Culture

La force d’aimer (4 avril 1968 – 4 avril 2021)

« Le Pasteur Martin Luther King, Jr., né le 15 janvier 1929 et assassiné le 4 avril 1968, sur le balcon du Motel Lorraine à Memphis aux Etats-Unis, a laissé une trace indélébile dans l’histoire du 20 ème siècle. Pendant plus de dix ans (1955-1968), il a incarné la lutte du peuple noir américain pour ses droits civiques. Tambour-major de la justice, il a réveillé la conscience assoupie de l’Amérique. Mais son rôle ne s’est pas limité aux frontières des Etats-Unis. King a travaillé à l’avènement d’une communauté mondiale, fondée sur la reconnaissance mutuelle et l’éradication de la guerre, de la pauvreté et du racisme. Prix Nobel de la paix de 1964, le Pasteur appartient désormais à toute l’humanité qui reconnait en lui un de ses incontestables prophètes. »

Il y a exactement 53 ans, à un jour près, un homme extraordinaire était assassiné aux Etats-Unis. Tué par balles. Encore une fois, un être humain a été utilisé par les ennemis de l’homme. Armé par les moins-hommes, pour briser l’espoir de toute une communauté. Qui a opté pour la non-violence en refusant sciemment de porter les armes. Un homme aux mains nues qui a remporté la victoire face aux policiers armés, aux chiens féroces dressés contre le Noir, aux emprisonnements, aux nombreuses menaces de mort, à une multitude d’intimidation… Stopper l’élan de libération spirituelle jalonnée de victoires : Montgomery en 1955, Albany en 1962, Birmingham en 1963, Selma en 1965, Chicago en 1966, Memphis en 1968…Sous-tendu principalement par l’utilisation optimale de l’Evangile de l’amour et de la justice. Assisté par une dynamique équipe. Pétri dans le profond enseignement du Nazaréen, l’arme novatrice de l’amour : «Aime Dieu par-dessus tout, aime ton prochain comme toi-même. » Enrichie par la méthode de non-violence de Mahatma Gandhi… Le Pasteur lui-même s’en explique humilité : « La résistance non violente constituait la technique du mouvement, tandis que l’amour lui servait d’idéal modérateur. En d’autres termes, le Christ fournissait l’esprit et la motivation, tandis que Gandhi fournissait la méthode. Grâce à la non-violence, le Noir pourra peut-être témoigner aux yeux du monde entier d’une espérance telle que ce sera un défi à la guerre et à la destruction (…) Le Noir est peut-être l’instrument par lequel Dieu s’adresse aux hommes de notre temps (…) Et la voix de Dieu nous avertit : « Ceux qui prendront l’épée périront par l’épée »

Mon premier contact avec la pensée de cet illustre orateur remonte à l’année 1965 par la lecture d’un livre sublime dont le titre vous retourne dans tous les sens : « La force d’aimer », Tournai, Casterman, 1964. Il aurait eu aujourd’hui 92 ans s’il n’était pas lâchement fauché ce soir-là. Nous aurions bénéficié de son immense talent, une grâce, durant quelques décennies encore ! C’est surtout à travers la lecture et de ses nombreux sermons et de ses nombreux livres que j’ai découvert l’un des hommes ayant profondément marqué le 20 ème siècle, Prix Nobel de la paix de 1964. Je pense à mon cher Pays et au Vaillant Peuple Kongolais auxquels je dédie ces belles images avec espoir qu’un disciple de Martin Luther King, Jr. se lèvera et nous aidera au travers de la non-violence à réussir la réconciliation.

« Le combat d’une vie :

Superbement doué au plan intellectuel, King aurait pu devenir professeur d’université. Orateur exceptionnel, ayant collectionné les prix d’éloquence dès son plus jeune âge. Il aurait pu faire carrière dans son Eglise baptiste.

Mais il y eut le 1er décembre 1955. Ce jour-là, sa vie a basculé. Que s’est-il donc passé en cette soirée d’hiver ? Nous sommes à Montgomery, dans l’Alabama, au cœur du Sud profond des Etats-Unis. Madame Rosa Parks, couturière de son état, rentre fatiguée de sa longue journée de travail. Dans l’autobus qui la ramène chez elle, elle refuse de céder sa place à un Blanc, alors qu’elle est assise dans la partie du bus réservée aux Noirs. Le contrôleur la fait arrêter pour infraction à la loi tacite du Sud qui veut qu’un Noir cède sa place à un Blanc si l’autobus est plein. Dès le lendemain, les Noirs de la ville se mobilisent et décident un boycott massif des autobus municipaux. Un jeune pasteur, nouveau venu de la ville, est placé à la tête du mouvement : il s’appelle Martin Luther King, Jr. » Le reste est connu.

Quelques extraits choisis :

Je fais un rêve  (Prononcé le 28 août 1963, lors de la Marche sur Washington, devant 250.000 personnes, ce discours demeure le texte le plus célèbre de Martin L.K.Jr.) :

« Je suis heureux de participer avec vous aujourd’hui à ce rassemblement qui restera dans l’Histoire comme la plus grande manifestation que notre pays ait connue en faveur de la liberté.
Il y a un siècle de cela, un grand Américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre Acte d’Emancipation. Cette Proclamation historique faisait, comme un grand phare, briller la lumière de l’espérance aux yeux de millions d’esclaves noirs marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce fut comme l’aube joyeuse qui mettrait fin à la longue nuit de leur captivité.
Mais cent ans ont passé et le Noir n’est pas encore libre. Cent ans ont passé et l’existence du Noir est toujours tristement entravée par les liens de la ségrégation, les chaînes de la discrimination ; cent ans ont passé et le Noir vit encore sur l’île solitaire de la pauvreté, dans un vaste océan de prospérité matérielle ; cent ans ont passé et le Noir languit toujours dans les marges de la société américaine et se trouve en exil dans son propre pays.
C’est pourquoi nous sommes accourus aujourd’hui en ce lieu pour rendre manifeste cette honteuse situation. En un sens, nous sommes montés à la capitale de notre pays pour toucher un chèque. En traçant les mots magnifiques qui forment notre Constitution et notre Déclaration d’Indépendance, les architectes de notre république signaient une promesse dont hériterait chaque Américain. Aux termes de cet engagement, tous les hommes, les Noirs, oui, aussi bien que les Blancs, se verraient garantir leurs droits inaliénables à la vie, à l liberté et à la recherche du bonheur…»

Mweena Ngenyi wa Kumvuila

 

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