Culture

Les Regards des Autres : Seul l’Art parvient à vaincre le couple infernal (Mensonge, Violence)

(…) Nous publions ici de larges extraits de leurs écrits dont le contenu pourrait nous intéresser directement et ou indirectement. Mais au travers desquels nous pourrions trouver un fil conducteur capable de nous aider à sortir la tête de l’eau. Tel est le cas de l’extrait du Discours, préparé, par l’écrivain russe Alexandre Soljénitsyne, Prix Nobel de littérature 1970, pour être lu lors de la remise de ce prestigieux prix. Malheureusement, il n’a pas pu effectuer le déplacement : la sortie de son Pays lui ayant été refusé. En lisant cet excellent extrait de l’extraordinaire Discours de Stockholm, si on est attentif, on réalise le combat qu’a mené Soljénitsyne sur le non respect des droits de l’homme en Russie. D’où son intérêt, dans la mesure une fois de plus la confusion entretenue sur la Culture kongolaise, voilà plus de 60 ans, est en train de survivre au détriment du véritable développement.

« (…) On nous dira : que peut faire la littérature contre la ruée sauvage de la violence ? Mais n’oublions pas que la violence ne vit pas seule, qu’elle est incapable de vivre seule : elle est intimement associée, par le plus étroit des liens naturels au mensonge. La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence. Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit inexorablement choisir le mensonge comme règle. Au début, la violence agit à ciel ouvert, et même avec orgueil. Mais, dès qu’elle se renforce, qu’elle est fermement établie, elle sent l’air se raréfier autour d’elle et elle ne peut survivre sans pénétrer dans un brouillard de mensonges, les déguisant sous des paroles doucereuses. Elle ne tranche pas toujours, pas forcément, les gorges ; le plus souvent, elle exige seulement un acte d’allégeance au mensonge, une complicité. Et le simple acte de courage d’un homme simple est de refuser le mensonge. Que le monde s’y adonne, qu’il en fasse même sa loi – mais sans moi. Les écrivains et les artistes peuvent faire davantage. Ils peuvent vaincre le mensonge. Dans le combat contre le mensonge, l’Art a toujours gagné, et il gagnera toujours, ouvertement, irréfutablement, dans le monde entier. Le mensonge peut résister à beaucoup de choses. Pas à l’Art. Et dès que le mensonge sera confondu, la violence apparaîtra dans sa nudité et dans sa laideur. Et la violence, alors, s’effondrera. C’est pourquoi mes amis, je pense que nous – artistes – pouvons aider le monde en cette heure brûlante. Non en nous donnant pour excuse de ne pas être armés, non en nous adonnant à une vie futile, mais en partant en guerre. « … Pinceau, stylo, voix, corps à la main… » N’est-ce pas qu’une parole de vérité pèse plus que le monde entier ? » Alexandre Soljénitsyne, Les droits de l’écrivain suivi de Discours de Stockholm, Editions du Seuil, 1971, 128 pages.

L’Art, le chemin par lequel passe la beauté céleste

L’Art est composé de sept domaines : la littérature (Roman, poésie, théâtre…), la sculpture, l’architecture, la peinture, la musique, la danse et le cinéma. Tout observateur attentif de l’être humain sur Terre l’a déjà remarqué : c’est par l’Art qu’un Peuple s’exprime le mieux. C’est pourquoi, on le soulignera jamais assez : l’Art n’est pas une activité humaine spécifique, ni un passe-temps favori et encore moins un luxe. Il est bel et bien un DON du Créateur pour maintenir éveillé l’esprit de tout être humain qui s’en approche avec humilité.

Par conséquent le but ultime de l’Art est d’ordre spirituel, une des deux nourritures de l’esprit comme la véritable prière.

Un être humain éveillé est un être débout, comme nous l’ordonne notre merveilleux Hymne national par ses mots puissants : « Debout Kongolais… » Avec lequel le Pays pourrait compter pour son développement. Le Créateur ne nous a jamais abandonnés à notre triste sort. De temps en temps, les artistes sont poussés à recevoir des œuvres parfaites, par inspiration, qui projettent l’esprit vers les sommets lumineux. D’où coule la beauté céleste Cet état, qui devrait être permanent, constitue le chemin menant à l’excellence, à la droiture, à l’honnêteté, à la bonté, à l’altruisme, à la beauté, à la vérité… et à la vie. N’est-ce pas simple et à la portée de tous ?

La spoliation de nos meilleurs objets d’Art : une bouée de sauvetage

On réalise et on comprend tout ce que nous avons perdu, par notre long sommeil de plomb, depuis des siècles. En effet ! Par bateaux entiers, les meilleurs de nos objets d’Art ont été spoliés, sans notre consentement, et sans compensation. Acheminés en Occident, ils ont été placés dans des bâtiments. Et, ils rapportent de l’argent. En revanche, pour nous, c’est l’asphyxie totale.

Graduellement, nous avons été amenés à couper le lien qui nous reliait à ces objets, donc à l’Art de notre Identité. Et à ne plus croire à notre créativité, à notre inventivité. Si bien que nous parvenons à détester nos œuvres et à les remplacer par celles des vainqueurs momentanés. Et le pas fut franchi : à nous détester, à vouloir changer de peau, de coiffure, de comportement, etc.

Vu d’en Haut : Puisque l’Art est un DON du Créateur, Il ne peut pas cautionner qu’une partie de Son Œuvre, du moins la plus significative, soit piétinée, détruite… Par les humains en plein sommeil de plomb. C’est pourquoi, selon notre expérience vécue, de Haut en bas, nous considérons que ce qui fut pris comme un vol crapuleux, n’est qu’une sauvegarde momentanée de nos meilleurs objets d’Art. Tout en remerciant le Créateur de Son Omnisagesse, nous devons nous préparer intérieurement pour les récupérer. Encore faudrait-il atteindre un niveau de conscience élevé pour le mériter. Vu d’en Haut ! Loin des considérations politiques ni humaines.

L’éducation artistique : l’unique voie de salut

On ne défend que ce que l’on aime. On n’aime que ce que l’on a appris à connaître. On ne connaît que quand on a été initié à la découverte de multiples possibilités qu’offre l’Art de notre Identité à l’esprit d’un Kongolais longtemps traumatisé.

On ne doit pas se voiler la face. Pour une fois, ouvrons les yeux et les bons. Et tous ensemble, décidons de passer à la vitesse supérieure : celle d’animer une vaste éducation artistique de la Maternelle à l’Université en passant par le Primaire, le Secondaire, les Paroisses et même les rues.

Le chemin de notre survie en tant que Peuple passe par ce chemin.

Comme lors de l’Initiation des Adolescents à la Vie africaine, partant de là et adaptée à la réalité du moment, débutons cette vaste éducation artistique de tous les sept domaines de l’Art, par la tranche de l’Art le plus éminent, l’Art de la Parole, l’Art dramatique : le Théâtre à tous les niveaux. Aussi bien pour les enfants que pour les adultes.

Cette vaste campagne, du reste à la portée de toutes les communautés, débouchera sur l’ancrage de la vertu. A moindres efforts. Par chacun de nous.

Mweena Ngenyi wa Kumvuila

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