ENVIRONNEMENT

Parc national des Virunga – Attaque de la nouvelle centrale hydroélectrique en construction : L’ICCN fixe l’opinion et appelle la population au calme

Le conseil de sécurité des Nations-Unies a reconnu l’agression dont est victime la République Démocratique du Congo dans un récent rapport. Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken ne l’a pas nié lors de son passage dans la capitale congolaise. Maintenant que les organisations internationales régionales et sous-régionales (UA, CEEAC et SADC) ont reconnu ce fait, quelle option le pays de Patrice-Emery Lumumba peut lever pour éradiquer la guerre dans sa partie Est ? En attendant la réponse à cette question qui taraude les esprits dans quelques salons huppés de Kinshasa la capitale, sur terrain les rebelles du Mouvement du 23 Mars dit M23, vaincus en 2013, en plus d’assieger la cité stratégique de Bunangana, située dans le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, à quelques kilomètres du chef-lieu de la province Goma, ont attaqué à l’artillerie lourde, le mardi dernier, le chantier d’une centrale hydroélectrique du Parc National des Virunga, géré par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICNN). Une attaque qui a occasionné des dégâts collatéraux considérables.

En effet, le Parc national des Virunga a été victime d’une violente attaque dans la matinée du mardi 16 août 2022 sur le chantier de construction de la nouvelle centrale hydroélectrique de Rwanguba, dans le Territoire de Rutshuru, au Nord Kivu. Selon l’ICCN, cette attaque, qui a impliqué des tirs d’artillerie lourde, a entraîné la chute de deux engins explosifs au milieu du chantier qui comprend des installations résidentielles pour les travailleurs et des ateliers de construction.

Elle s’est traduite par des dégâts matériels significatifs, notamment pour les équipements de chantier. D’après les communautés locales, les tirs d’artillerie provenaient des positions du M23 situées à moins de 5 kilomètres du site du chantier. Cette attaque de plus dans le parc national des Virunga n’est-il pas une raison suffisante et nécessaire pour militariser ce site touristique ?

” Le pays qui vous reçoit soutient un groupe rebelle M23 qui tue, pille et saccage une aire protégée inscrite sur la liste du patrimoine mondial, le parc des Virunga ”, avait déclaré récemment le ministre congolais du Tourisme, Modero Nsimba Matondo, au cours d’une conférence conjointe avec son collègue de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe. Un message des autorités congolaises adressé aux participants au premier congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sur les aires protégées tenu à Kigali afin que ces derniers condamnent formellement le Rwanda pour ” le soutien ” qu’il apporte à une rébellion active dans un parc naturel de l’Est de la RDC, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (Organisation des Nations-Unies pour l’Education, la Science et la Culture).

” Sachez que le pays qui vous reçoit soutient un groupe rebelle M23 qui tue, pille et saccage une aire protégée inscrite sur la liste du patrimoine mondial, le parc des Virunga ”, avait ajouté Modero Nsimba, le ministre congolais du Tourisme.

” Il faut que les participants à la réunion de Kigali et la communauté internationale condamnent formellement le Rwanda et se lèvent pour protéger le parc des Virunga, ce patrimoine mondial, comme le monde s’était levé unanimement lorsque les mosquées de Tombouctou au Mali ont été attaqués “, avait-il martelé.

A défaut, ” je vais proposer la militarisation des aires protégées de l’Est de la RDC. Il est anormal (aussi) que le Parc des Virunga soit géré par un Belge, que des chercheurs britanniques viennent y travailler alors que tout le monde est indifférent au drame imposé par le Rwanda “, avait-il menacé.

Depuis la fin de l’année dernière, le M23, vaincu en 2013, a repris les armes et pris le contrôle de plusieurs localités à l’intérieur du parc national des Virunga. Kinshasa accuse Kigali de soutenir cette rébellion, ce que le Rwanda conteste.

” Une condamnation du pays agresseur permettra de tirer des conséquences diplomatiques qui s’imposent lors des négociations en cours notamment entre la RDC et le Rwanda sous la médiation du président angolais Joao Lourenco “, avait expliqué Patrick Muyaya, le porte-parole du Gouvernement congolais.

Le gouvernement congolais affirme qu’à cause de la guerre, quatre centrales hydroélectriques de l’Est ne produisent plus de l’électricité, obligeant les populations à exercer une pression accrue sur les forets où elles abattent les arbres pour en faire du bois de cuisson et de chauffe pendant la saison sèche.

La RDC se vante d’avoir consacré 13,7% de son territoire à la conservation et se propose d’atteindre 17%.

Dieudonné Buanali

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