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RDC : Félix Tshisekedi et le Grand Équateur, une question hautement spirituelle

Un déploiement des grands cadres de la République avec le premier d’entre eux le Chef du Gouvernement Sama Lukonde séjournent à mbandaka pour préparer la conférence dès Gouveneurs et en filigrane la visite du Président de la République dans cette partie du pays qui a été pendant trente deux ans le centre à partir du quel partait l’impulsion des grandes activités d’État et historiques. Badgolite, Kawele, Gemena et d’autres cités furent les lieux choisis par le Maréchal du Zaïre pour communiquer sans artifice d’État. Des années sont passées, ces villes et ces villas de luxe ont pris de la poussière et la mémoire des événements tend à s’estomper dans le temps et des nouvelles générations viennent prendre le relai, sans avoir forcément les atouts ou les pesanteurs de cette époque glorieuse.

Aujourd’hui Félix Tshisekedi veut aller dans cette partie du pays, avec en sourdine une ambition certes légitime mais aussi prégnante que la volonté exprimée d’avoir un deuxième mandat. Le grand Équateur est une terre de secrets qui ne se livre  pas au premier venu. Cette partie du pays qui a été visitée par le pouvoir absolu a développé des nuances multiples pour se protéger contre les aléas de ne plus être depuis plus de vingt ans au cœur du pouvoir. Pour tous ceux qui veulent rassurer le président sur leur ancrage dans cette province et qui pensent que cette province peut se donner facilement, ils se trompent car ils risquent de vivre ce que le raïs Joseph Kabila a vécu au Kongo Central. Il est temps que les politiques qui aiment le pouvoir sachent de quoi ils parlent et surtout à quoi ils ont affaire quand ils scandent des slogans de conquête sur des réalités qui dépassent leur horizon.

Au delà de la mémoire des faits qui d’ailleurs s’estompe avec le temps, il y a la mémoire de la terre qui elle pousse dans des grands agrégats . L’Équateur va sans doute formuler des besoins comme partout ailleurs dans le pays, des besoins comme les soins de santé, les routes, les écoles, le travail ect. Le Premier ministre qui est en avant poste de cette quête va sans doute responsabiliser des ministres sectoriels et des chronogrammes vont être mis en place. Seulement voilà, c’est la surface du problème et cela ne sera pas suffisant dans cette terre des grands destins. Pour que le côté caché se dévoile, le côté spirituel, il est important que des clés soient donnés aux décideurs et que le chef de l’État prenne la mesure de l’enjeu. Dans cette partie du pays dominée par une culture patriarcale, le chef est aussi un intermédiaire entre les morts et les vivants. Il est un pont qui protège et qui promeut. C’est une bonne politique que de savoir que tout celui qui veut parler en vrai, qui veut donner des éléments de fond de la mémoire collective des équatoriens dira que la seule chose qui continue à gêner les relations entre le grand Équateur et le leadership national est le fait de l’absence des obsèques pour le président Mobutu. Ils estiment, les grands guerriers de l’Équateur que tant que le chef n’est pas enterré dignement, il continue à gouverner et à régner sur l’invisible de puissance, il continue à être le guide de la mémoire collective. Ce besoin de passage de témoin est si puissant que les réminiscences des époques passées ont crées des légendes. Il circule dans certains milieux des forts rumeurs selon lequel Mobutu serait encore en vie et vivrait quelque part. Dans ce pays à forte pénétration numérique, ces légendes ont la peau dure. Seulement c’est une demande inconsciente pour beaucoup mais participant aux adhésions.

Le président Tshisekedi devrait mettre le Rapatriement du corps du maréchal parmi ces priorités avant les élections . Ce geste suffit en lui même pour prédisposer les équatoriens en sa faveur même si le côté action ne suffit pas encore. Les différents ministres qui accompagnent le président sont censés connaître cette réalité et doivent se concerter pour présenter le dossier au Premier Ministre qui en parlera au Président.

La terre qui a donné un chef d’État attend par un phénomène d’irradiation de reprendre ce corps hautement spiritualisé pour impacter et soutenir les enfants de cette province. C’est une justice naturelle. C’est pourquoi la demande de rapatriement des restes du maréchal dépasse le niveau de sa famille biologique et s’inscrit dans ce que le professeur sociologue Ngoma appelait les flux de puissance des terres ancestrales. Quand on pousse le réflexion plus loin, on comprend que la terre et surtout sa protection est parmi les raisons pour lequel un peuple accepte de verser de son sang.

Les armées font le serment de donner leur vie pour défendre la patrie qui est avant tout une terre, jardin de notre évolution et Théâtre de notre identité. Quand la terre vous donne un personnage illustre, elle exige de conserver en termes de récompense les restes de cet esprit. Et cette terre d’Afrique est la mère de toutes les civilisations, elle a des millions d’années de mémoire de l’humanité. Quand il est décédé, le président Nelson Mandela fut inhumé dans son village car les grands destins sont historiques et cycliques et demandent le respect de ces boucles.

Il est venu le moment pour le président Félix Tshisekedi de réparer cet oubli et de permettre à ce peuple de rendre hommage à leur fils et à la Nation, de réserver un hommage national à l’un de ses présidents quelque soit ce que l’on peut penser de son règne. Il ne manquerait pas des personnes superficielles pour dire que tout cela est sans importance. Ils auront raison sur un point, celui des droits légitimes qu’accordent l’ignorance. Mais ils ont tort de ne lire les faits qu’en surface, car la vie de cette Nation traverse de loin la vie de ses habitants. Ouvrir la page de cette histoire et honorer ceux qui le méritent est un devoir sacré de tout chef, car comment pense-t-il qu’après lui on puisse le traiter si lui n’a pas honorer ses prédécesseurs ? Le président Félix Tshisekedi avant de quitter le grand Équateur ferait œuvre utile en demandant à certains patriarches de la province l’impact d’une telle action avant les élections.

Adam Mwena Meji

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