Culture

Pour l’émancipation des femmes africaines : Des associations internationales lancent le plaidoyer et le prix Mama Muilu

A l’instar des autres civilisations du monde, l’histoire de la République Démocratique du Congo (RDC) nous renseigne que ce pays ne compte pas seulement des héros, mais aussi des héroïnes. A côté du prophète Simon Kimbangu, fervent défenseur des droits des peuples noirs, il existait une femme, son épouse, pleine de courage. Une femme qui a résisté à la pression colonialiste belge. Une femme qui a donc fait preuve de résilience. Une femme qui grâce à sa fidélité, sa loyauté et son intégrité dans la poursuite de l’expansion des enseignements de Simon Kimbangu, a su éveiller la conscience de plus d’un congolais. Cette femme, c’est Mama Muilu Kiawanga qui a été célébrée le samedi 8 janvier à Kinshasa par l’Association Pensons Bercail avec d’autres organisations internationales dont l’Association Internationale des Femmes Avocates en RDC. Cette célébration a été l’occasion pour ces associations de lancer le plaidoyer et le prix Mama Muilu comme héroïne africaine, mais aussi de présenter pour la première fois en RDC un film réalisé en mémoire de cette défenseure des droits des femmes (Le titre du film est “Mama Muilu, la résistante”).

Pour l’initiateur de ce projet, le moment est venu pour valoriser toutes les femmes qui ont milité et s’engagent aujourd’hui dans la lutte pour l’émancipation de la femme africaine comme c’est le cas sous d’autres cieux.
“Lorsqu’on s’était engagé pour réaliser ce film, nous avons découvert qu’il n’y a pas d’écrits ni des livres sur Mama Muilu “, a révélé le responsable de Pensons Bercail. Mais puisque son histoire est connue et puisque sa descendance existe, Pensons Bercail est allée à la rencontre d’une des petites filles de Mama Muilu qui répond au nom Mama Bibi, avocate de surcroit. “Mama Bibi a été d’un apport considérable dans la mise en œuvre de cette démarche” , témoigne Pitshou Matouasilua, président de l’association Pensons Bercail.

Le film Mama Muilu, la Résistante est le support qui témoigne la vie de cette femme qui a consacré tout le reste de son existence à s’occuper des autres. Cette œuvre a été présentée pour la première fois à Bruxelles et puis au Cameroun. Selon le Coordonnateur de Pensons Bercail, c’est aussi grâce à ce film qu’une place publique dans la commune d’Etterbeek à la capitale de l’Union Européenne a été dénommée Mama Muilu dans le cadre d’un projet de féminisation des places publiques.

Aujourd’hui, reconnaître les
femmes qui défendent les valeurs d’égalité et de liberté est un défi qui incombe à tous de relever, car nul ne peut douter des qualités et valeurs dont font montre des milliards des femmes dans le développement de tous les secteurs prioritaires de la société, notamment l’éducation, l’économie et bien d’autres secteurs. C’est ainsi que Pensons Bercail invite toutes les femmes et “hommes genrés” à s’approprier de cette démarche puisqu’il est plus que temps aujourd’hui de mettre en valeur les femmes qui se distinguent par leur courage et leur abnégation dans la défense des droits des opprimés.

Au cours de cette activité, tous les intervenants ont convergé vers une même idée, celle de faire un plaidoyer pour que Maman Marie Muilu soit reconnue comme une héroïne pour sa résistance face aux colonisateurs. Si certaines avocates plaident pour que justice soit faite sur les actes de violence subie par l’épouse du prophète Simon Kimbangu, d’autres recommandent aux gouvernants d’introduire l’histoire des héros et héroïnes congolais dans le programme national de l’éducation afin de permettre à toutes les générations de connaître l’histoire de leurs ancêtres.

Marie Muilu de son vrai nom est née le 7 mai 1880 à Nkamba dans l’actuelle province du Kongo-Central. De son union avec Simon Kimbangu laquelle sera février 1915 le jour même de leur baptême à la rivière Nkele situé non loin de la mission protestante de Ngongo Lutete, elle aura trois enfants. Elle est la première femme catechiste à avoir sonné la cloche un mercredi et non un dimanche alors que s’était exclusivement aux hommes à cette époque-là (époque de la colonisation). Pour les autorités religieuses, elle avait donc enfreint la loi qui voulait que la cloche soit sonnée uniquement par l’homme. Elle peut être aussi considérée par la première cheffe spirituelle de l’église Kimbanguiste au regard de son apport à l’encadrement des partisans et à sa consolidation.

Djodjo Mulamba

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