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Matadi Kibala ou la borne de l’inconscience : De retour du Grand Kasaï, Félix Tshisekedi avait déjà tiré la sonnette d’alarme

Mon peuple périt par manque de conscience, disons-le mieux, par manque de connaissance comme le dit si bien les saintes écritures dans le livre de Osée, chapitre 4, verset 6. L’ignorance ou la non application des Lois de la République tue plus que les maladies et guerres. Revenu à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), après avoir passé les festivités de fin d’année dans des conditions extrêmement difficiles dans l’espace Grand Kasaï où il est originaire, le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, avait exhorté le Gouvernement central, lors de la 35ème réunion du Conseil des Ministres qu’il avait présidée, le vendredi 07 janvier dernier, par visioconférence, à redoubler d’efforts pour assurer, par tous les moyens, le bien-être des populations où qu’elles se trouvent à travers le pays, même ceux habitant la périphérie des marchés publics. S’agissant particulièrement du marché de Matadi Kibala, situé dans le quartier éponyme, dans la commune de Mont-Ngafula, à l’Ouest de Kinshasa, le PR05 avait attiré l’attention du Gouvernement, en tirant la sonnette d’alarme sur la problématique de la position actuelle du marché de Matadi Kibala situé sur la Route Nationale n°1, tronçon compris entre l’entrée de la cité Maman Mobutu et l’entrée Ouest du quartier Matadi Mayo. Mais malheureusement, personne ne l’avait écouté. Certaines personnes étaient même monté au créneau pour dénoncer cett décision, jugée suicidaire, selon elles, pour les familles et personnes ne vivant que grâce à ce marché pirate herigé sans respect de la loi foncière et des normes urbanistiques sur une colline menacée par des têtes d’érosions et en dessous de la ligne électrique à très haute tension et surtout, le long de la route nationale numéro 1 où passent des milliers de camions Poids-lourds. Depuis une ce drame est survenu, toutes ces personnes se sont tues.

Du côté de la Société nationale d’électricité (SNEL),
de surcroit Société des Ingénieurs électriciens, on ne s’explique pas ce qui est arrivé à Matadi Kibala. Les pylônes Hautes Tensions sont équipés des disjoncteurs automatiques qui coupent (automatiquement) le courant en cas d’inclinaison ou sectionnement brutal malgré l’occupation anarchique.de ses emprises. C’est l’autre côté mystérieux du drame (Lire à ce sujet dans cette édition l’interview exclusive de M. Thierry Kapesa, Directeur de transport/SNEL, accordée à Géopolis Hebdo). Chronique d’une catastrophe annoncée.

A Matadi Kibala, si ce ne sont pas ces camions Poids-lourds et gros bus transportant des marchandises diverses qui tuent, ce sont les incendies d’origine inconnus qui mettent en flammes les étalages des fortunes et magazins. Aujourd’hui, ce sont les lignes de transport de l’énergie électrique, installées pour la plupart avant la création de ce marché/ces constructions anarchiques, qui sont venues s’ajouter sur cette liste des dangers permanents qui guettent les habitants du quartier Matadi Kibala et aussi, les vendeuses et vendeurs dudit marché.

 

En outre, sa localisation et son fonctionnement actuels, avait déclaré dans un passé récent notre source, causent un engorgement inacceptable de la Route Nationale n° 1 sur l’axe Kinshasa-Matadi qui met quotidiennement en danger la vie des usagers et de tous ceux qui le fréquentent.

Conformément à sa volonté de doter toutes les grandes villes du paysd’infrastructures socio-économiques modernes, fonctionnelles et favorisant le dynamisme économique, Félix Tshisekedi avait demandé au Gouvernement des warriors de mettre en place une équipe de travail chargée de réaliser une étude de faisabilité en vue de la construction d’un grand centre logistique et de la délocalisation de l’actuel marché de Matadi Kibala qui permet de faire le stockage et la commercialisation des produits agricoles provenant des provinces du Kongo Central et du Grand Bandundu via Kisantu.

Placée sous la supervision du Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, cette équipe de travail devrait être composée, selon cette instruction présidentielle, du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Affaires Coutumières, du Ministre d’Etat, Ministre de l’Urbanisme, du Ministre des Affaires Foncières ainsi que des autres parties prenantes dont les Gouverneurs de Kinshasa et du Kongo Central. Malheureusement, cette équipe n’est pas encore à pied-œuvre. Mais que dit la loi à ce sujet à propos des emprises publiques ?

Le respect de la constitution, des lois, des règlements et arrêtés dans tous les domaines permettra de résoudre au moins la moitié des problèmes à Kinshasa et dans le Congo profond. Selon la Loi, les emprises  pour les lignes Haute-Tension sont de 25m de chaque côté mais malheureusement, au vu et au su de tous, certains compatriotes achètent des lopins de terres, parcelles, construisent, habitent, vendent et tolèrent des marchés juste en dessous des lignes électriques.

Du côté de la SNEL, on attribue la tragédie de Matadi Kibala au non-respect des lois de la République. Son Directeur de communication, Bob Mbombo Lona, a rappelé le mercredi 02 février, sur Top Congo, que son entreprise avait toujours dénoncé l’occupation « anarchique de ses servitudes ». Il a fait allusion à l’arrêté interministériel nº 0021 du 29 octobre 1993, qui exige le respect des servitudes de la SNEL. Il a interpellé donc l’Etat congolais pour qu’il fasse respecter cet arrêté qui est encore en vigueur.

« Nous déplorons les morts. Mais, je vais insister sur le fait que, depuis 1993, il y a eu signature d’un arrêté qui détermine le respect des servitudes de la SNEL. Dans cet arrêté, il est déterminé le nombre de mètre qu’il faut respecter de part et d’autre d’une ligne, de haute tension. Il y a 25 mètres à droite de la ligne et 25 mètres à gauche de la ligne. Et, les activités ne peuvent avoir lieu qu’en dehors de cet espace. Mais, ce que nous remarquons à travers le pays, parce que nous avons effectué plusieurs missions de service, c’est l’occupation anarchique de nos servitudes », a dénoncé, Bob Mbombo Lona.

Selon ce responsable de la communication, il appartient à l’État congolais d’appliquer la loi et non à la SNEL, qui n’a aucun pouvoir en la matière. 

Mais, pour Val Manga, Ingénieur géomètre et topographe, au-delà de la responsabilité de l’Etat congolais de faire respecter la loi, il faudrait que, la SNEL prenne ses dispositions pour sécuriser la population en se dotant d’équipements modernes.

« S’il y avait des paratonnerres, sur chaque poteau, je crois que, l’impact devrait s’enfuir sur le sol. Les dispositions sécuritaires sont importantes pour la SNEL en ce qui concerne aussi les zones constructibles. Surtout, là où, il y a des marécages. La ville de Kinshasa est une ville marécageuse ».

Selon lui, la SNEL doit donc disposer d’éléments techniques afin que partout où il y a le passage des lignes à haute tension ou à basse tension ou encore ordinaires, « il va falloir que, la sécurité soit garantie. Admettons que, la foudre avait endommagé une longue distance, on aurait eu beaucoup de morts pour rien. Donc, il est question que nous puissions nous doter d’équipements nécessaires pour la sécurité ».

” L’État quant à lui, comme ce père irresponsable, ivrogne en permanence, qui n’est responsable de rien, blâmant toujours les voisins pour ses propres faiblesses, est toujours aux abonnés absents ”, a écrit Yves Kabongo, qui n’est plus à présenter, sur compte Facebook, un réseau social très prisé par le commun des mortels. Quand allons-nous devenir enfin sérieux, fiables et quand allons-nous apprendre à mettre le congolais au
centre de TOUT ? Répondre à cette question sauvera des nombreuses vies humaines.

Félix Tshisekedi s’est rendu sur lieu du drame

Informé de cette triste situation, le Président de la République s’est rendu, le mercredi 02 février, en fin d’après-midi, au quartier de Matadi Kibala. Le Chef de l’État a visité les lieux du drame survenu dans lequel 26 compatriotes ont perdu la vie par électrocution. Le Président Tshisekedi a témoigné sa compassion et son soutien aux proches des victimes. Le Chef de l’État a recueilli les explications du gouverneur de la ville, des responsables de la SNEL, de la commune et de certains témoins afin de mieux comprendre les causes de ce drame et faire en sorte que cela n’arrive plus jamais.

Il sied de rappeler que Matadi Kibala est plus connu à cause de ses produits bio des terroirs bon marché dont notamment, les bananes plantains, les pommes de terre, les patates douces, le haricot, les chèvres, les poissons frais, les fruits et légumes, la chikwange, les épices, les chenilles, les arachides. Cette liste n’est pas exhaustive. Plusieurs chefs des ménages y vont chaque matin pour s’approvisionner, surtout la veille des fêtes de mariage, collation des grades académiques et autres. Au-delà de ses nombreux avantages, ce marché représente un danger permanent pour les raisons ci-haut évoquées. Voilà pourquoi, de plus en plus des voix s’élèvent, du sommet jusqu’à la base, pour exiger sa délocalisation.

Dieudonné Buanali

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