Economie

Programme RDC-FMI : Une étape essentielle franchie par le gouvernement Sama Lukonde

Le Fonds Monétaire International a validé le programme établi de commun accord avec les autorités de la RDC. Ce, après deux ans de négociation. Sur trois ans, la RDC devrait recevoir 1,5 milliard de dollars américains par tranches, en échange de réformes et de respect de certains critères de gestion.

C’est une grande étape franchie pour la RDC. Les autorités ont fait montre d’une cohérence dans les négociations avec le Fonds Monétaire International, notamment en allant en guerre contre la corruption, (IGF etc), en plaçant un nouveau leadership à la tête de la Banque centrale. Le fait qu’un programme triennal soit conclu est une paire de manches de gagnée. Reste maintenant aux dirigeants Congolais et au gouvernement Sama Lukonde à être à la hauteur des attentes, car pour le FMI, même si l’accord est déjà conclu, il y a des conditions à remplir, sans lesquelles, la coopération est susceptible d’être remise en cause.

Pour Gabriel Leost, représentant du FMI en RDC, la conclusion du programme avec le Fonds Monétaire International aura forcément un effet positif sur le pays.
“Je dirais que ça va changer essentiellement deux choses. La première chose, c’est que c’est un soutien appuyé au programme à moyen terme du gouvernement qui vise à augmenter la croissance et aussi à réduire la pauvreté dans le pays, mais aussi par l’aspect un petit peu rassurant que donne le fait d’avoir un programme avec le Fonds monétaire. L’objectif, c’est de catalyser d’autres financements, que ce soit des autres partenaires au développement du pays, mais d’autre part aussi, cela pourrait attirer des investissements privés”.
A en croire Gabriel Leost, le programme du FMI rend crédible le Congo-Kinshasa et lui ouvre les portes à d’autres financements bien importants. D’ores et déjà, la RDC devrait empocher, dans les prochains jours une première tranche de 217 millions.

Au fur et à mesure de l’exécution du programme avec cette institution de Bretton Woods, la RDC devra répondre à certaines exigences de gestion, notamment l’élaboration d’un budget réaliste en termes de dépenses. Et pour cause : dans la plupart de cas par le passé, les partenaires de Bretton Woods ont eu à se plaindre du fait qu’en République démocratique du Congo, les dépenses publiques ne correspondent pas du tout à la loi de finances adoptée au Parlement.
Pour ce qui est du budget actuel (2021) le FMI se dit agréablement surpris que les prévisions de recettes soient jusqu’ici, en adéquation avec les hypothèses formulées dans la loi des Finances. Par contre pour les dépenses, il y a encore un écart qui existe entre les prévisions et l’exécution. Une rigueur devra être imposée à ce niveau. La loi de finances (Budget) étant une loi, elle doit être appliquée dans une cohérence qui corresponde aux hypothèses formulées.

Le FMI exige donc des réformes dans trois axes, qui sont les réformes prioritaires qui ont été définies par le gouvernement. “Premièrement, ce qu’on appelle créer de l’espace budgétaire, c’est-à-dire à la fois trouver un moyen de mobiliser plus de recettes, mais aussi de maîtriser un certain nombre de dépenses pour créer de l’espace budgétaire pour les dépenses les plus essentielles : les dépenses sociales, les dépenses d’investissement les plus nécessaires pour le pays. Un deuxième point important, c’est le renforcement du cadre de la politique monétaire et du secteur financier. Cela est un objectif aussi très important pour le développement du secteur privé et le développement de l’économie”, a soutenu Gabriel Leost.

La RDC se doit donc “d’améliorer le cadre de la politique monétaire, de la fixation des taux d’intérêt, la transition des taux d’intérêt qui sont fixés dans l’économie réelle, dans les crédits octroyés par les banques privées, au secteur privé, etc., pour un meilleur fonctionnement simplement du financement et de l’activité économique. Et enfin troisième point, qui d’ailleurs rejoint les deux premiers, qui est un point central du programme du gouvernement soutenu par le FMI, c’est l’aspect gouvernance et lutte contre la corruption”, dit-on au Fonds Monétaire International.
Sur la question de la corruption, l’Inspection Générale des Finances semble avoir imposé une rigueur, tel un père fouettard, toujours prêt à suivre à la trace la gestion des deniers publics et à livrer à la justice les éventuels “mauvais gestionnaires”.

Le Fonds Monétaire International exige aussi une transparence dans le secteur minier.
“Au-delà du secteur minier, le programme a aussi des objectifs en termes de finances publiques en général, et quand on parle de gestion des finances publiques, on parle de toute la chaine budgétaire en partant de la mobilisation des recettes, de la collection des recettes, de leur monitoring et puis, de leur utilisation. Donc, tout l’aspect budgétaire, de la préparation du budget jusqu’à son exécution. Donc, cela comprend aussi la passation de marchés publics”, a souligné le représentant du FMI en RDC.

Patrick Ilunga

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