Société

15 ans d’existence du Groupe Géopolis Forum : Jean-Félix Mupande ‘’Je souhaite que Géopolis grandisse encore davantage’’

Ce 18 février 2021, ça fait 15 bonnes années déjà jour pour jour que le Groupe de presse Géopolis Forum voyais les jours dans la sphère médiatique congolaise, avec une particularité bien ciblée et adaptée aux spécialités économiques de la République Démocratique du Congo. A cet effet, cette grande entreprise médiatique à plusieurs supports de communication a fait un clin d’œil à l’un de ses partenaires de la première heure, qui n’est rien d’autres que Le Cadastre Minier, à travers son Directeur Général Jean Félix Mupande. Comme témoin oculaire ayant pris part active au tout premier numéro du magazine Géopolis en 2006, en acceptant d’y publier, le DG du CAMI nous a accordé une interview exclusive, en faisant l’histoire de Géopolis. Saisissant la balle au bond, le responsable de Cadastre Minier Congolais a en passant dépeint l’évolution du secteur minier congolais, de la pratique au cadre normatif.

Géopolis : Monsieur le Directeur du Cadastre Minier, il y a 15 ans vous aviez accepté de publier dans le tout premier Magazine de Géopolis. 15 ans après, vous êtes toujours là en train de travailler, revenons à ces souvenirs, qu’est-ce que ça vous inspire ?

Jean-Félix Mupande : Déjà, lorsque nous nous sommes rencontrés, le Cadastre Minier n’avait que deux ou trois ans et vous avez eu l’idée de créer cette publication, et nous avons vu directement qu’il y avait de l’avenir. Parce que nous savions pleinement que l’opinion avait besoin qu’il ait un débat ouvert sur la gestion des ressources naturelles de l’industrie extractive chez nous et vous avez été suivi, il y a eu beaucoup des nouveautés, l’ITIE est née pour amener le débat sur la place publique. L’industrie minière fait la vedette au niveau de l’économie et je pense que vous avez choisi là, le créneau qu’il fallait, qu’Il fallait bien vous placer et le Cadastre Minier ne pouvait penser que c’était justifier pour vous accompagner.

Géopolis : en même temps que nous fêtons les 15 ans de Géopolis, nous faisons aussi un regard rétrospectif sur le Cadastre Minier. Quand vous regardez le chemin parcouru dernière 15 années par le Cadastre Minier, quelles sont les grandes joies qui animent votre cœur ?

JFM : le chemin parcouru, physiquement je peux dire nous sommes venus de très de loin, de l’avenue Justice, où nous avions de petits bureaux et les bureaux de la Gécamines, de là nous sommes venus dans un bâtiment qui est à nous, propre au cadastre minier, c’est déjà un acquis, un vrai chemin. Et quand je regarde, il n’y avait pas à l’époque les Directions Provinciales du Cadastre Minier. Mais il y en a maintenant quatre, pratiquement la moitié de ce qui devrait être dans toutes les zones à intérêt minier. C’est déjà un grand chemin et aujourd’hui vous le suivez même dans l’opinion, le Cadastre Minier fait la vedette. Parce que le Cadastre Minier c’est la porte d’entrée pour tout investissement nouveau dans le secteur des mines. Avec le Cadastre Miner qui est un outil très efficace aux yeux du gouvernement, aujourd’hui le gouvernement est à mesure de suivre ses activités par les opérateurs aux différents stades. Stade d’exploration, de développement, construction et d’exploitation. C’est déjà une bonne chose, c’est le début même de la maitrise de l’industrie minière.

Géopolis : il est vrai que pendant ces 15 dernières années, il y a eu des épisodes assez tourmentés et complexes comme l’époque de la révision des contrats miniers. Vous avez été vous-même en tant que Cadastre Minier, au cœur de ce débat. Sommes-nous déjà loin de tout ce qui a été élaboré à l’époque, ou bien la question des contrats léonins est une question permanente ?

JFM : Comme vous avez dit vous-même, il y a eu des soubresauts et beaucoup des soubresauts. Le Cadastre minier a été toujours en première ligne. Nous avons participé activement à ce que tout le monde appelait la révision des contrats miniers, Il y a eu ce qu’il y a eu, les contrats miniers ont été révisés, les nouveaux contrats ont été mis en place. Mais il y a eu mieux, il y a eu aussi la révision du code minier. Le Cadastre Minier a aussi participé à cette révision du code minier. Aujourd’hui je crois comprendre que nous sommes en train d’évoluer conceptuellement dans la situation où nous nous sommes dotés suffisamment des moyens pour bien gérer les ressources minérales de la RDC. Il y a un code minier révisé qui est avant-gardiste et qui a essayé d’impliquer un certain nombre des concepts, notamment sur la responsabilité sociale des entreprises, sous forme de la gouvernance économique sociale. Aujourd’hui nous sommes en train de voir beaucoup plus clairement dans quel sens orienter à ce que le retenu local soit beaucoup plus important, et ce sont des actions qui se font progressivement. Le Cadastre Minier était parmi ceux qui travaillaient à l’élaboration de ces concepts. C’est un travail que nous avons beaucoup apprécié et que nous soutenons. J’espère qu’il va continuer.

Géopolis : en vos rapports avec la presse, vous êtes régulièrement cités par la presse au regard des enjeux même que comporte le secteur des ressources naturelles…

JFM : J’ai toujours pensé que la presse c’est un moyen par lequel le débat sur la gestion entre au niveau de l’opinion. Et s’il n’y avait de presse, il n’y aurait pas d’opinion. Moi j’ai toujours été un adepte de tout débat parce que le débat c’est transparence qui est le prince même du Cadastre Minier qui figure d’ailleurs dans le code minier. Je suis déjà content qu’il y a une presse spécialisée qui commence à orienter ses activités dans le sens de l’économie minière, la législation minière, la gestion des droits miniers, c’est assez important parce que notre économie étant essentiellement basée sur l’industrie extractive, il est absolument important que le peuple quand il glisse le vote dans le ballon, il faut qu’il sache pourquoi il vote, dans quel sens nous sommes en train de partir pour la gestion des ressources naturelles que nous avons dans notre pays.

Géopolis : quelle est finalement la procédure aujourd’hui pour que quelqu’un devienne opérateur minier. Il commence par où et finit où ?

JFM : La procédure est claire. Elle est inscrite dans le code minier que nous avons. Il faut d’abord constituer une société parce que désormais au niveau du secteur minier, l’individu ne peut plus se livrer aux activités minières, doit passer à travers une société. Vous mettez en place une société dont l’objet social concerne les mines globalement. Vous vous dotez d’une capacité financière, c’est-à-dire un matelas que vous devez avoir sous forme d’argent dans une banque locale. Vous vous présentez au Cadastre Minier, vous choisissez le périmètre sur lequel vous voulez travailler pour l’exploitation. Le cadastre minier vérifie si le périmètre est disponible et émet son avis, le Ministre de Mines vous accorde le droit minier, et vous allez commencer votre entreprise minière, notamment par l’exploration.

Geopolis : justement, le choix même à proposer au Cadastre, ça vient comment ?

JFM : Là aussi, voilà pourquoi le débat est nécessaire au niveau de l’opinion il faut que tout le monde comprenne. Au Cadastre Minier il n’y a pas des carrés qui sont gardés dans un coffre, qui peuvent être donnés aux personnes quand elles viennent les demander. Ce sont elles-mêmes qui choisissent les sites en fonction des connaissances géologiques qu’elles ont de ces sites. Voilà pourquoi le Cadastre Minier ne peut pas bien fonctionner s’il n’y a pas un service géologique. Ça aussi c’est une innovation très importante du nouveau code minier révisé parce les bonnes connaissances géologiques du sous-sol vous emmènent toujours à un bon choix du site, et lorsque vous avez un bon choix sur le site, vous pouvez être sûr de commencer l’investissement avec un risque géologique très faible. Le cadastre minier n’a pas dans son coffre, comme dans mon armoire là, des carrés à distribuer, mais par contre les gens viennent choisir des carrés miniers en fonction des connaissances qu’ils ont sur la géologie du sous-sol.

Geopolis : pour clore ce chapitre sur le Cadastre Minier, est ce qu’il ne serait pas bon que le Cadastre Minier soit associé à une large exploration nationale au point d’obtenir ce que vous vous avez dit finalement la connaissance de ces carrés. Pourquoi vous n’aurez pas ça déjà à disposition ?

JFM : L’amélioration du niveau des connaissances géologiques du sous-sol c’est une attribution du Service Géologique National qui est une entité différente du cadastre minier. Mais les deux travaillent ensemble. Sous d’autres cieux vous trouvez et le Cadastre Miniers et le Services Géologique National dans le même établissement et dans le même service, mais ici on a préféré séparer. Il faut que les deux entités fonctionnent correctement. Le Cadastre Minier a participé directement ou indirectement à certaines campagnes d’exploration géologique minière entre autres celle qui vient d’être menée dernièrement il y a deux ans ou trois ans, mais à l’avenir, il faudrait bien que ça soit le service géologique qui s’implique.

Géopolis : Malgré que vous soyez le Directeur Général de Cadastre Minier, vous êtes aussi géologue. Une légende circule dans le pays, quand on dit effectivement que le Congo est un scandale géologique. Pour nos lecteurs, ça veut dire exactement quoi ? Pour vous qui êtes du Cadastre Minier, mais en plus qui êtes géologue, est-ce que c’est une réputation volée ou c’est vraiment un scandale géologique ?

JFM : C’est une réputation méritée, puisque jusqu’à présent on a recensé plus de 50 substances minérales dans le sous-sol de la RDC avec plus ou moins un millier d’indices distribués à travers le territoire. Sur les cinquantaines substances minérales il y a vingt qui sont à peu-prêt exploitables. Sur ces vingt exploitables, 10 sont effectivement en exploitation. Et déjà un tel bilan est très important pour qualifier un pays de scandale géologique, un coffre-fort.

Géopolis : un dernier mot pour Géopolis

JFM : Je souhaite que Géopolis grandisse encore davantage parce que nous avons pratiquement le même âge. Le Cadastre Minier et Géopolis, nous allons évoluer ensemble, merci !

Propos recueillis par WAK et transcrits par Fiston Oleko

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