ! Parce c’est au théâtre (et nulle part ailleurs) que nous assistons à un double échange/transfert d’électrons spiritualisés ; primo, entre les acteurs sur scène ; secundo, entre les acteurs et le public, celui-ci ayant été préalablement initié. Par conséquent, le mot et sa puissance sont au coeur de cet Art, le plus éminent, l’Art de la parole, le drame, l’Art dramatique : le Théâtre !

Quel que soit le bout par lequel vous considérez cette affirmation !

« Le Petit Larousse » définit le mot « théâtre » de plusieurs manières. Pour le besoin de la cause, nous nous attardons sur trois différentes définitions sur les sept proposées : Théâtre, édifice destiné à la représentation de pièces, de spectacles dramatiques, le spectacle lui-même ; Théâtre, art de représenter devant un public une action dramatique, – faire du théâtre ; Théâtre, la littérature dramatique, l’ensemble des pièces d’un auteur, d’un pays ou d’une époque…

1.-Qu’il s’agisse du théâtre, édifice destiné à la représentation de pièces, de spectacles dramatiques, le spectacle lui-même. Si de tels édifices existent dans la Cité, c’est qu’ils y ont été construits, à cet effet ; et ce conformément à un plan architectural donné et suivant une politique culturelle insufflée par une autorité. En plus, s’ils y sont régulièrement entretenus, c’est qu’une activité culturelle y est exercée en faveur de la communauté. L’architecture utilisée, associée aux autres formes de l’art (sculpture, peinture…), constitue non seulement une indication sur les moyens mis en œuvre, mais un attachement à ce fils ainé de l’Art.

2.-Qu’il s’agisse du théâtre, art de représenter devant un public une action dramatique, – faire du théâtre. Ce fait suppose la complicité d’une « trilogie » : les acteurs formés ou non, la disponibilité des textes dramatiques écrits ou non et un public préalablement initié. Comme le répétait souvent le poète et dramaturge MUSANGI Ntemo Olivier (en mes mots) : « On ne se rend à une représentation théâtrale que si on y a été initiée, que si on vit dans un milieu dans lequel aller au théâtre est une habitude acquise de génération en génération. »

3.-Qu’il s’agisse du théâtre, la littérature dramatique, l’ensemble des pièces d’un auteur, d’un pays ou d’une époque. Avec des préalables tels que l’industrie du papier, les imprimeries, les librairies, la politique du livre, la gratuité de l’importation des intrants, la culture de la lecture, l’alphabétisation généralisée, les centres de recherches sur les langues de la Cité, etc.

Que remarquons-nous au Kongo ?

1.-Aucun édifice destiné à la représentation des pièces de théâtre digne de ce nom n’y existe, et encore moins n’y est entretenu. Les quelques salles, datant de l’époque coloniale, ont été soit détruites, soit vendues, soit spoliées, soit le plus souvent occupées par les Eglises, dites de « réveil », et depuis 2007 par les Assemblées provinciales.

Tenez ! Kinshasa, capitale de notre Pays, mégapole de plus de dix millions d’habitants, a assisté impuissante à la démolition de la salle de Cultrana ; et à la place un… stade y a été érigé. La salle Mongita se meurt chaque jour …d’abandon. De même que la salle dite du Zoo qui servait encore hier de lieu mortuaire… Et dire que la capitale du Kongo abrite un Institut Supérieur d’Architecture qui pourrait être mis à contribution pour nous doter de véritables édifices de théâtre, conçus par nous et érigés à partir de nos matériaux en suivant notre plan de vie… Les deux salles précitées seraient en voie de réhabilitation sous le financement de la Francophonie ?

En revanche, à Lubumbashi, la salle du cinquantenaire, inaugurée en 1956 par le Comité Spécial du Katanga (1900), CSK, à l’occasion de 50 ans de l’Union Minière du Haut Katanga (1906) et de la Société des Chemins de Fer du Bas-Congo au Katanga, BCK (1906) ! Salle municipale de 600 places ! Dotée d’une bonne acoustique ! Véritable salle de théâtre ! Avec des loges pour artistes sous le plateau ! Larges coulisses, etc. Nonobstant ces nombreux atouts, elle est tout simplement occupée… par l’Assemblée Provinciale du Katanga…

Depuis le 30 juin 1960, tout au long de 61 ans, aucun édifice pour le théâtre n’a été construit sur toute l’étendue de la République.

2.-Nombreuses sont les représentations théâtrales qui se donnent en dehors d’un cadre approprié. Elles y perdent beaucoup de leur saveur, de leur intensité, de leur force. L’impact y est certainement amoindri. L’habitude d’aller au théâtre, laborieusement acquise de génération en génération depuis l’époque coloniale, s’est perdue… A tel point que les acteurs s’époumonent, le plus souvent, devant des chaises vides. Le théâtre se meurt… Le public, du moins ceux qui font le déplacement dans ces espaces de fortune – la magie théâtrale ayant disparu – le public ne se retrouve plus dans la plupart des spectacles. Axés sur des sujets légers. Le public a donc raison de nous abandonner. Adulte, nous lui proposons du lait non riche…

3.-Les pièces de théâtre, elles, existent, ici et là, dans… des tiroirs. Elles ont, rarement l’occasion, de s’affronter au public, à un public préalablement initié, pour être achevées…

Cet auteur a-t-il raison de conclure que le Kongo n’aime pas les livres ? A quand l’implantation d’une industrie nationale du papier, nous qui détenons l’une de deux grandes forêts du monde ? Quelles instances financeront nos centres de recherches sur les langues nationales, et qui nous permettraient de rompre le fil invisible qui relie chacun de nous à l’Occident (MABIKA Kalanda) ?

Je persiste et signe, là où le théâtre va, tout va !

Car, le « théâtre », là où il est considéré et traité comme un objet d’art, il charrie toutes les sept formes de l’art, permet à la Cité de vivre intensément dans la mesure où la véritable vie est spirituelle… Un tel théâtre nourrit les racines de l’Art lequel nourrit à son tour les racines de la Culture d’un Peuple. Et le Peuple, dont l’esprit est ainsi éveillé, se met debout ! Equilibré ! Prêt à participer à la reconstruction et de son mental et du Kongo…

Mweena Ngenyi wa Kumvuila

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