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Le Congo et l’Afrique au cœur d’une politique géostratégique des États-Unis

Ghana, Ouganda, Cap Vert, Afrique du Sud, République démocratique du Congo et Rwanda, voilà les pays qui figurent dans l’agenda immédiat des États-Unis d’Amérique pour asseoir leur partenariat géostratégique avec le continent noir. Du 4 au 11 août, deux envoyés de l’administration américaine ont mission dans les six pays d’Afrique australe, Afrique de l’Ouest, Afrique centrale et Afrique de l’Est. Linda Thomas-Greenfield et Anthony Blinken sont les deux seniors qui arrivent en Afrique dans le cadre de ce qui est considéré comme un voyage pour annuler les gains réalisés par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sur le continent. Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis d’Amérique à l’ONU, se rend en Ouganda, où elle s’entretiendra avec le président Yoweri Museveni, avant de s’envoler pour le Ghana et le Cap-Vert. Le voyage de cette ancienne secrétaire d’État adjointe pour l’Afrique intervient une semaine après que le haut diplomate russe, Sergueï Lavrov a conclu une tournée dans quatre pays africains – l’Ouganda, l’Éthiopie, l’Égypte et la République du Congo, où il a rencontré des dirigeants de ces pays.

Interrogée pour savoir sur les vrais objectifs de son déplacement en Afrique, Linda Thomas-Greenfield a déclaré que son voyage ne s’inscrit pas dans le cadre d’une compétition mondiale, mais qu’il fait partie d’une série d’engagements américains de haut niveau “qui visent à affirmer et à renforcer nos partenariats et nos relations avec les dirigeants et les peuples africains.”

“Nous ne demandons pas aux pays africains de faire un choix entre les États-Unis et la Russie”, a-telle déclaré lors d’une conférence de presse en ligne le 2 août avant son voyage, expliquant que le continent ne doit pas se laisser séduire par la rhétorique de Moscou sur la guerre en Ukraine.
“Nous voulons que les pays africains n’adhèrent pas à la campagne de désinformation de la Russie pour indiquer qu’il s’agit en quelque sorte d’une guerre entre les États-Unis et la Russie. Soyons clairs. La Russie a attaqué l’Ukraine. La Russie a déclenché cette guerre”, a-t-elle déclaré, ajoutant que la crise alimentaire mondiale actuelle qui a le plus durement touché le continent africain a été déclenchée par l’invasion de l’ancienne URSS en Ukraine. “La guerre d’agression illégale et immorale de Poutine en Ukraine a aggravé cette crise, en particulier dans certains pays d’Afrique qui se procuraient autrefois jusqu’à 75 % de leur blé de la Russie et de l’Ukraine”, a-t-elle déclaré.
La stratégie de contrer la Russie sur le continent africain se cristallise aussi par les éléments de langage des hauts fonctionnaires des États-Unis

d’Amérique. Même si les émissaires américains en Afrique nient, mais contrer la rhétorique russe et atténuer la crise alimentaire figurent en tête de l’agenda de Thomas-Greenfield pour la rencontre avec les dirigeants des trois pays.
Ce qui n’est pas gagné d’avance pour le pays de Biden. Certains africains ont le cœur qui balancent entre toutes ces puissances. Yoweri Museveni qui a reçu le ministre russe, a fait montre d’une belle répartie: dans un message subtil adressé à l’Occident, alors qu’il accueillait Sergueï Lavrov, le président Ougandais a déclaré la semaine dernière que la Russie était aux côtés de l’Afrique depuis 100 ans et que les pays africains ne peuvent seulement condamner Moscou lorsqu’elle commet des erreurs.
“Comment pouvons-nous être contre quelqu’un qui ne nous a jamais fait de mal?,” a demandé Museveni.

Le voyage de Greenfeild du 4 au 7 août sera immédiatement suivi des visites du secrétaire d’État américain Antony Blinken en Afrique du Sud, au Congo et au Rwanda du 7 au 11 août.
Selon l’agenda du secrétaire d’État américain, son déplacement en Afrique du Sud, au Congo et au Rwanda vise à “lancer la stratégie américaine pour l’Afrique subsaharienne, qui renforce le point de vue des États-Unis selon lequel les pays africains sont des acteurs géostratégiques et des partenaires essentiels pour les questions les plus urgentes, qu’il s’agisse de promouvoir un système international ouvert et stable, de s’attaquer aux effets du changement climatique, de l’insécurité alimentaire et des pandémies mondiales, ou de façonner notre avenir technologique et économique”.

Après avoir beaucoup reculé dans sa relation stratégique et économique avec l’Afrique, les États-Unis d’Amérique veulent reprendre la main, eux qui sont largement devancés par la Chine, avec
seulement 64 milliards de dollars d’échanges commerciaux avec l’Afrique en 2021, alors que Pékin plafonne à 254 milliards de dollars et l’Inde à 89,5 milliards.

Patrick Ilunga

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