Santé

Pourquoi Ebola est endémique en RDC?

Entre 2018 et 2020, la République Démocratique du Congo a connu la pire épidémie d’Ebola avec 2 232 morts au Nord-Kivu. Le taux de létalité de cette épidémie au Kivu était de 66%. Cette fois-ci, l’épidémie, la 14 ème de l’histoire a été déclarée le 23 avril 2022 à Mbandaka, première ville de la province de l’Equateur, au Nord-ouest du Congo. Cinq personnes ont été infectées jusqu’ici. Les cinq personnes sont mortes, portant le taux de mortalité de cette épidémie de 100 %. Mais cette fièvre hémorragique, la sixième de l’histoire dans la province de l’Equateur, semble être contenue. Près de deux mois après qu’elle ait éclaté, la maladie n’a pas été détectée dans d’autres zones de santé. Aucun nouveau cas confirmé n’a été signalé depuis le 19 mai 2022. Il faut au moins 42 jours pour que l’épidémie soit considérée comme éteinte. Depuis la déclaration de la 14 ème Ebola en RDC, 1 620 ont été vaccinés.
L’organisation Mondiale de la santé en RDC se montre optimiste quant au dénouement de ce mal, devenu endémique au Congo.

Le docteur Aaron Aruna, Directeur de surveillance épidémiologique en RDC a déclaré à nos reporters que le fait que les équipes du ministère de la santé et de l’OMS se sont pris à temps pour contrer cette épidémie a été efficace pour empêcher une propagation à grande échelle de la fièvre hémorragique. “Avoir un personnel antérieurement formé a été un atout”, a dit le Docteur Aruna. Les 5 personnes décédées ont eu tous un contact direct.

Au regard du rythme de récurrence de cette maladie, on peut craindre qu’une fois la 14 ème épidémie sera totalement vaincue, une autre, la 15eme, éclate. Cela reste une possibilité. En RDC, le virus Ebola est devenu endémique. Mais pourquoi une telle récurrence ?
Selon le Docteur Aaron Aruna, le contact entre les hommes, dans les milieux ruraux et la faune sauvage, considérée comme le réservoir d’Ebola, est la principale raison de cette persistance de cette fièvre.

“Les facteurs environnementaux peuvent intervenir dans l’apparition de cette maladie. Parmi ces facteurs, il y a cette pression démographique de l’homme sur l’environnement. Il y a quelques années, il y avait des zones protégées, mais avec l’exploitation de ces zones, maintenant l’homme est en contact avec la faune sauvage, principal terreau des virus. L’interaction devient forte entre l’homme et le monde animal”.

Le médecin en chef dans la surveillance épidémiologique explique que le virus est charrié par les chauves-souris et les primates dans des zones de forêts denses. Cette raison explique pourquoi l’épidémie ne s’est jamais développé avec la même mortalité dans des zones urbaines, comme à Kinshasa. La capitale congolaise qui est à environ 700 kilomètres de la zone rouge où la maladie a éclaté, n’est pas touchée, pourtant Kinshasa a un contact direct avec l’Equateur, via le fleuve Congo et via les voies aériennes.

Selon certains experts de cette maladie, Ebola est certes potentiellement mortelle, mais une bonne connaissance des moyens de prévention peut aider à mieux la maîtriser. Le virus d’Ebola serait dix fois moins contagieux que la rougeole ou le choléra et ne se transmet pas dans l’air, ni dans l’eau. Il est fragile et meurt à l’air libre. Ce virus se transmet via un contact corporel à travers les fluides (sueur sang déjections, salives etc) corporels d’un malade.

Au centre de surveillance épidémiologique, on précise néanmoins que le virus existe dans la nature. Et que la seule façon de s’en protéger est la prévention par le biais de la vaccination, le lavage des mains, éviter le contact physique, surtout en isolant les malades. C’est cette technique qui avait été utilisée par le médecin français Gilbert

Raffier, le Belge Jean-François Ruppol, le docteur congolais Ngoy Mushola et l’epidemiologiste congolais Jean-Jacques Muyembe pour enrayer cette maladie lorsqu’elle apparu pour la première fois à Yambuku, à 1000 kilomètres de Kinshasa, dans la province de l’Equateur entre septembre et octobre 1976. Cette première épidémie d’Ebola avait tué 300 personnes.

Sans savoir de quelle maladie il s’agissait en pleine zone forestière au fond du Congo, appelé alors Zaïre, les docteurs Gilbert Raffier et Jean-François Ruppol avaient néanmoins ramené des prélèvements. Ces échantillons qui avaient été envoyées à Atlanta et à Anvers, en Belgique, permettront de d’identifier l’un des virus les plus redoutés. Ils l’ont baptisé Ebola, du nom d’une rivière de Yambuku dans la province de l’Equateur.
Près de 50 ans après sa découverte, Ebola continue à faire ravages. Le virus a été découvert aussi en Guinée Conakry, en Sierra Leone, au Liberia ou au Gabon, mais la RDC semble être encore l’épicentre de cette terrible maladie.

Et en dépit des prévenances des experts, le contact entre les congolais et la viande de brousse s’intensifie. Certains congolais aiment particulièrement consommer les singes et même les chauves-souris sauvages.

Patrick Ilunga

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