Culture

RDC : Le renouvellement de la classe politique du/au Kongo

Tel est le souhait de tous nos Compatriotes, éparpillés à travers ce vaste Pays-continent. On le répète à tout bout de champ. Et dire qu’un tel renouvellement, eu égard aux nombreuses attentes d’une part ; et à la délicate situation qui est la nôtre actuellement, n’est ni un cadeau à la Population de qui que ce soit, ni ne tombera du Ciel, mais ce renouvellement, tant attendu, est l’aboutissement heureux des efforts des uns et des autres, de chacun et de toute la Communauté mise à contribution, au travers du laborieux processus du changement de mentalité par la réappropriation de la Culture de notre Identité ; laquelle ne deviendra une réalité vivante que grâce à la redynamisation du Théâtre de la Majorité. Et tant on n’attendra pour réaliser, par expérience durablement vécue, que « Seul le développement de sa propre culture confère à un peuple le progrès réel. », on n’aura que des yeux pour pleurer et « l’esclavagisme » comme lot.

La domination culturelle, consécutive à la traite négrière, à la colonisation, à la néo-colonisation et à la prédation des multinationales…

Elle nous pousse, voilà des siècles, à scruter nos propres problèmes à travers les lunettes des autres. Les exemples nous accompagnent chaque jour. N’importe quel court discours de l’un des officiels est toujours parsemé de citations des autres… Le fait d’avoir spolié nos meilleurs objets d’art, de les avoir amenés en Europe où ils ont construit des Musées pour les conserver prive plusieurs générations de Kongolais du courant rénovateur, du soutien hautement spirituel, que dégage toute d’œuvre d’art reçue par un véritable artiste. On ne sait pas quantifier le mal que cette spoliation occasionne en chacun de nous. La confusion provenant du Sommet de l’Etat serait-elle le fruit de la non créativité ? En effet ! Le premier Gouvernement du 23 juin 1960, de notre Héros national P.E. Lumumba, avait en son sein les deux derniers ministères chargés respectivement de « l’Education et de Beaux-Arts » et de « l’Information et des Affaires culturelles ». Celui du Professeur Ilunga de 2019 le dernier ministère chargé de la Culture et des Arts.

Et pourtant, à Mexico en 1982, lors de la Conférence Mondiale sur les politiques culturelles, tous les Participants, venus de plusieurs pays du Monde – dont le Zaïre à l’époque – se sont accordés pour définir la Culture d’un Peuple : « En plus de la création artistique, de l’interprétation, de l’exécution et de la diffusion des œuvres d’art, la culture, aujourd’hui, englobe la culture physique, les sports et les jeux, les activités en plein air ainsi que les modes particuliers par lesquels une société et ses membres expriment leur sentiment de la beauté et d’harmonie, leur vision du monde autant que leurs modes particuliers de création scientifique et technique et la maîtrise de leur environnement naturel. » En maintenant un tel Ministère à la dernière place, en tout, budget, préséance, bâtiment, etc. les décideurs transmettent un message clair qu’ils ne considèrent pas la Culture d’un Peuple comme le socle, mieux l’âme collective de tout développement. On comprend mieux et on réalise pourquoi depuis 1960 aucune salle, digne de ce nom, n’a été construite et consacrée au Théâtre, le fils ainé de l’Art. On comprend, toute honte bue, comment et pourquoi « On » accepte qu’un autre Pays construise pour nous Musée, Centre Culturel et autres infrastructures culturelles…

Le changement de mentalité ne rime pas avec les discours…

Depuis des décennies, chaque gouvernement ne lésine pas sur les moyens, humains, financiers et matériels, pour obtenir le plus rapidement possible le changement de mentalité et de l’orienter vers la prise de conscience tant du devenir de la nation que celle de vivre mieux et ensemble. Mabika Kalanda, d’heureuse mémoire, est le premier, par le retentissant ouvrage, publié à Bruxelles le 26 novembre 1965, à nous avoir invité à « La remise en question, base de la décolonisation mentale. » Force est de constater qu’un tel changement de mentalité n’a jamais été obtenu jusqu’à aujourd’hui. Pour la simple raison que personne ne sait localiser le mental dans un être humain ainsi déterminer ce dont il a besoin pour amorcer le changement et opter pour la vertu.

Le Théâtre de la Majorité en est la clé…

La culture étant la vision de vie de l’esprit d’un Peuple : un ensemble de valeurs immatérielles dans lequel trône l’Art. C’est ainsi que tout observateur le remarque vite : c’est par l’art qu’un Peuple s’exprime le mieux. Car, l’art n’est pas une invention humaine spécifique, ni un passe-temps favori et encore moins un luxe. L’art est bel et bien le chemin par lequel passe la beauté céleste, un DON du Créateur à l’Humanité pour l’esprit humain soit maintenu en éveil. Et un homme éveillé par l’art est un être debout, travailleur et prêt à collaborer pour l’instauration de l’harmonie.

C’est pourquoi nous persistons et signons que c’est par le Théâtre dont le but ultime est de rendre la vertu aimable aux hommes que l’on pourrait obtenir le changement de mentalité tant attendu. Tant il est vrai que c’est au Théâtre et nulle part ailleurs que l’on trouve des mots qui possède une force et dont l’action sur l’esprit d’un être humain se poursuit au-delà de la représentation théâtrale… Donc l’art le plus éminent, l’art de la parole, l’art dramatique : le Théâtre constitue la réponse à nos multiples problèmes du renouveau.

Muena Ngenyi wa Kunviula

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