Economie

Le gouvernement face au vrai défi de son essence / Inverser les tendances en réduisant sa dépendance aux importations. : Des mesures clés comme chemin critique, une vraie innovation en cours


Depuis son investiture, le gouvernement Sama Lukonde fut frappé par le tourbillon des urgences, accentué par la pandémie de la Covid-19, sans oublier l’accentuation de l’insécurité à l’Est de la République, il pouvait s installer un climat d’actions ponctuelles sans relation avec les fondements de notre structure économique. heureusement, dans un débat de fond, le gouvernement s’est engagé sur la voie de la transformation de l’économie congolaise avec l’objectif de lui donner un second souffle pour sa croissance.

Ainsi depuis le dernier conseil des ministres, des mesures importantes ont été prises pour qu’à l’issue de leur application, les tendances puissent s’inverser. En effet, une étude approfondie tenue sur cinq ans au ministère du commerce extérieur dirigé par Jean Lucien Bussa, a fait remarquer que la balance commerciale de la RDC sur cette période a été excédentaire avec 8.164.851,555 dollars en exportations et 7.484.968,292 dollars en importations. On peut dire que le solde est positif. Mais l’analyse approfondie de cette balance a fait vite de mettre en lumière une réalité cruelle, à savoir que c’est le secteur minier qui fournit l’essentiel de ces exportations avec une incise sur la chine, destination habituelle vers laquelle vont ces minerais. La facture globale des importations est insoutenable quand on regarde les efforts consentis pour obtenir les devises nécessaires à ces opérations.

C’est ainsi qu’une pensée stratégique est née au niveau du ministère du commerce extérieure, pensée partagée par tout le gouvernement pour prendre des mesures courageuses qui inversent les tendances. Ces mesures auront non seulement l’objectif de protéger certaines branches de l’économie mais aussi d’améliorer la structure de la balance du pays par l’accroissement de l’offre des produits exportables. Pour Jean Lucien Bussa, il est question surtout d’améliorer l’offre intérieure par la relance des secteurs ciblés dans les quels le pays dispose des avantages comparatifs avérés d’une part et d’autre part, de créer des avantages comparatifs indéniables en vue de transformer les produits primaires dans le pays et diversifier la production locale au développement industriel.

C’est dans cette perspective que le conseil des ministres vient de mettre en place cette stratégie composite et séquentielle. Il s’agit de corriger certains secteurs qui génèrent de la demande d’importation en trouvant des voies et moyens d’économiser des ressources sur certains gros postes.
L’existence d’une demande intérieure dynamique n’est plus à prouver au regard de la facture même des importations, c’est pourquoi le défi du gouvernement Sama Lukonde est de poser des actes allant dans le sens de ce changement de paradigmes par l’adoption, comme cela transparaît dans le compte rendu des réunions du gouvernement, d’une politique de réduction des importations en faveur de la production nationale des produits similaires.
Cette nouvelle vision a été coulée en une série des mesures capables de forger ce changement de cap. Ces mesures sont nombreuses mais obéissent à une politique cohérente. A titre illustratif, on peut citer des mesures portant restrictions des importations du ciment gris, du clinker, de l’huile de palme brute, des bières et boissons gazeuses, de barres de fer, des importations des superflues tels que l’eau, tabac roule, maisons préfabriquées.

Pour contrer ces importations, le gouvernement envisage de relever des droits de douane. A partir de ce moment, il
envisage de prendre des mesures incitatives d’ordre fiscal et administratif en faveur des filières de production de biens de première nécessité et des produits de substitution aux importations. Ces mesures vont soutenir l’industrie locale, utiliser les intrants locaux, améliorer la structure de la balance commerciale, baisser les importations, assurer la sécurité alimentaire et créer des emplois.
D’autres mesures portent sur l’actualisation de l’arrêté portant sur le
régime de collection d’assemblage du 31 mars 1991 en vue de favoriser le montage des camions, des voitures et motos dans le pays. Cette mesure va permettre non seulement la création des emplois mais aussi le transfert des technologies. A cette mesure prendre d’autres additionnelles de compétitivité en faveur des producteurs locaux disposés à investir dans les filières où le pays dispose d’avantages comparatifs avérés. Grâce à cette mesure, le gouvernement veut améliorer l’offre intérieure, diversifier la production locale, développer les activités de transformation de la production locale, valoriser les dotations factorielles nationales.

L’une des mesures à court et moyen terme est celle de réduire les importations des produits de première nécessité grâce à l’approvisionnement des grands centres de consommation par la production locale. Cet arsenal des mesures a aussi pris en compte la nécessité de soutenir immédiatement les entreprises qui créent des chaînes des valeurs avec impact, grâce à une évaluation du régime fiscal applicable aux partenariats stratégiques sur le développement industriel et socio-économique de la RDC en vue de procéder à la levée de ces mesures au cas pas cas. Ceci va créer la compétitivité des entreprises bénéficiaires, attirer les investisseurs et surtout protéger l’emploi.

Quelques révisions sont envisagées parmi les mesures notamment celle du code des investissements pour le rendre plus incitatif et sécurisante. S’agissant de la liste des marchandises destinées au secteur minier et en prenant compte des disponibilités nationales, le gouvernement tient à revisiter cette liste pour réduire la facture des importations, et surtout lutter contre certains abus liés aux avantages octroyés par le code minier. Parmi ces mesures prises, celle relative à la construction d’une industrie pharmaceutique est stratégique, car elle participe non seulement à l’amélioration de la santé publique mais réduire la dépendance du pays des importations dans ce secteur. S’agissant de l’industrie lourde, le gouvernement s’est engagé à construire ou faire construire une raffinerie du pétrole brut. Il n’est un secret pour personne que la RDC regorge des réserves en hydrocarbures de grande quantité qui seront prises en compte par cette industrie.
Des chiffres qui parlent
Quand on examine l’applicabilité de ces mesures au regard des secteurs qu’elles touchent, on se rend compte qu’il était plus que temps de s’attaquer à cette anomalie de cette économie qui peine à se mettre au niveau de l’ambition que suggère son potentiel.
Par exemple ne prenant que les produits stratégiques suivants: Les médicaments,  les aliments. Les produits pour animaux, les produits pétroliers, leur facture est de 1.628.805.925,00 des dollars américains. A côté de ceux-ci, existent d’autres qui furent autrefois l’objet de production mais qui peuvent être ressuscités notamment les camions de livraison, les voitures, les pneus en caoutchouc, les piles, les tracteurs, les réfrigérateurs, les batteries électriques, les bus, les remorques, les conditionneurs d’air, les peintures non aqueuses, les produits dentaires, les bouchons en métal …

À ce jour, tous ces produits coûtent pour leur importation, 472.634.425 millions de dollars par an. Le gouvernement examine les modalités d’octroi des subventions ou autres facilités pour que des opérateurs viennent prendre part dans ces filières à grand impact sur l’économie du pays.
En analysant la qualité et la portée des politiques d’incitation actuelle, le
gouvernement sama Lukonde est arrivé
à la conclusion que ces politiques jouent plus en faveur des importations. Ceci se remarque par le fait que plusieurs producteurs se sont tout simplement transformés en importateurs tenant compte des avantages fiscaux. C’est pourquoi, ces mesures prises veulent améliorer le cadre institutionnel légal et réglementaire.

Robert Tanzey

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