Economie

Quid de l’achèvement du programme RDC-FMI ?: Le regard des experts ( Al Kitenge, Hubert Mpunga et Nicot Omeonga)

La République démocratique du Congo (RDC) a un programme économique et financier appuyé par le Fonds monétaire international (FMI) à travers la Facilité élargie de crédit ( FEC) de 36 mois pour 1, 52 milliards à décaisser en 7 tranches. Actuellement, deux décaissements ont été déjà effectués en juillet et décembre 2021. Le pays est en passe de bénéficier d’un troisième, au regard des conclusions satisfaisantes de la deuxième revue qui a sanctionné la mission de consultation d’une équipe du FMI du 27 avril au 09 mai 2022 conduite par Vera Mercedes. De mémoire des experts et ceux qui suivent cette question de près, la RDC n’a jamais réussi à achever un programme avec cette institution de Bretton Woods. Est-ce que c’est la bonne cette fois-ci ? Les spécialistes en économie notamment Al Kitenge, Hubert Mpunga et Nicot Omeonga ont fait part de leur regard sur la question dans les lignes qui suivent.

Pour Al Kitenge, si la RDC n’a pas réussi à arriver au bout d’un programme avec le FMI, c’est une question de discipline. «La seule raison pour laquelle on a jamais achevé un programme avec le FMI, c’est une question de transparence et de discipline. Et aujourd’hui, on a l’impression que le gouvernement est très engagé à être transparent, et nous estimons qu’on va arriver au bout parce que le plus important c’est tous les avantages liés au programme que nous avons avec le FMI.»
Pour lui, au delà des prêts que le FMI accorde au pays, la chose la plus importante est d’accéder aux capitaux internationaux pour avancer le processus de développement en interne. Il a indiqué tout de même que la RDC est actuellement sous endettée. « C’est un des rares pays où le taux d’endettement est en dessous de 10 %. C’est totalement inacceptable. Ce programme nous donne l’opportunité de nous endetter pour être en mesure de faire le grand développement de notre pays». a-t-il souligné.

Dans ce même ordre d’idées, l’expert en économie internationale Hubert Mpunga a, pour sa part, fait savoir que quand on parle de la revue, cela signifie que le FMI vient faire l’évaluation du programme en cours. « Nous avons déjà passé la première revue, où nous avons reçu plus de 200 millions de dollars américains à deux reprises. A l’issue de la dernière revue, ils ont prévu un projet pour cette période dont suivant l’évaluation qui a été concluante. Donc, ils ont des éléments macroéconomiques sur base desquels ils font ces évaluations là», a-t-il noté.

A Hubert Mpunga de rappeler qu’il y a aussi des performances économiques que le pays réalise actuellement dans les régies financières. Il a cité également « l’accroissement des réserves de change, le processus de l’éradication de la corruption sur base du travail qu’abat l’Inspection générale des finances et les résultats des revues financières comme nous avons eu avec la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD) et la Direction générale des douanes et accises (DGDA).

Et j’ai suivi dernièrement le rapport de la gouvernance de la Banque centrale qui a aussi évolué positivement, même si ce ne sont que des prévisions. C’est un signe de bonne gouvernance », a-t-il indiqué.
L’expert en économie internationale reste optimiste quant à l’achèvement de ce programme avec le FMI.

Il a insisté qu’avec les conclusions positives de cette revue, lors de la prochaine réunion du Conseil d’administration du FMI, elles seront approuvées et cette institution financière internationale va disponibiliser le troisième décaissement.

«Donc le Congo est en programme avec le FMI, et ça va évolué comme-ça», a fait savoir cet expert.

Le Professeur d’Universités et spécialiste en économie, Nicot Omeonga, est revenu sur les raisons qui ont fait que le pays n’arrive pas à achever un programme avec le FMI.

Il a brandit le manque des pratiques de bonne gouvernance qui caractérise souvent le pays.

« Si la RDC n’arrive toujours pas, parce que tout programme avec le FMI est assorti des conditionnalités et celles-ci pour la plupart des cas sont relatives à la gouvernance.

Mais comme vous le savez, nous avons toujours été caractérisés par une sorte d’indiscipline budgétaire congénitale. Quand on arrive pas à respecter les conditions qui nous sont imposées ça pose problème», a lâché le professeur Omeonga.

Pour cet enseignant d’établissement d’enseignement supérieur et universitaire qui s’est montré critique, un autre élément est que ce programme n’est pas conclu de commun accord avec la RDC. « C’est un programme qu’on nous impose, on dit faites ceci et celà.

En principe, ça devrait être un programme négocié, mais pour la plupart des cas, parce que nous sommes en position des faiblesses, les conditions nous sont imposées»,
Le Conseil d’administration du FMI siégera sur la RDC le 22 juin prochain.

C’est sur base des éléments des conclusions de cette deuxième revue qu’il va approuver le décaissement de la troisième tranche de sept prévues pour ce programme économique de la RDC conclu avec le FMI. Le maintien du rythme actuel est requis.

Fiston Oleko

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