Santé

Le bilan des morts dus à l’épidémie de méningite s’élève à 200 mais la maladie est maîtrisée

L’épidémie de méningite qui frappe la province de Tshopo, au Nord-Est de la RDC entame peut-être sa phase descendante. Le taux de mortalité hebdomadaire de 84 % au début du mois de juillet, est descendu à moins de 10 % actuellement. “Les efforts de surveillance avec une recherche active des cas et un engagement communautaire ont permis de détecter mieux et plus rapidement les cas suspects. En outre, une gestion efficace des cas a entraîné une baisse des morts et de contamination”, note l’OMS RDC. Les équipes de Médecins Sans Frontières, qui apportent un soutien technique au ministère de la Santé, s’emploient à casser la chaine de transmission de la maladie et d’endiguer sa propagation, via une campagne de vaccination à Banalia.

Aujourd’hui, environ 150 000 personnes de la tranche d’âge de 1 à 49 ans de la zone de santé de Banalia, (province de la Tshopo) au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) se sont faits vaccinées contre cette épidémie. La RDC avait obtenu 187.460 doses de vaccins (MENACTRA) contre la méningite.
Depuis le mois de mai 2021, plus de 2000 personnes ont été touchées par une épidémie de méningite dans la province de la Tshopo, la troisième enregistrée après celles de 2009 et de 2014 à Kisangani. A ce jour, selon les chiffres de Médecins Sans Frontières, près de 200 personnes sont décédées après avoir contracté la maladie.

L’épicentre de la maladie se trouve dans l’aire de santé de Panga, dans la zone de santé de Banalia. Cette dernière compte 20 aires de santé et toutes sont touchées par cette épidémie de méningite avec un total de 4 décès depuis la fin du mois de septembre.

“Lorsque nous sommes arrivés à Banalia, les acteurs sanitaires sur place effectuaient principalement des ponctions lombaires pour soulager les patients. L’épidémie a été confirmée”, rapporte le Dr. Jean-Pierre Badibanga, responsable des activités médicales de MSF sur place. La prise en charge dans la localité était coordonnée par les autorités sanitaires à l’hôpital général de référence (HGR) de Banalia. Nous nous sommes dès lors focalisés sur le renforcement des capacités existante et avons entrepris d’implanter une unité dédiée à la prise en charge des cas de méningite au sein de l’HGR”, ajoute le docteur Jean-Pierre Badibanga.

Soulager les symptômes et répondre aux questions que pose une maladie peu connue

Gentillesse, 21 ans, est une patiente de l’unité du HGR dédiée à la prise en charge de patients atteints de méningite. Prise de forts maux de tête, de vomissements, de fièvre et de raideur de la nuque, elle ne savait pas que ces symptômes pouvaient être ceux de la méningite. Après plusieurs hésitations, elle s’est finalement rendue à l’hôpital et commencé un traitement. “Au début, j’hésitais à me rendre à l’hôpital. Certaines rumeurs dans nos villages disaient que c’était le COVID” raconte-t-elle en souriant. “Je commence à me sentir mieux petit à petit, le personnel soignant s’est occupé de moi et j’ose croire que je sortirai bientôt de mon lit”, poursuit Gentillesse qui s’est confiée aux équipes de MSF.

Sabiti, la cinquantaine, est rentré à son domicile, après cinq jours de soins : “J’ai reçu des soins, et je me sens mieux, ma santé s’est améliorée depuis le jour de mon admission. Je vais partager mon expérience avec ceux qui auraient des doutes vis-à-vis de cette maladie.”

Les équipes de MSF et du ministère de la Santé ont entrepris de sensibiliser la communauté de Banalia pour encourager la communauté à comprendre la maladie et à solliciter les services sanitaires en cas de symptômes. Une stratégie qui marche bien, si l’on en croit le témoignage du gouvernement congolais. Selon le gouvernement central de la RDC, “le pic de contamination est passé et que la stratégie mise en place donne des résultats encourageants”.

Faire face à l’épidémie dans la durée en renforçant les capacités

Depuis le 20 septembre, les cas sévères de méningite, y compris les comorbidités et les cas d’anémie, sont traités au HGR de Banalia. En complément de l’unité de prise en charge, les équipes sanitaires ont créé un système de contrôle des maladies et de gestion des flux de patients.

“Nous formons le personnel aux traitements à privilégier, aux protocoles à respecter et aux équipements à utiliser pour soulager au mieux les patients”, détaille le Dr Jean-Pierre, qui ajoute : “nous mettons l’accent sur le suivi des patients, la surveillance, ainsi que l’administration des médicaments”.

Patrick Ilunga

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