Economie

RDC – Aménagement du territoire : Un plan transversal et révolutionnaire en déploiement

Lorsqu’on observe l’occupation, le développement et la gestion des espaces en République Démocratique du Congo (RDC), une chose frappe et revient comme une évidence : il y a une absence totale de planification dans l’occupation et l’intégration économique des différentes zones du pays. L’occupation des espaces et de zones, semble être une réponse chaotique à une urgence de survie. Les villes croissent dans une sorte de chaos de la nécessité. Avec 2 345 410 Km2 de superficie, la gestion des espaces de la RDC constitue une urgence. Aménager ce pays-continent pour un développement équilibré est donc un combat qu’il faut mener de front. Mais comment aménager les entités territoriales non encore exploitées pour qu’elles deviennent riches et et puissent sortir de la pauvreté ? Comment assurer aussi à tous (Les populations) une vie égalitaire et équilibrée ? Comment gérer de manière optimale un territoire aussi large comme 5 fois la France, en tenant compte de la répartition des richesses naturelles du pays? Des investigations ont été menées et une collecte des données a été réalisée notamment dans des ministères sectoriels tels que le ministère de l’Urbanisme et Habitat, Affaires foncières, Mines, Agriculture, Plan, Industrie, Intérieur Décentralisation et affaires coutumières, et le ministère de l’Aménagement du Territoire a utilisé l’ensemble des données collectées ainsi que des informations issues des documents des entreprises et structures telles que la SNEL, la REGIDESO, l’ICCN, le CAMI, la FEC, la COPEMECO, l’UNFPA pour mettre en place une politique nationale de l’Aménagement du Territoire. Dans un document de 120 pages, le ministère de l’Aménagement du Territoire, sous le leadership de Guy Loando propose le pays une nouvelle manière d’appréhender le territoire national en vue d’équilibrer le développement. Désormais, le rapport des Congolais à l’espace devra changer.

Guy Loando à la manœuvre

Une véritable bataille est engagée. Au cœur de cette bataille, le ministre d’État en charge de l’Aménagement du territoire, Maître Guy Loando se met au contact avec le Congo intérieur. Du Haut-Katanga au Bas-Uélé, le warrior Loando Guy déploie une nouvelle stratégie. Il faut désormais que l’État mette fin à une occupation chaotique des espaces, en même temps qu’il faut que les congolais se mettent à penser aux territoires, aux villages et aux villes. En un mot ou en mille, il s’agit d’un processus de réforme qui se met en place.

Pour rompre avec le déséquilibre de l’occupation et le développement des espaces en RDC, il convient de remonter à la manière dont les villes congolaises avaient été construites ou développées. Les villes congolaises avaient été construites pour répondre aux urgences occidentales. C’était des villes construites en marge de l’exploitation des matières naturelles. Si Kolwezi et Likasi ont été développées, cela était en perspective des activités autour du cuivre, du zinc ou du cobalt, d’autres villes comme Bakuanga, Luena ou encore bien d’autres villes, ont existé dans cette même logique.

Les grandes villes concentrent l’essentiel des activités économiques, représentent l’essentiel de la production des richesses, attirent plus. Cette réalité donne à contrario de grandes zones qui sont totalement à l’écart des activités économiques. Selon la nouvelle stratégie du ministre d’État Guy Loando, il convient de trancher avec l’ancienne logique occidentale. Désormais, en matière de l’aménagement du territoire, la lutte doit être celle qui consiste à faire des territoires et provinces, des entités de développement, des pôles de compétitivité, plutôt que des îlots de sous-développement.

La RDC a besoin de rompre avec le mode de développement de son territoire, mode hérité de la colonialisme qui construisait les villes dans le seul but de servir des intérêts occidentaux.
Ce modèle colonial est aujourd’hui en rupture avec l’évolution de la société congolaise et les vrais besoins en matière d’organisation du territoire national, de la valorisation sur place des ressources naturelles du pays et de l’intégration économique, sociale et écologique.

De Nouveaux paradigmes se mettent en place

Déjà, pour ce qui est de la mise en œuvre de la réforme de l’aménagement du territoire, le Gouvernement congolais avait officiellement lancé le 15 mai 2017, le Programme d’appui à la réforme de l’aménagement du territoire (PARAT).

Ce programme vise à organiser et optimiser l’utilisation des terres. Actuellement, le ministère de l’Aménagement du territoire, sous le leadership de Guy Loando Mboyo, a mis en place un document, mieux un instrument qui servira de boussole dans le secteur de l’aménagement du territoire : la politique nationale d’aménagement du territoire.
Ce document affirme fixer ” la vision qui assurera l’émergence d’une configuration spatiale nouvelle offrant les conditions nécessaires à l’épanouissement de la population, la valorisation sur place des ressources nationales et la sauvegarde de l’environnement ”.
A l’horizon 2050, le territoire de la RDC constituera un espace plus cohérent, plus attractif, plus compétitif économiquement, assurant le bien-être de sa population dans un environnement intégré et durable au coeur de l’Afrique et ouvert au Monde.

Fruit d’une étude approfondie sur le processus d’aménagement du territoire initié en 2013 lors des ”Concertations Nationales ” et matérialisé en 2015 dans le cadre d’un Programme national de réforme de l’aménagement du territoire, cette nouvelle donne politique d’aménagement du territoire national vient donc combler le vide de planification, car le pays continue à être régi par le décret de l’urbanisme établi depuis le 20 juin 1957 dans un contexte colonial et répondant à la logique de l’époque. Un décret devenu aujourd’hui anachronique.

En effet, dans la nouvelle vision de cette politique nationale d’Aménagement du Territoire, le Gouvernement se propose, indique le document, d’exécuter une batterie des mesures dans les cinq ans (2021-2025) à venir afin de garantir la gestion équitable et durable de l’espace national et des ressources naturelles à travers la mise en œuvre des schémas, des plans, de programmes et des mesures à tous les niveaux de la gouvernance territoriale.

De manière pratique, 7 axes stratégiques vont donc déterminer ladite politique à savoir : 1) La promotion des grandes infrastructures structurantes et intégratrices du territoire ; 2) La recherche d’une redistribution rationnelle et équitable sur le territoire national des équipements et services sociaux de base ; 3) Le renforcement de l’armature urbaine et des pôles de d’intégration économique ; 4) Le développement et l’aménagement agro-rural et renforcement des complémentarités villes-campagnes ; 5) La durabilité environnementale et résilience face aux changements climatiques ; 6) La planification, optimisation des affectations et arbitrage des usages des terres ; et enfin, 7) L’amélioration des cadres juridique et institutionnel de l’aménagement du territoire du pays.

Toutefois, il faut souligner que le secteur de l’Aménagement du Territoire n’est pas jusqu’à ce jour encadré par une Loi actualisée qui, soit en adéquation avec l’ordre constitutionnel consacré par la constitution du 18 février 2006 et les autres lois sectorielles à portée territoriale telles qu’elles ont évolué à ce jour. Le pays fait donc face à une contrainte d’ordre jurique qui affecte le fonctionnement harmonieux des secteurs à portée territoriale tels que l’urbanisme, les forêts, l’agriculture, les mines, les hydrocarbures, les infrastructures, le foncier et plus particulièrement, les terres des communautés locales et les peuples autochtones pygmées, ect.

C’est pourquoi aujourd’hui le Ministre Guy Loando s’active, par ailleurs, à doter le pays d’une nouvelle Loi relative à l’aménagement du territoire. Une loi qui devra être une réponse législative adaptée aux enjeux nouveaux, nationaux et internationaux intégrant en même temps les problématiques émergentes et organisant au mieux la coordination de l’ensemble des interventions sectorielles.

Pour rappel, l’actuel patron de l’aménagement du territoire national a lancé en juillet dernier le projet d’investissement « Repensons à nos Villages, Villes et Territoires » (REVITE). Un projet destiné à « encadrer les actions d’investissements des Congolais résidant au pays et à l’étranger, grâce à un appui de l’État à travers des mesures incitatives » , avait-il expliqué le ministre avant d’appeler les congolais d’ici et d’ailleurs à retourner sur le sol de leurs ancêtres afin d’y entreprendre des activités de développement.

Par ailleurs, Guy Loando a précise que ce projet est un appel au sens de responsabilité nationale ainsi que la conscience patriotique de chaque congolais résidant au pays ou à l’étranger. Pour que le Congo porte notre empreinte, comme le souligne la signature de la campagne dénommée REVITE.

Pour ce membre du Gouvernement Sama Lukonde, tout ceci devra s’accomplir suivant un certain planning pour éviter des constructions anarchiques. ” Il doit y avoir un suivi en amont à travers un schéma, qu’ils doivent suivre et auquel tous les ministères sectoriels doivent concourir. On ne peut délivrer le certificat d’enregistrement que sur un bâtiment qui a été construit sur base d’un plan national, sur base d’un plan local ”, soutient-il.

En fait, l’idée de REVITE est spécialement de doter des villages où on trouvera un petit centre de santé, une petite église, voire un guichet de banque où quelqu’un peut retirer de l’argent. Cette idée qui s’inscrit donc dans le cadre d’une gestion convenable de l’environnement physique, permet à l’individu d’avoir accès aux mêmes services à Kinshasa que dans son territoire, son village et sa ville.

Les actions du ministère de l’Aménagement du Territoire reposent sur quatre instruments, à savoir : 1) La politique de l’Aménagement du Territoire déjà adoptée au Conseil des ministre; 2) La loi portant réforme de l’Aménagement du Territoire qui doit être examinée prochainement à l’Assemblée nationale ; 3) Le Schéma national ; et enfin, 4) Le Guide méthodologique d’Aménagement du Territoire. Ces deux derniers documents sont en cours d’élaboration.

Dans un pays immense comme la RDC, avec sa superficie de 2.345.410 Km², ses 145 territoires et des villages, plusieurs milliers, le warrior Guy Loando martèle sur le fait que l’agencement harmonieux de l’espace physique du pays repose sur un Schéma national bien tracé.

Patrick Ilunga et Djodjo Mulamba

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Site développé & hebergé par Justin Tshims

CONTACTEZ-NOUS !

Editeur-Responsable : William Albert Kalengay
Bureau : Avenue Isiro, n°28, Kinshasa-Gombe, RDC
Ref.: Ancienne ambassade de Belqique
Tél. : +243998110441
E-mail : geopolismag@yahoo.fr

Copyright © 2016 Geopolis Magazine

To Top