Politique

FATSHI-KATUMBI : Guerre prématurée et …de trop !

Non seulement elle est prématurée, car les circonstances ne s’y prêtent pas, mais elle est de trop car inutilement ravageuse des réserves de bonne volonté qui se sont accumulées depuis le rapprochement de ces deux familles politiques. Aujourd’hui, au travers des prises de position à peine voilées, les lieutenants de ces deux géants de la politique s’envoient des mûres et des vertes dans l’objectif de se positionner pour l’avenir. Posture dangereuse car fondée sur l’improbable destin d’une situation susceptible de changer radicalement.

Guerre prématurée, car le champ d’affrontement véritable est supposé être en 2023, date des prochaines élections. Guerre de trop surtout au regard de la situation actuelle, d’un peuple impatient de gouter aux fruits de son abnégation et de son combat pour une alternance réussie, guerre de trop car dans ce genre d’opérations de dénigrement mutuel, personne ne sort grandi et c’est par contre les observateurs qui profitent d’un spectacle gratuit et les opportunistes qui tireront la couverture de leur côté.

Tous nous avons en mémoire l’affrontement éprouvant et corrosif entre l’opposition radicale et le système du Marechal Mobutu. Pendant près de dix ans, ces deux familles se sont mutuellement détruites et au passage, ont ramené le peuple aux temps anciens de la précarité historique et l’économie devenue exsangue.

Cette période n’a pas fait avancer le pays, par contre celui-ci s’est affaissé sur ses contradictions sans parvenir à remplir ses fonctions véritables. Cette situation a permis à Laurent Désiré Kabila à la tête des troupes de l’AFDL de vaincre en un temps record le géant aux pieds d’argile qu’était devenu l’Etat congolais. Les deux protagonistes se sont mutuellement paralysés et ont cessé d’offrir à la Nation le socle de la résistance face à l’extérieur. Comme les disent les saintes écritures, un royaume divisé en lui-même est voué à la ruine. Le Zaïre s’était effondré et un autre régime non prévu au programme a renvoyé tout le monde aux études. Comparaison n’est sans doute pas raison, mais on est dans un contexte des comparaisons politiques par analogie.

Moise Katumbi n’a pas fait mystère de sa volonté de briguer la magistrature suprême aux prochaines élections et par ailleurs de plus de plus des voix s’élèvent pour demander au Président Tshisekedi de solliciter un autre mandat à l’issue de celui-ci. Ce sont des projets politiques légitimes et rien en cela n’est susceptible de provoquer l’armada sorti les uns contre les autres, d’autant plus que pour le moment, les deux forces politiques participent à une même majorité notamment l’Union sacrée. Comment pensent-ils résoudre les défis de la gouvernance aujourd ‘hui en se mettant dans une posture mutuellement hostile ? L’UDPS doit peser les conséquences de cette posture de certains de ses dirigeants, posture qui risque de compromettre la sérénité dont a besoin le Président pour opérer des changements attendus au cours du mandat actuel.

Le temps est sans doute venu de faire appel à l’accalmie, car la gestion de l’Etat et la gravité des dossiers en cours demandent une mobilisation de tous et non des envolées lyriques qui sont loin de satisfaire le sérieux d’Etat. En concentrant les efforts sur le jeu du pouvoir qui se jouera en 2023, les politiques détruisent la confiance placée en eux d’un présent sécurisé par une gouvernance responsable. Tout ce qui se fait sur le chapitre des ambitions personnelles sans tenir compte des besoins vitaux de cette population, est contre-productif et sera malheureusement payé cher au moment des comptes à rendre inévitablement. Moise Katumbi et Felix Tshisekedi ont une longue tradition de dialogue et savent dans quelle mesure leur collaboration a pour vertu de stabiliser le pays dans cette phase cruciale de son histoire. Il est vrai qu’aux ambitions similaires adversités similaires.

La présidentielle 2023 serait-elle plus mortelle que toutes les autres qui ont précédé ? Si le peuple congolais a salué l’alternance intervenue en 2018, c’est pour voir s’installer un cycle de normalité ou les projets priment sur les cultes de personnalité pas de vivre encore les affres d’un fanatisme de bas étage ou les personnes se font la guerre par procuration. Les uns et les autres doivent donc tout faire pour apaiser les esprits et faire la rencontre des hommes.

Adam Mwena Meji

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