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Région des Grands Lacs – Le regard d’un scientifique sur la problématique sécuritaire : Le livre du professeur Néhémie Mwilanya, présenté et baptisé

“Dynamique des conflits et système de sécurité collective”, c’est l’intitulé de l’ouvrage du professeur Néhémie Mwilanya présenté et baptisé vendredi 22 juillet au Fleuve-Congo hôtel. L’ouvrage de 443 pages, préfacé par le professeur Émérite Augustin Mampuya et baptisé par le professeur Nguya Ndila, spécialiste des questions des frontières dans la région des Grands Lacs, traite de la question sécuritaire, talon d’Achille de cette zone depuis près de 30 ans.
Tout au long du livre, le professeur Néhémie Mwilanya retrace la problématique sécuritaire de la région, ses conséquences et même les perspectives d’avenir pour que la région retrouve la paix et la quiétude. L’auteur souligne à juste titre que, depuis près de 30 ans “au moins 6 pays de la région ont connu des crises politiques internes, qui ont dégénéré parfois en conflits internationaux de faible ou forte intensité, avec pour points de chute, des changements violents en RDC, en Ouganda, au Rwanda, en RCA et au Burundi”.

Dans une sorte de panorama général de la situation entre les pays de la région, Néhémie Mwilanya Wilondja estime, à juste titre, que les conséquences de ces crises et conflits sont les “crimes de masse, des mouvements des déplacés internes comme des réfugiés régionaux, la prolifération et la circulation facile des armes, mais également, des groupes armés autonomes ou sponsorisés par des pays limitrophes”. L’ actuelle guerre du M 23 est là pour corroborer l’argumentaire de l’ancien Directeur de cabinet de l’ancien président Joseph Kabila.
Les guerres des Grands Lacs ont fait de cette région, celle qui abrite “les guerres majeures”, c’est-à-dire, des guerres avec plus de 1000 mort l’an, et cela dure depuis plus d’un quart de siècle. La RDC, à elle seule, concentre les malheurs de la région plus que n’importe quel autre pays des Grands Lacs. A cause de son potentiel géologique, le Congo attire des pillards qui profitent des interminables crises pour faire main basse sur les ressources naturelles. Le pillage de ces ressources naturelles, leur commercialisation, et leur transformation constituent ce que l’auteur du livre qualifie d’économie de la guerre. L’auteur explique la logique et la dynamique de cette économie dans laquelle les rôles sont distribués et où les acteurs apparents ne sont qu’un paravent derrière lequel se cachent de grands intérêts industriels et stratégiques de grandes puissances.

Dans ce qui ressemble à une chaîne où les maillons se tiennent, les acteurs visibles (manipulés) finissent par nourrir ” l’ambition d’accéder au trône de leadership régional et par endroit, d’élargir l’espace vital ou la zone d’influence”. Ces acteurs interviennent souvent “par procuration”. Ce qui ne fait que rendre encore plus complexe une situation sécuritaire de cette région des Grands Lacs déjà très compliquée à cerner et à gérer, malgré les initiatives régionales et internationales pour promouvoir la confiance et la paix dans les Grands Lacs.
Le professeur Mwilanya rappelle que des tentatives d’organiser un système de sécurité collective ont été mises en place afin d’implémenter une paix durable dans les pays des Grands Lacs. C’est dans ce registre qu’il faut placer la Conférence Internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Néhémie Mwilanya note qu’il s’agissait, “à travers ce cadre, de promouvoir la conscience, à travers la prévention, en évitant au mieux que le territoire d’un État membre ne serve de base-arrière aux mouvements subversifs ou rebelles d’un autre État membre. Qui est plus est, en cas de différends, de les régler pacifiquement. Et à défaut, s’appliquerait le principe tous contre un point”.
“Un pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs avait été scellé
à Nairobi le 15 décembre 2006 assorti d’un protocole de non-agression et de défense mutuelle”, souligne l’ouvrage, qui ajoute que sur le plan économique, un protocole sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles avait été signé, d’une part et d’autre part, un protocole sur la zone spécifique de reconstruction et de développement avait été mis en place.

Le livre de l’ancien chef du Cabinet de l’ancien chef de l’État tombe à point nommé, juste au moment où la région des Grands Lacs connaît la résurgence d’un conflit armé, particulièrement surveillé par les pays de la région.
Pour Néhémie Mwilanya, ceci réalité rappelle “qu’aucun système de sécurité collective ne peut se substituer à la responsabilité première à tout État, de forger un système national digne et efficace de défense de son territoire et de sa souveraineté”.

Patrick Ilunga

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