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Risques d’invasion de l’Ukraine : Jusqu’où ira Poutine ? : Réactions.

Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires politiques : « Les prochaines heures et jours seront critiques. Le risque de conflit majeur est réel et doit être évité à tout prix ».

Linda Thomas-Greenfield, Ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies : ‘’ Le fait que le président russe ait désigné son armée de « force de maintien de la paix » pour justifier son entrée dans les territoires séparatistes de l’est de l’Ukraine est « un non-sens » ‘’.

Sergiy Kyslytsya, », Ambassadeur de l’Ukraine à l’ONU : ‘’ L’Ukraine demande à la Russie « d’annuler sa décision de reconnaissance » des territoires sécessionnistes ukrainiens, « de revenir à la table des négociations » et de procéder à « un retrait immédiat et vérifiable de ses troupes d’occupation ‘’.

Brian Taylor, spécialiste de la Russie de l’Université de Syracuse : ‘’ Le régime russe souhaitait par ce stratagème s’assurer de garder un levier pour influer notamment sur la politique étrangère ukrainienne et empêcher l’adhésion du pays à l’OTAN. La décision de reconnaître l’indépendance des deux territoires séparatistes marque l’abandon définitif des accords de Minsk et revient à « jeter ce levier à la poubelle ». Je vois mal comment Vladimir Poutine pourrait se contenter de renforcer son contrôle sur cette zone limitée alors que l’intervention annoncée lundi est susceptible de renforcer la volonté du gouvernement ukrainien de se joindre à l’alliance militaire occidentale. Les troupes russes envoyées dans les territoires séparatistes risquent de s’en prendre directement aux soldats ukrainiens qui sont postés au-delà de la ligne de contact séparant depuis des années les belligérants au Donbass de manière à favoriser un embrasement du conflit et des opérations militaires à plus large échelle dans le pays. Ils pourraient notamment baser leur action sur le fait que les séparatistes revendiquent une partie du territoire du Donbass qui n’est pas actuellement sous leur contrôle ‘’.

Dominique Arel, spécialiste de l’Ukraine rattaché à l’Université d’Ottawa : ‘’ Les visées de Vladimir Poutine vont bien au-delà des territoires séparatistes de l’est du pays. Le président russe a livré lundi à la télévision un discours « terrifiant » ponctué de « mensonges » qui le montrait clairement. Son allocution visait clairement à dépeindre l’Ukraine comme une grave menace pour la Russie de manière à justifier des actions militaires d’envergure. Il est même allé jusqu’à dire que l’Ukraine cherche à se doter de l’arme nucléaire, ce qui est une fabulation totale. Le président russe a aussi dépeint à cette occasion le pays comme une « colonie » des États-Unis mené par un gouvernement « de marionnettes ». Le Kremlin a concentré au cours des derniers mois plus de 150 000 soldats en périphérie de l’Ukraine tout en répétant qu’ils participaient à des exercices militaires et seraient ensuite retournés à leurs casernes ‘’.

Frédéric Mérand, Directeur du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal : ‘’ Il est difficile de prévoir jusqu’où Vladimir Poutine entend aller dans le cadre de la crise actuelle. L’attitude des pays occidentaux, qui promettent depuis des semaines de sanctionner très sévèrement la Russie pour toute intervention militaire en Ukraine, pourrait avoir une incidence non négligeable sur la suite des choses ‘’.

Eugene Rumer, Analyste politique :’ La décision de Moscou représente, quoi qu’il en soit, une véritable « gifle » pour les efforts diplomatiques que menaient certains pays, dont la France, pour favoriser la recherche d’une solution négociée. Le président français Emmanuel Macron avait annoncé dimanche que le président américain Joe Biden et son homologue russe avaient donné leur accord de principe à la tenue d’un sommet dont les modalités restaient à définir.

Les chances qu’il se réalise paraissent aujourd’hui bien minces. Je vois mal comment les demandes de Moscou envers l’Ukraine pourraient trouver une réponse négociée satisfaisante pour Vladimir Poutine. Il faudrait qu’il obtienne l’assurance du gouvernement en place à Kiev que le pays ne rejoindra jamais l’OTAN et suivra les orientations souhaitées par la Russie. Ça n’arrivera pas » ‘’.

Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine : ‘’ Nous n’avons peur de rien ni de personne. Nous ne devons rien à personne. Et nous ne donnerons rien à personne ‘’.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada : ‘’ [Le Canada] rejette et condamne les décrets russes ordonnant l’envoi de forces militaires en Ukraine. On soutient toujours la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Ukraine ‘’.

Joe Biden, président des États-Unis : ‘’ J’ai signé un décret exécutif pour empêcher la Russie de tirer profit de ses violations flagrantes du droit international ‘’.

Emmanuel Macron, président de la République française : ‘’  En reconnaissant les régions séparatistes de l’est de l’Ukraine, la Russie viole ses engagements et porte atteinte à la souveraineté de l’Ukraine. Je condamne cette décision ‘’.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne : ‘’  La reconnaissance de deux territoires séparatistes en Ukraine est une violation flagrante des lois internationales, de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et des accords de Minsk ‘’.

Scott Morrison, premier ministre de l’Australie : ‘’ [Les actions russes sont] inacceptables, non provoquées et injustifiées ‘’.

Marc Thibodeau, journaliste du quotidien québécois La Presse : ‘’ La décision de l’homme fort russe – et l’ordre donné dans la foulée à ses troupes de se déployer dans les territoires en question pour officiellement les « pacifier » – a été rapidement décriée comme une atteinte à la souveraineté ukrainienne et une violation du droit international par plusieurs pays occidentaux. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni d’urgence en soirée lundi pour faire le point sur la crise. L’ONU et une majorité de membres ont dénoncé la décision de la Russie de reconnaître l’indépendance des républiques de l’est de l’Ukraine, comme celle de déployer des troupes. Pour sa part, Moscou a assuré demeurer « ouvert à la diplomatie » ‘’.

Propos collectés par Robert Tanzey et Dieudonné Buanali

 

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