Politique

La haine au dessus du droit et de la vérité : Vital Kamerhe de nouveau cible d’une hargne faite de peur

La société congolaise est conduite de manière générale par des courants des sentiments qui déferlent sur elle en fonction des intérêts divers auxquels font face les tenants de fortes positions. Quand elle est confrontée à une situation contraire au goût de l’eau qu’elle a bue, elle a difficile, dans certains de ces compartiments, à revenir à la réalité automatique de chaque jour. Elle se cabre et refuse de reconnaître qu’elle s’est trompée, qu’elle a été menée en bateau dans une texture préfabriquée, la moule des coupables et des coupables pour l’exemple. L’acquittement de Vital Kamerhe qui est une décision de justice comme le fut sa condamnation, exerce une forme de pression dans certains milieux qui n’arrivent simplement pas à accepter cette nouvelle donne, car elle contredit les postures qu’ils ont adoptées. Comment reconnaître que l’on s’est trompé quand on a assis sa propre compétence sur cette question ? La justice a fait son travail d’autocritique et elle a refait le procès de Vital Kamerhe qui a été acquitté. L’État lui a reconnu son statut de leader de premier plan. Le leader du pays l’a reçu pour manifester cette volonté d’aller de l’avant en comptant sur un allié de premier plan.

Les personnes de bonne volonté qui aiment la justice et la vérité se sont réjouies de la liberté remise à un homme, car cette situation est la meilleure. Mais à côté de ce groupe, un autre, ne peut se résoudre de s’aligner à la justice et à la vérité. Comme des parieurs, ils estiment que s’ils ont perdu leur pari, c’est que forcément le jeu a été truqué. Ils se réunissent et font des appels pour s’opposer à cette décision. Ils démontrent que leur haine envers Vital Kamerhe est au dessus de la vérité et de la Justice. “Cet homme était fini. Comment a-t-il pu rebondir encore”, s’interrogent-ils ?

Tant que la vérité n’est pas établie, un homme reste accroché à l’espoir d’être innocenté. Vital Kamerhe n’est qu’un homme, pas un extra terrestre. Il est soumis aux lois de la gravitation universelle comme tout le monde. Comment ne peut-il pas avoir le droit de vivre une vie normale ? Comment des personnes peuvent construire leurs progrès personnels sur sa disparition ? C’est quelle société qui accepte le mensonge et les contrevérités comme soupape de sa propre respiration ? Il est venu le temps d’une psychanalyse nationale et d’une introspection collective sur notre poussée vers le sang, vers la diabolisation, une tendance générale à voir la déchéance des élites comme palliatif de notre propre nullité ?

La Justice avait condamné un homme à vingt ans. En ce moment-là, elle disait la vérité. La même Justice, par le truchement des moyens contraires, a acquitté la personne. Cette fois-ci, elle est instrumentalisée, elle est aux ordres.
Et on se demande qui serait alors le metteur en scène ? Si la haine et forcément la peur conduisent une action publique, elle est inévitablement vouée à l’échec. Le pays a besoin de tous ses fils et l’histoire récente de notre démocratie est alimentée par plusieurs épisodes où Vital Kamerhe a fait preuve d’un patriotisme sans égal. Ne faut-il pas se réjouir qu’un fils de la nation soit revenu parmi nous plutôt que de s’accrocher à l’image d’un criminel qui satisfaisait nos intimes motivations de haine ?

Ils sont nombreux ceux qui sont outrés par ces prises de positions alambiquées qui n’honorent ni leurs géniteurs ni ceux qui leur accordent de l’audience. Il est dit que la Justice est bien souvent incomprise et critiquée, au moins par ceux qui ont perdu leur procès. Il arrive, en effet, que la décision, pourtant sérieusement motivée, soit réformée ou même inversée en appel ou en cassation pour des motifs également valables. Il ne reste aux justiciables et à l’opinion publique que de s’incliner sinon s’opposer publiquement sans suivre les procédures, c’est jeter l’anathème sur la justice elle-même.

Robert Tanzey

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